‹ Quelques lettres sur des questions actuellesChapitre 18 sur 46 · En français : personnellement · texte numérisé non relu

En français : personnellement

Cela encore est indépendant de la conception virginale.

Je me permets d'ajouter, en ce qui concerne la Revue d'histoire et de littérature religieuses , et moi-même, que \?i Revue a été fondée au commencement de l'année 189C), et que, depuis ce tempslà, je me suis chax*gé d'y rédiger la chronique biblique. J'y ai publié aussi un très grand nombre d'articles sur divers sujets. INIa collaboration n'est donc pas postérieure à la condamnation de L Evangile et l'Église, et cette condamnation n'en a aucunement changé les conditions. Je ne dis rien sur votre façon d'apprécier mes articles de critique. Il me suffit d'observer que votre langage atteste, en matière d'exégèse, une inexpérience plus grande encore qu'en matière de théologie.

CetTonds, le 12 mai 1907.

A M. l'abbé X. 1.

Monsieur,

Votre logique est un peu prompte. Les choses morales ne sont pas des théorèmes de géométrie. On ne profite, il est vrai, des sacrements de l'Église, que selon la foi qu'on y a, et le sens qu'on y attache. Mais cela no prouve pas quil faille les rejeter dès qu'on a remarqué ce caractère d'efficacité relative. A ce compte, il faudrait tout lâcher, même les principes qui nous semblent solides ; car c'est aussi relativement à nous qu'ils sont tels. Vous semblez croire que, dans l'ordre religieux et moral, le vrai et le faux sont des catégories absolues et bien délimitées. Il n'en est pas tout à fait ainsi. C'est pourquoi rejeter en bloc tout un système religieux, sous prétexte d'imperfection, est un acte insensé. Il faut voir en ce système ce qu'il a de bon. et tâcher seulement de l'améliorer.

Ceffonds, le i5 mai 1907.

Page 1