‹ Quelques lecons sur l'art epistolaire et la politesse, accompagnees de formules de comptes et de petits actes civils, a lusage des ecoles primaires superieuresChapitre 46 sur 47 · CURIOSITÉ ET DISCRÉTION · texte numérisé non relu

CURIOSITÉ ET DISCRÉTION

D. Qu'avez- vous à observer sur la Curiosité et la Discrétion 1

R. II est impoli de chercher à pénétrer un secret qu'on croit devoir vous cacher; de le révéler, soit en totalité,

soit même en partie, quand on a cru pouvoir le confie] à votre loyauté.

Le mystère de la correspondance doit être sacré, il serait odieux de se laisser entraîner à violer le cachet d'une lettre ; on ne serait pas moins coupable de chercher à en prendre connaissance, si Ton n'y était autorisé, quand même elle serait ouverte.

Quand vous faites une visite, si la personne chez laquelle vous êtes se trouve absente, vous ne devez rien déranger, ni regarder ses papiers ; il ne conviendrait pas d'ouvrir une armoire, une boîte, un tiroir pour voir ce qu'il renferme. Si vous ramassez un écrit, ne le lisez pas ; mais remettezle, sans le regarder, sur la table ou à la personne qui l'a laissé tomber.

S'il se trouve plusieurs personnes réunies, et que l'on fasse circuler un objet précieux par sa rareté, son mérite ou sa valeur, attendez patiemment votre tour, ne cherchez pas en vous à saisir le premier. Quand il vous est parvenu, gardez-le le moins de temps possible.

Si, au milieu d'une réunion, plusieurs personnes semblent être occupées d'affaires particulières, n'allez pas vous mêler à ce groupe ; non-seulement vous vous montreriez indiscret, mais encore vous pourriez vous mettre dans une fausse position, en voyant tout le monde garder le silence ; et dans le doute, il serait prudent de leur demander si vous pouvez prendre part à leur conversation. Si l'on vous fait visiter un jardin ou un verger, ne vous permettez point de cueillir des fruits ou des fleurs, sans avoir été invité aie faire.

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