LES FLAMMES MÂNOM ÉTHIQUES
P, au commencement, accusent deux ou trois élancements successifs très vifs et très rapides.
A la lettre K, dont Tarticulation s'opère encore plus vers l'arrière de la bouche, les changements de la flamme sont aussi moins brusques et moins convulsirs. L'image commence par une onde qui monte et descend avec une sorte de régularité et se continue par d'autres ondes, de forme à peu près pareille et de grandeur rapidement décroissante. Les dentelures sy observent partout comme pour P et T.
Si Ton émet plusieurs fois de suite une de ces consonnes en faisant continuellement tourner le miroir, il arrive rarement que l'on puisse bien voir Timage ; aussi vaut-il mieux disposer le miroir de façon à ce que l'image apparaisse juste à un de ses angles et que, pour un petit arc décrit, elle soit obligée de parcourir une face tout entière. Lorsque Ton n'émet la consonne qu'à l'instant précis où l'on commence ce mouvement avec la main, on réussit presque toujours à observer le commencement de l'image, c'est-à-dire la phase la plus intéressante. Afin de poursuivre avec succès ce genre d'expériences, il serait peut-être bon d'employer un miroir oblique, c'est-à-dire incliné sur son axe de rotation; alors on verrait l'image non plus sous forme de bandes intermittentes, mais comme un cercle continu.
Les sifflantes F, S et CH ne donnent, comme les voyelles chuchotées, que des résultats peu satisfaisants; les bandes de lumière sont coupées de parties obscures efl'acées, dont je n'ai pu déterminer le caractère.
HéeoiiipoAltlon d*im tlmlire en aons élémeatalres
Les résonateurs de M. Hclmholtz,qui servent à l'analyse du timbre par Toreille, peuvent également être employés pour la décomposition du timbre par le moyeu des flammes.
Mon appareil se compose de 8 résonateurs accordés pour les harmoniques de uf,, et qui communiquent chacun avec une flamme manométrique (figure 30). Ces 8 flammes placées obliquement l'une sous l'autre produisent, dans un miroir parallèle à la ligne qui les joint, 8 bandes de lumière parallèles, si les
flammes sont immobiles; et des bandes ondulées si elles sont agitées.
Chaque flamme doit naturellement être indépendante des autres, et ne vibrer que si le résonateur correspondant se met à vibrer lui-même à l'unisson d'un ton; de plus aucun son non compris dans la série des résonateurs ne doit influencer ces flammes. Je m'assure que cette condition est remplie au moyen d'une série
Fig. 30. Appareil pour analyser le timbre d'an son (uf,), par les flammes manométriques.
de diapasons montés sur leurs caisses, et qui rendent à peu près des sons simples, surtout quelques instants après qu'on les a ébranlés. Je commence par faire parler successivement les diapasons qui sont à Funisson des diflérents résonateurs et constate que chacun d'eux n'influence que la bande de la flamme qui lui correspond, de telle sorte qu'il faut produire plusieurs sons simples pour denteler plusieurs raies. Ensuite, je démontre qu'un son, même intense, produit par un diapason qui n'est pas &
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l'unisson des résonateurs n'agit pas sur les flammes. Il est vrai qu'un son d'une intensité extrême peut quelquefois influencer toutes les flammes à la fois à travers les résonateurs, mais dans ce cas il n'y a pas d'erreur possible, car toutes les séries d'images seraient identiques, tandis que par l'action des résonateurs on obtient des sinuosités dont le nombre croît de bas en haut, comme 1, 2, 3,.... et la largeur décroît naturellement dans un rapport inverse.
L'appareil ainsi vériiié, je produis devant lui un son dont la note fondamentale est l'u^,, et les traînées de lumière dentelées révèlent alors la nature et l'intensité relative des harmoniques de cette note.
Lorsqu'on donne devant l'appareil le soit du violon, qui n'est renforcé lui-même par aucun des résonateurs, l'octave sok vibre très fortement; Vuk du violon influence A la fois les flammes u/, et tU^, Un tuyau d'orgue ouvert pas trop large et à l'unisson de Iw^, dans lequel on souffle fortement, fait vibrer les 5 premières flammes et les vibrations du son 3 (douzième) sont bien plus intenses que celles du son 2 (octave). Pour un tuyau fermé, ayant le même son fondamental que l'ouvert, la douzième s'accuse très nettement, et le son 5 (la dix-septième) très faiblement.
Une anche libre sans pavillon permettait de reconnaître les six premiers harmoniques avec une intensité assez régulièrement décroissante. Quand on chante un OU, outre le ton fondamental, l'octave accuse des vibrations assez intenses, et parfois, mais rarement, on remarque une action très faible sur le troisième ton.
influence énergiquement la flamme du troisième et du quatrième ton, tandis que l'octave vibre plus faiblement que pour OU. L'O produit encore des dentelures sur la cinquième traînée, mais elles «ont très faibles. Le maximum d'intensité pour A remonte encore plus haut, c'est au quatrième et au cinquième ton que les bandes sont ici le plus profondément découpées, tandis que les harmoniques graves s'aflaiblissent. L'action de la voyelle A s'étend jusqu'A la septième flamme, et c'est la quatrième, la cinquième et la sixième qui vibrent avec le plus d'intensité.
Lorsqu'on chante un E, le ton fondamental est accompagné de l'octave et de la douzième, la première faible, l'autre très intense; la double octave et sa tierce vibrent avec une intensité moyenne, et la flamme n^" 7 accuse une faible trace du septième ton.
1 chanté sur ut^ imprime au ton fondamental et A l'octave seuls
de très fortes vibrations, tandis que les autres flammes restent immobiles.
Les résonateurs 7 et 8 (uQ ne font vibrer leurs flammes qu'avec difBculté; il faut pour cela que les sons aient une certaine intensité. C'est ici évidemment la limite, passé laquelle les flammes ne peuvent plus s'employer utilement.
Gomme cet appareil ne permet pas de choisir & volonté le ton
Fig. SI. Appareil poar analyser le timbre d'un son quelconque par les flammes manométriques.
fondamental de la voyelle ou de tout autre son soumis à l'analyse, il convient plutôt & la démonstration qu'à des recherches, mais j'en ai construit un autre qui répond & toutes les exigences (flgure 32). Les huit résonateurs sphériques y sont remplacés par 14 résonateurs universels de forme cylindrique. Le diamètre de ces cylindres égale à peu près leur longueur, et ils sont composés de deux tubes qui entrent à frottement l'un dans Tautre, comme le montre la Tigure 32.
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Le tube extérieur se termine par un hémisphère avec un appendice destiné à l'oreille, comme dans le résonateur sphérique; l'extrémité opposée du tube intérieur est fermée par une plaque percée en son milieu par une ouverture, que met en communication la masse d'air intérieure avec l'air ambiant ; grâce à cette disposition, on peut, en étirant les tubes, augmenter le volume du résonateur et baisser d'une tierce environ le son propre de la masse d'air. Des divisions tracées sur le tube intérieur indiquent le volume qu'il faut donner au cylindre étiré, pour obtenir les différentes notes. Les résonateurs graves sont construits de
Fig. 32. Résonateur à son fixe et résonateur à son variable.
façon que le ton le plus élevé de l'un arrive toujours au ton le plus grave du suivant, de dimensions immédiatement inférieures. Cette disposition n'aurait pas sufQ pour les résonateurs des tons aigus, car les sixième, septième et huitième harmoniques sont déjà si rapprochés, qu'il pouvait arriver qu'on fût obligé d'en produire deux avec le même résonateur ; c'est pour cette raison que les sons les plus élevés des résonateurs les plus graves de celte série s'élèvent d'un ton entier au-dessus des tons les plus bas des résonateurs suivants.
Voici donc les tons contenus respectivement dans la série des résonateurs :
Fa,ir - La^
La, — Ut:,
£//5 - JA'a
SoUJIf - uu
UU - Mû
i?e4 — Fa^
Mil SoUHi - J/t,
Les harmoniques des diverses notes des deux octaves comprises entre uti et ut^ sont donc renforcés par les résonateurs indiqués en regard de chaque note dans le tableau ci-après.