‹ Quelques expériences d'acoustiqueChapitre 59 sur 80 · TEMPERATURE DU DIAPASON · texte numérisé non relu

TEMPERATURE DU DIAPASON

Le mieux serait évidemment d'opérer dans une pièce à température constante; mais il n'est ni facile ni commode de maintenir par le chauffage l'air d'une salle toujours au même degré de chaleur pendant plusieurs jours et plusieurs nuits, et les caves profondes, dont la température n'est pas sujette à varier, ont cet inconvénient que leur température moyenne est trop basse (12° c. pour Paris). En effet, lorsqu'il s'agit d'établir un diapason normal, qui doit être aussi exact que possible à la température moyenne des habitations, il faut le construire pour une température un peu supérieure à la température moyenne du lieu, car dans le calcul de cette dernière on a tenu compte des grands froids de l'hiver, tandis que la température moyenne des expériences doit plutôt se déduire de celle des pièces chauffées et des températures un peu plus élevées de la saison chaude, les cas où l'on opère à des températures très basses étant relativement rares. C'est pour toutes ces raisons que j'ai choisi comme température normale la température de 20°c. Les expériences ontété faites dans une salle assez vaste et très élevée de plafond, fermée de tous côtés, dont la température ne variait que fort peu et toujours lentement, de sorte que souvent le thermomètre restait à peu près immobile du matin au soir, surtout pour les journées nuageuses et sombres, comme il y en a eu beaucoup cette année (1879) à Paris.

Influence de la durée de la marche de l'appareil sur les vibrations

du diapason.

On pourrait encore se demander si l'influence d'un mouvement vibratoire prolongé sur la température du diapason ne serait pas assez sensible pour qu'il fût nécessaire d'en tenir compte dans la détermination de celte température à un moment donné; mais cette influence m'a paru tellement faible qu'on ne pourrait espérer de la déterminer exactement qu'en opérant dans un espace à température parfaitement constante. Parmi mes nombreuses observations, je n'en ai trouvé que deux qui aient été faites dans des conditions assez favorables pour une recherche aussi délicate, et où l'influence en question semble en effet se manifes-

ter nettement. Dans la première (25 juillet 1879), la température de la salle, notée d'heure en heure, resta constamment égale à 20° c. depuis 8 heures du malin jusqu'à 4 heures du soir, et la marche de l'horloge toujours d'accord avec celle du chronomèlre; mais à 5 heures, la température n'était plus que de 19°7 c. et l'horloge, au lieu d'avancer, comme on pouvait s'y attendre, retardait alors de \ de seconde; à 8 heures, la température étant toujours de 19° 7 c, le retard s'élevait à { seconde. Ce n'est qu'à partir de 8 heures que l'influence du refroidissement commença à se faire sentir : de 8 heures à 10 heures, pendant que le thermomètre descendait à 19" 5, l'horloge avança de | seconde, de sorte qu'elle avait repris sa marche primitive, comme si l'effet du refroidissement de l'air eût été compensé par un échauffement intérieur.

Dans l'autre série (22 sepU, les lectures du thermomètre ne sont malheureusement pas assez nombreuses pour nous permettre de suivre la marche du phénomène comme dans celle du 25 juillet. Le thermomètre marquait 20" c. à deux heures et à sept heures du soir, et l'horloge était restée d'accord avec le chronomètre; observé de nouveau à dix heures et demie, il ne marquait plus que 19" 6 c, mais la marche de l'horloge n'avait pas varié.

J'accordai alors le diapason de l'appareil à la température de 20° c, de telle façon que pendant six heures il n'y eût aucune différence entre la marche de l'horloge et celle du chronomètre, qui lui-même n'avançait que de une seconde en vingt-quatre heures. J'eus encore plusieurs fois dans la suite l'occasion de m'assurer de la persistance de cet accord, car la température delà salle, dans ses oscillations, repassa encore par 20° six fois en juin et en juillet, et une fois dans la seconde moitié de septembre, pour s'y maintenir chaque fois l'espace de quatre ou huit heures, et toujours on vit se rétablir l'accord parfait entre l'horloge et le chronomètre. — Dans une autre série (19 juillet) la température avait oscillé depuis 7h,46'",45s du matin jusqu'à 6h,46m,45s du soir, entre 19" 3 et 20n3, mais la moyenne des lectures était 20°0; à 9h,46m,45s, l'horloge n'était en avance que de \ seconde, puis elle avait marché d'accord avec le chronomètre jusqu'à 2I,,46"',45S, enfin de 2,,,46ra,45s à 5u,46m,458, elle avait retardé de \ seconde, de sorte que le résultat final était le même que si la température eût toujours été de 20". Le même jour, d'ailleurs, la température se maintint à 20° depuis 6 heures jusqu'à 11 heures du soir, et la

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