CHAPITRE PREMIER
Hofbauerw le premier, employa la médication hypophysaire en obstétrique: il rappbrtait d’abord 6 cas suivis de succès, puis 66 cas avec 40 succès. Après lui, de tous côtés, en Allemagne, en France, et dans tous les pays, on continua ces expériences.
L’hypophyse fut employée:
A. Dans l’avortement. — 1° Pour provoquer le travail. Les résultats furent négatifs, ainsi qu'il résulte des observations de Fischer, Hamm, Schaeffer, Stern, Schiffmann, Hell, Commandeur et Devin, etc. Dans tous les cas, la pituitrine, injectée jusqu’à la dose de 2 à 3 cc. provoquait bien des contractions, mais ces contractions disparaissaient rapidement.
Fischer voulut provoquer l’avortement chez une-multipare enceinte de 4 mois, présentant des hémorragies: trois injections de 1 ce. provoquèrent des contractions qui s’arrêtèrent chaque fois au bout de trois heures. Il conclut de ses observations que l’extrait d’hypophyse est inefficace dans la provocation de l’avortement.
Hamm essaya d’interrompre la grossesse au troisième mois chez une sextipare atteinte de tuberculose pulmonaire. Trois injections de 0,2 de pituitrine furent faites matin et soir, pendant trois jours consécutifs, sans aucun résultat. L
ces PRET 2 Lorsque le travail est commencé, pour accélérer l’expulsion de l’œuf abortif, les résultats ne sont pas meilleurs. Hauch et L. Meyer ont échoué 7 fois, Richter 2 fois; Parisot et Spire eurent également 2 résultats négatifs dans ? cas d’avortements en cours, après injection de 4 et 6 ec. d’extrait total d’hypophyse.
B. Dans l’accouchement. — 1° Pour provoquer le travail. Stern a pu provoquer l’accouchementedans 2 cas avant tout début de travail: il s'agissait, dans le premier cas, d’une tuberculose pulmonaire et laryngée: il fallut 4 injections, et l’accouchement dura trois jours; dans le second cas, il s'agissait d’accidents prééclamptiques; il fallut six injections et l’accouchement dura quatre jours.
Schiffmann, dans 3 cas de grossesse à terme, fit une injection de 0 ec. 7 de pituitrine qui amena de fortes contractions au bout d’un quart d’heure.
D’autres auteurs rapportent des observations négatives: Vogts n’eut que 3 succès sur 7 cas; Hamm, sur 11 cas, n’eut qu’un succès.
I semble done que l’extrait pituitaire peut être capable de provoquer l’accouchement, mais il est rarement suffisant À Ini seul, la pose de ballons ou d’excitateurs est toujours nécessaire. Hofbauer pense, d’ailleurs, que la pituitrine sensibilise l’utérus et permet aux ballons ou excitateurs d’être plus efficaces.
L'’extrait pituitaire est done, dans ce cas, un médicament infidèle et inconstant; un point est à noter, sur lequel ont insisté les auteurs allemands, c’est que l’extrait hypophysaire est de plus en plus efficace à mesure que l’on s'approche du terme.
2° L'extrait pituitaire a été employé avec beaucoup plus de succès, d’une façon générale, pour activer le tra-
CR | PET DE vail dans l’accouchement à terme, à la période de dilatation ou d’expulsion.
C’est dans ce cas, surtout, que se produit, au bout de cinq à dix minutes, d’après les auteurs allemands, une véritable tempête de contractions, sans contracture, suivie d’autres contractions plus espacées, plus énergi ques et plus régulières. Hn même temps que les douleur: apparaissent et augmentent d'intensité, la dilatation pro-
__gresse rapidement, d’autant plus rapidement qu’elle est
plus avancée; et le plus souvent, avec une seule injection, -l’accouchement se fait en moins d’une heure, plus rapidement chez les multipares que chez les primipares. En témoignent les observations de Hofbauer, Fischer, Hamm, Jaeger, Stern, etc.
Bondy rapporte 8 succès et cite le cas suivant: une quartipare de 30 ans, à terme, ayant; un bassin un peu étroit, n’a, au bout de 19 heures, qu’une dilatation de
, o francs. Une injection chaude faite trois heures après ne donna aucun résultat. On fait alors 1 centimètre cube de pituitrine; de violentes contractions se produisent, et amènent l’accouchement une heure après.
Gottfried rapporte l’observation d’une femme rachitique dont le conjugué vrai mesurait 8 centimètres et demi et qui était dans le dixième mois de sa grossesse. Les contractions étant faibles et peu efficaces, on employa les bains chauds, la quinine, la dilatation à l’aide du kolpeurynter. Les contractions demeurant insuffisantes, on injecta 0 gr. 60 de pituitrine. Au bout de 15 minutes, apparurent des contractions fortes et régulières durant deux minutes et espacées de 10 à 15 minutes. Quatre heures après, la dilatation était d’une paume de main; la poche des eaux se rompit; la tête qui au début du travail était mobile au détroit supérieur, s’engagea. Mais le fœtus
Der QUE ,
succomba, et l’on fit une craniotomie sur enfant mort
pesant 3.540 grammes, sans matière cérébrale.
Shaefer rapporte un cas également caractéristique: chez une primipare, le siège repose sur le périnée depuis plusieurs heures ; la femme, épuisée, ne peut plus pousser; une injection d'extrait hypophysaire produit de fortes contractions, et l’accouchementese fait 13 minutes après.
A la période d’expulsion, les auteurs rapportent des résultats bien plus frappants encore. L'emploi de l’extrait pituitaire supprimera bien des applications de forceps inutiles, disent les auteurs allemands.
Dans certains cas de présentation du siège et de la face, on a obtenu les mêmes brillants résultats.
Dans les bassins peu rétrécis, la médication hypophysaire pourrait suffire à faire passer la tête.
À la période de la délivrance, on a essayé l'extrait pituitaire contre les hémorragies: Bell a eu 3 succès, Foges, Hofstaetter, Klotz, Ross préconisent la pituitrine dans ce cas. Schmidt rapporte 118 expériences et déclare: « La pituitrine s’affirme comme l’agent thérapeutique le plus sûr entre tous ceux employés jusqu'ici contre les hémorragies post partum. Il est, non seulement sous le rapport de l'efficacité, supérieur à toutes les préparations de seigle ergoté, mais il possède cet avantage important de pouvoir être administré sans danger avant l’expulsion du placenta ».
Tel n’est pas cependant l’avis de Hofbauer, Bagger- Jorgensen, Fries, Jaeger, Studeny et de la plupart des auteurs, qui rejettent nettement l'extrait pituitaire dans les hémorragies post partum et préconisent l’ergotine.
Jaeger pense même que l’extrait d’hypophyse favoriserait l’atonie post partum. L’utérus, en effet, fatigué par les contractions subintrantes, se relâche après l’accouche-
LR FOND ARE
ment: pour Hofbauer, cette inertie tiendrait à de trop faibles doses injectées; pour Jaeger, elle serait due à ce que la dernière injection a été faite plus d’une heure avant l’accouchement,
En tous cas, dans d’assez nombreuses dbservations, la perte de sang fut assez considérable, dépassa 500 grammes dans 8 cas de la clinique Tarnier, dépassa 1 litre dans deux cas.
Au cours de la rétention placentaire, il semble que l’extrait pituitaire soit d’une inefficacité absolue.
On a encore employé l’extrait hypophysaire dans deux cas spéciaux: le placenta prævia et l’opération césarienne.
Dans le placenta prævia, l’extrait pituitaire agit $urtout en accélérant les contractions et en appliquant la présentation contre le placenta qu’elle comprime; il faut donc, pour appliquer ce traitement, disent Hauch et L. Meyer, une présentation longitudinale et l’absence de disproportions mécaniques; on réussira bien mieux avec un placenta prævia latéral.
Avant la section de l’utérus, dans l’opération césarienne, Bell, le premier, employa l’extrait pituitaire dans deux césariennes abdominales, et constata que l’utérus, après une seule injection, devenait un globe pâle, et que cette contraction ne disparaissait que lentement.
Foges et Hofstaetter rapportent 6 observations dans lesquelles l'utérus se contracta énergiquement, et où la perte de sang fut minime. :
D'autres auteurs, cependant, Jaeger, spas préfèrent l’ergotine. La question est controversée. |
A la suite de ces injections d’extraits hypophysaires, les auteurs signalent quelques accidents, généralement peu graves.
SRE
a) Sur l'utérus. — Les deux reproches les plus importants que les auteurs aient pu faire à l’extrait pituitaire sont: 1° de favoriser l’inertie utérine au moment de la délivrance; 2° de provoquer une véritable tétanisation utérine. :
En ce qui concerne le premier point, dont nous avons déjà parlé, la question est controversée.
Le second reproche est appuyé sur des observations plus nombreuses: Mackenrodt cite un cas grave de tétanisme avec mort du fœtus après une injection de 1 ce. Nagy observe de la rigidité du col. Lequeux a observé un cas d’enchatonnement du placenta dont voici l’obser-
vation résumée :