DE L'ÉTUVE
Deux fois seulement l'excès de température a été poussé jusqu'à
30°, et la variation correspondante a été, la première fois, de 0,053, la seconde fois de 0,055, en moyenne de 0,054 v. s., comme pour un excès de 15°.
On voit par ces résultats qu'il ne s'agit ici que de différences très petites qui rentrent déjà dans les limites des erreurs d'observation, et que dans la pratique il sera permis de considérer la variation thermique pour 1° c, comme sensiblement constante jusqu'à des températures de 50° ou 60° c. Je crois cependant que le grand nombre de mes expériences, le soin avec lequel elles ont été exécutées, et la petitesse des écarts des résultats isolés par rapport aux moyennes, autorisent cette conclusion, que l'influence de la chaleur n'est pas absolument constante, mais qu'elle décroît légèrement à mesure que la température s'élève.
Il s'agissait, en second lieu, d'examiner l'influence de la chaleur sur les diapasons de même tonalité, mais de masse différente. Deux diapasons ûts = bl% v. s. dont les branches avaient respectivement 6 millimètres et 4 millimètres d'épaisseur, et qui avaient été mis exactement à l'unisson à 20°, furent fixés dans l'étuve à un même niveau au-dessous de la plaque de fer et exposés pendant cinq heures à une température de 50°: ils donnaient au bout de ce temps, à peu près 1 battement en 6 secondes. Deux diapasons ut„ dont les branches avaient 7 millimètres et 3 millimètres d'épaisseur, chauffés dans les mêmes conditions jusqu'à environ 45°, donnaient 1 battement en 5 secondes, et deux diapasons ut., avec des branches de 7 millimètres et de 5 millimètres, portés également à 45°, un battement en 4 secondes. Ii s'ensuit que la différence de la variation thermique correspondant à 1° c. était, pour ces trois couples de diapasons, respectivement de 0.011, de 0,016 et de 0,020 v. s. — C'était toujours le plus massif des deux diapasons qui éprouvait l'altération la plus marquée.
Gomme, dans ces expériences, je n'avais pas en vue une détermination très précise de la différence des nombres de vibrations des deux diapasons, je me suis dispensé de les faire vibrer à l'intérieur de l'étuve; on les ébranlait en les tenant à la main, soit séparément l'un après l'autre, soit ensemble, après les avoir retirés de l'étuve. Il s'est trouvé que dans les premiers moments après leur sortie de l'étuve la différence de hauteur semblait augmenter un peu, sans doute parce que la moins massive des deux fourchettes se refroidissait plus vite que l'autre, et revenait plus vite à son ton normal.
Afin d'examiner ces différences dans des limites de température plus étendues, j'ai encore inslitué une série d'expériences en plongeant les couples de diapasons dans l'eau glacée, puis dans l'eau bouillante, et en observant le changement de tonalité correspondant à cet intervalle de 100 degrés.
La difficulté principale que j'ai rencontrée dans ces expériences, c'est que, les diapasons étant portés à 100°, les vibrations n'ont plus qu'une durée excessivement courte et s'éteignent presque aussitôt après avoir été excitées. Les valeurs absolues des nombres de vibrations observés ne pouvaient donc prétendre à une grande précision ; elles sont encore moins certaines que celles qui se déduisent des expériences faites au moyen de l'étuve, cependant ces nouvelles expériences ont fait ressortir encore plus nettement le résultat déjà obtenu précédemment, à savoir que les diapasons les plus massifs éprouvent l'altération la plus marquée. Ainsi la différence de la variation tbermique a été de 1,5 v.s. pour les deux diapasons utk, et de 1,8 v.s. pour le couple wfB, et c'est toujours le plus massif des deux diapasons qui a éprouvé l'altération la plus forte.
L'action de la chaleur sur les diapasons est d'une nature assez complexe, puisqu'elle modifie les dimensions des branches en même temps qu'elle altère l'élasticité du métal. Mais l'influence de la dilatation est peu de chose à côté de la modification de l'élasticité; lesexpériencesqui viennent d'être exposées prouveraient que
le coefficient d'élasticité de l'acier diminued'environ — — quand
la température s'élève de 1° c.
Puisque deux diapasons de même tonalité, mais d'épaisseur différente, ne varient pas exactement de la môme manière sous l'influence d'un changement de température, il est à prévoir que l'inlervalle formé par deux diapasons de tonalité et d'épaisseur quelconques ne se conservera pas en général sans altération quand la température vient à changer. Toutefois cette altération des intervalles sera toujours très faible, et même complètement négligeable lorsqu'on fait usage de diapasons qui ne diffèrent pas trop sous le rapport de la forme et de l'épaisseur. Ainsi un diapason utt qui, à 20°, avaitété accordé exactement à la double octave du diapason de l'appareil, donnait encore avec ce dernier, à 12°, la ligure optique de la double octave presque exacte, car elle ne faisait qu'une oscillation en 50 secondes; à 9" il y eut une oscilla-