Quelques idées relatives à la discipline médicale, ou Projet d'établissement de collèges de docteurs en médecine et de collèges d'officiers de santé, pour répondre aux questions adressées par le ministre de l'Intérieur sur l'établissement des chambres de discipline
SUR L’ÉTABLISSEMENT DES CHAMBRES DE DISCIPLINE Par MM. Geoffroy et Lullier-Winslow ,
DOCTEURS EN MÉDECINE, MÉDECINS DES HOPITAUX ET HOSPICES CIVILS DE PARIS.
Frappés depuis long-temps des abus introduits dansFexercice de la médecine, et de la nécessité de réunir les médecins praticiens pour assurer l’honneur de leur profession et donner à la société toutes les garanties qu’elle réclame , nous avions rédigé, il y a quelques années, après mûres réflexions et longues conférences, un projet de règlement qui pût fixer l’attention générale et déterminer l’autorité à s’occuper d’un sujet si important.
Notre travail étant terminé, nous le soumîmes à l’examen de plusieurs de nos contemporains réunis a quelques médecins distingués de l’ancienne faculté. Malgré l’accueil que nous reçûmes, malgré une sorte de sanction qui nous fut accordée, diverses circonstances nous empêchèrent de proposer ce projet.— Aujourd’hui toutes les difficultés, tous les obstacles sont éloignés, le gouvernement, d’une part, a entendu les nombreuses réclamations qui lui ont été adressées, et manifeste les intentions les plus favorables; d’un au-
tre côté, les médecins praticiens tendent enfin à établir cause commune entre eux, et expriment, d’une manière aussi formelle que légale le désir qu’ils ont de prendre part aux discussions qui vont s’ouvrir sur les questions présentées à la faculté et à l’académie de médecine par un ministre du Roi(i).
Peut-être il nous serait facile de parler ici de l’influence peu utile que les facultés, telles qu’elles sont établies, exercent sur la médecine pratique, et défaire quelques réflexions sur les sociétés académiques qui, destinées à surveiller les progrès de la science , ou livrées à l’examen des doctrines, n’ont aucune action sur les médecins qu’elles ne comptent pas parmi leurs membres ; mai^ nous préférons, en ce moment, garder le silence sur tous ces points. Sans autre préambule, sauf quelques changemens que les temps actuels nous ont paru exiger, nous mettons au jour notre projet tel que nous Pavons conçu et nous l’adressonsi à la commission élue par L’assemblée générale (2).
(1) A.u nombre des questions adressées par le Ministre, on remarque celles-ci auxquelles notre projet répond spécialement.
« Quel serait le meilleur mode d’organisation des Chambres de discipline ? »
« Comment devrait être tracé le cercle de leurs attributions? »
« Jusqu’où pourrait aller leur droit de censure ? »
(2) « En vertu de l’autorisation accordée par Son Exceb
Puissent quelques-unes de nos idées devenir utiles 5 puisse la publicité que nous donnons à notre travail prouver à nos confrères qu’ils doivent compter sur notre coopération et nos efforts toutes les fois qu’il s’agira de la dignité et de l’indépendance de la médecine.
Ce 3 o décembre 1828.
« lence le Ministre de l’Intérieur, MM. les Docteurs en mé- « decine de la faculté de Paris sont appelés à choisir parmi « eux une commission de quinze membres qui devront s’ad- « joindre aux commissions nommées par la faculté à l’aca- « démie royale de médecine, et s’occuper, conjointement «( avec le Ministre et avec elles , des intérêts et des bésoins « du corps médical. » ( Circulaire. )
L’Assemblée a eu lieu le 17 décembre, on a procédé par voie de scrutin, et les votes se sont portés sur MM. Desgenettes, Broussais père, Rostan, Roche, Husson, Bourgeoise, Kapeler, Louyer- Villermay, Gendrin, de Blainville, Magendie, Lagneau, Delaberge et Villeneuve.