‹ Quelques lecons sur l'art epistolaire et la politesse, accompagnees de formules de comptes et de petits actes civils, a lusage des ecoles primaires superieuresChapitre 45 sur 47 · REVERS DE FORTUNE, INFIRMITES, MALADIES · texte numérisé non relu

REVERS DE FORTUNE, INFIRMITES, MALADIES

D. Comment faut-il se comporter envers les personnes affligées ou malades 1

R. Si quelqu'un de votre connaissance, et à plus forte raisoii; de vos amis, vient à éprouver des revers, ne cher-

chez point à vous éloigner de lui ; redoublez, au contraire,

d'attentions et de prévenances ; gardez vous bien de lui rappeler sa disgrâce. N'oubliez jamais combien la fortune est inconstante, demain elle peut cesser de vous sourire, demain vous pouvez avoir besoin des égards qu'un autre réclame de vous aujourd'hui. La bienséance envers l'humanité souffrante et malheureuse est un devoir sacré auquel nul ne devrait chercher à se soustraire. Si une personne est devenue aveugle, ne vantez pas devant elle les bienfaits de la lumière 5 si sa vue est seulement affaiblie, prenez toutes les précautions convenables pour ne pas lui faire sentir son malheur : si vous lui présentez un objet pour le lui faire examiner, approchez-le de lui sans affectation. Si quoiqu'un est boiteux, bossu ou qu'il ait quelques défauts corporels, évitez avec le plus grand soin de lui faire sentir son malheur, ou d'en faire le sujet de vos plaisanteries ; ce serait marquer de la petitesse d'esprit.

Quand une personne de votre connaissance tombe malade, vous devez aussitôt, si cela vous est possible, aller vous informer de son état, pour lui prouver combien vous prenez d'intérêt à sa santé. Si elle est couchée sur un lit de douleur, marchez sans bruit et parlez à voix basse ; prenez garde de la fatiguer en la forçant de vous répondre à une foule de questions inutiles. Ces sortes de visites doivent être courtes ; cependant, on pourrait les prolonger un peu, si le malade exprimait du plaisir à vous voir et manifestait l'envie de vous retenir plus longtemps.

Page 1