‹ Quelques lettres inéditesChapitre 11 sur 12 · RÊVE DE JEUNE FILLE · texte numérisé non relu

RÊVE DE JEUNE FILLE

Le petit oiseau sur la branche Laisse mourir son chant d'amour ; Et midi voit le lis qui penche S'alanguir sous les feux du jour.

Le petit oiseau sur la branche Laisse mourir son chant d'amour.

Comme elle dort, la jeune fille, Sur les coussins de ce boudoir !

Elle a mis bas coiffe et mantille ; Près d'elle en vain brille un miroir.

Gomme elle dort, la jeune fille, Sur les coussins de ce boudoir !

Là, de sa dernière pensée

Sa bouche encor garde un souris.

Le ciel brûlant l'aura forcée

De quitter ses jeux favoris.

Là, de sa dernière pensée

Sa bouche encor garde un souris.

De sa paupière demi-close S'échappe un vague et doux regard Quelle élégance dans sa pose !

C'est un modèle offert à l'art.

De sa paupière demi-close S'échappe un vague et doux regard.

Un songe vient du bout de l'aile Effleurer ce lac endormi.

Quel sentiment s'éveille en elle?

Son corps se soulève à demi.

Un songe vient du bout de l'aile Effleurer ce lac endormi.

Peut-être elle s'affole en rêve D'un beau page au blanc palefroi, Qui dit: dame, je vous enlève; Montez vite en croupe avec moi.

Peut-être elle s'affole en rêve D'un beau page au blanc palefroi.

Peut-être aux pieds de cette Laure Un nouveau Pétrarque a chanté.

Fière du chantre qui l'adore, Elle embellit sa pauvreté.

Peut-être aux pieds de cette Laure Un nouveau Pétrarque a chanté.

Peut-être au ciel s'envole-t-elle ?

Du ciel son âge a souvenir.

Au toit natal c'est l'hirondelle

Que le printemps voit revenir.

Peut-être au ciel s'envole-t-elle ?

Du ciel son âge a souvenir.

Xole. Cette chanson n'est pas complète ; ni moi, ni ma grand'mère, Mme Lucien, n'avons jamais pu obtenir de Béranger d'en avoir la Gn. Il étail devenu dans ces quinze dernières années très-mystérieux et très-cachotier quand à ses manuscrits; il permettait rarement de les copier.

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