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GÉNÉRALITÉS SUR L'ANATOMIE ET LA PHYSIOLOGIE DE L'HYPOPHYSE

Logée dans la selle turcique du sphénoïde, et reliée au cerveau par la tige pituitaire, l’hypophyse ou glande pituitaire est formée de deux lobes: un lobe antérieur et un lobe postérieur, d’origine embryologique différente: le lobe antérieur, jaune rougeâtre, provient d’un diverticule pharyngien, la poche hypophysaire, qui se divise en deux parties séparées par une fente: la partie antérieure, ou lobe glandulaire proprement dit, et la partie postérieure, ou feuillet paranerveux; le lobe postérieur, beaucoup plus petit, se développe aux dépens d’une évagination du cerveau intermédiaire.

Vu au microscope, le lobe antérieur est formé d’un réseau de fibres conjonctives très fines enserrant dans ses mailles deux sortes de cellules: les unes se présentent soit sous forme de cellules arrondies ou polyédriques, avec un protolpasma finement granuleux se colorant par l’éosine et ayant un noyau central, soit sous forme de cellules plus volumineuses à grosses granulations, à protoplasma vacuolaire, se colorant en bleu par l’hématoxyline: ce sont les cellules chromophiles; les autres, les cellules chromophobes, ont des limites peu nettes, un protoplasma qui se colore mal, un gros noyau avec réseau chromatique bien colorable.

Ce sont ces cellules chromophobes du lobe antérieur qui, d’après les recherches de Erdheiïm et Stumme, donnent naissance, pendant la grossesse, à des cellules spéciales à gros noyau irrégulier, à protoplasma granuleux coloré en rouge par l’éosine, cellules spéciales dont l’apparition produit l’hypertrophie si marquée de l’hypophyse pendant la grossesse.

Quant au lobe postérieur, il est formé d’un mélange d’éléments conjonctifs et névrogliques et de quelques rares éléments glandulaires décrits récemment.

La physiologie montre que le lobe antérieur, constitué de cellules disposées en travées, est à peu près inactif. Au contraire, le lobe postérieur ou lobe nerveux, constitué d’une trame conjonctivo-névroglique, avec quelques fibres nerveuses, est le lobe actif. La raison en est encore inconnue. Est-ce, comme le dit Thaon, parce que le sue sécrété par le lobe antérieur vient se déverser dans des cellules qui restent adhérentes au lobe postérieur quand on sépare les deux lobes, ou parce qu'il faut tenir compte de la couche de cellules épithéliales qui tapisse la surface du lobe postérieur? La question n’est pas encore tranchée. 11 serait d’ailleurs possible que les deux lobes aient des fonctions antagonistes. Il en est ainsi, par exemple, pour la coagulation du sang, que le lobe postérieur favorise, en particulier chez les hémophiles, et que le lobe antérieur retarde.

La physiologie de l’hypophyse, de même que sa composition chimique, est encore bien incomplètement connue.

Le produit de sécrétion de cétte glande semble être de

la graisse répartie d’une manière diffuse dans toute la

glande, et se présentant sous forme de gouttelettes plus ou moins volumineuses, et une substance colloïde analoeue à celle de la glande thyroïde, qui se rencontre à l’inté-

MT RS rieur des cordons cellulaires, dans le tissu interstitiel dans les vaisseaux, dans les vésicules, et dont la valeur et l’origine sont discutées. Certains amas sont éosinophiles, d’autres cyanophiles, ce qui tendrait à faire croire que la glande sécrète plusieurs substances colloïdes.

On à pu extraire de l'hypophyse des } principes actifs dont la composition est mal connue, renfermant du phosphore, de l’arsenic, de | ode, du brome, non détruits par l’ébullition, insolubles dans l’alcool et l’éther, dialysables, et ne subissant pas l’action des agénts réducteurs.

. Tout dernièrement, enfin, Houssay a isolé une substance cristallisable, soluble dans l’eau, insoluble dans l’alcool et l’éther, ayant tous les effets de l’extrait total.

Ces substances élaborées par l’hypophyse modifient et règlent le fonctionnement des vaisseaux et du cœur. Dès 1895, Oliver et Schaefer avaient découvert que l'extrait pituitaire augmente la pression sanguine; plus tard, Schaefer et Swale Vincent pensèrent que ces substances seraient de deux sortes: une « hypertensine » et une (« hypotensine ».

Falta et Iveovic prouvèrent que l’extrait du lobe antérieur et l’extrait du lobe postérieur exercent une action distincte, antagoniste. Mais l’action de l’hypertensine est nettement prédominante, et c’est elle qui caractérise l’extrait d’hypophyse.

En même temps qu’il élève la pression artérielle, l’extrait d’hypophyse diminue le nombre des battements cardiaques et augmente leur amplitude: cette double action eardio-vasculaire semble être d’ailleurs plus périphérique que centrale, paraît s'exercer sur la paroi vasculaire et la paroi cardiaque plus que sur les centres cardio-vaseulaires; elle s'accompagne, d’ailleurs, d’une vaso-constric-

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