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MAXIMA D'INTENSITÉ D'UN SON CONTINU

site périodiquement variable. J'ai construit à cet effet des disques de sirènes percés de séries circulaires de trous équidislanls, mais de diamètres qui augmentent et diminuent périodiquement, de sorte qu'on obtient une suite d'inpulsions isochrones d'intensité périodiquement variable, en soufflant contre le disque par des porte-vent d'un diamètre égal à celui des orifices les plus larges. L'un de ces disques avait trois séries concentriques de trous équidistants, chacune de 96 trous, dont le diamètre variait dans la première série seize fois depuis 1 millimètre jusqu'à 6 millimètres, dans la deuxième douze fois et dans la troisième huit fois. En soufflant à travers un porte-vent d'un calibre de 6 millimètres, pendant que le disque tournait d'abord très lentement, on enten-

Fig. 39. Disposition sar aa disque de sirène de trous équidisUnts dont le diamètre Ytrie périodiquement, pour la production d'un son par le nombre des maxima d'intensité d'un son continu.

dait, avec les trois séries, des chocs séparés dont le nombre était égal à celui des périodes de chaque série; en accélérant la rotation, on constatait que d'abord les seize périodes de la première, puis les douze de la deuxième, puis les huit de la troisième série se fondaient en un son continu. Lorsque enfin, pour une vitesse de rotation de 8 tours par seconde, le son aigu des 96 trous avait atteint le sol 4, les trois 6ons graves, correspondant aux périodes des trois cercles, à savoir l'u^,, le soli et lu^i, s'entendaient très distinctement à côté du sol ^.

Sur une autre disque plus grand, de 0",70 de diamètre, dont la figure 39 montre un secteur, je disposai sept cercles de 192 trous équidistants dont les dimensions avaient respectivement 96, 64, 48, 32, 24, 16 et 12 périodes. Une période entière du premier

cercle comprenait donc simplemenl deux trous de grandeur différente, etle son dû à ces périodes étaità l'octave grave du son produit par Tensemble des 192 trous, tandis que chaque période du 7"^« cercle comprenait 16 trous, et que le son correspondant était plus bas de 4 octavesquele son de Tensemble des 192 trous. Malgré cet écart considérable entre les nombres des impulsions primaires qui composaient les périodes sur les sept cercles, toutes se fondaient de la même manière en un son continu dès que leur nombre était devenu suffisamment grand, et, lorsqu'on soufflait sur les cercles successifs en allant du centre & la circonférence du disque, on entendait distinctement, à côté du son aigu toujours le même, un son grave qui monte touràtour d'un quarte et d'une quinte*.

Bien qu'ainsi les séries d'impulsions isolées d'une intensité périodiquement variable offrent une grande analogie avec les sons qui battent, en ce qui concerne la transformation des maxima d'intensité en sons continus, elles s en distinguent pourtant sous d'autres rapports.

En effet, si une série de 96 impulsions isochrones, dont l'inten-

1. On peut aussi produire un son par les maxima d'inlensilé d'un autre son au moyen d'un diapason très fort et très aigU; comme le sont ceux de la série décrite (p. 134). m

Le diapason étant placé entre Toreillo et un plan réfléchissant (un mur ou mieux encore une glace), Toreille reçoit en môme temps les ondes directes et réfléchies, qui forment dans l'air, par leur superposition, des ondes Gxes; si alors le diapason est approché ou éloigné de la surface réfléchissante, la difl'érence de phase entre ces deux séries d'ondes change, ce qui fait que les ventres et les nœuds des ondes fixes se déplacent devant Toreillo, qui entend le son très fort quand c'est nn nœud, et très faible quand c'est un ventre qui passe devant elle. La vitesse de succession des ventres et des nœuds dépendant de la vitesse du mouvement imprimé au diapason, on possède ainsi un moyen de faire passer pendant un certain temps devant Toreiile un nombre voulu de maxima d'intensité, et de faire entendre de celte façon, soit une succession de coups de force isolés, soit un son produit par la succession de ces coups de force. Par exemple, le diapason ut-j = 8192 v. s. a une longueur d'onde de 0",041 ; si on le tient simplement à la main, on peut, en allongeant le bras, lui faire parcourir un chemin d'environ 0"',GOj et pendant ce parcours environ 15 maxima d'intensité frapperont l'oreille, qu'on pourra espacer à volonté, mais en mettant seulement environ un quart de seconde pour allonger ou pour retirer le bras, on entend nettement un son voisin de Vuti»

J'ai appelé les coups de force, dans cette expérience, des maxima d'intcnf^ilé d'un seul son; mais il eût été pcut-ôlre plus exact de les appeler maxima d'intensité produits par une source unique du son, puisqu'ils peuvent en effet être regardés comme de véritables battements produits par deux sons, car en éloignant le diapason de l'oreille, le son direct devient plus grave, pendant que pour le son réfléchi le môme mouvement produit l'eflet contraire, c'estràdire qu'il l'élève, puisque pour lui la source du son s'approche de l'oreille.

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