‹ Quelques lettres sur des questions actuellesChapitre 17 sur 46 · XXX III · texte numérisé non relu

XXX III

A M. Auguste Roussel, rédacteur à l'Univers.

Monsieur,

Lorsqu'on veut se constituer arbitre de l'orthodoxie des autres, il est prudent de commencer par s'instruire soi-même des principes élémentaires de la théologie. Dans l'article que votre journal a publié, le 9 mai. contre la Revue d'histoire et de Utt( rature religieuses, \ous confondez liilée de la conception virginale avec celle de la divinité du (Christ, comme si les deux notions n'étaient pas tout à fait distinctes, et comme si

Jésus était Dieu parce qu'il a été con^u niiracu. leuseinent, non parce que le Fils de Dieu, qui procède éternellement du Père, et qui est Dieu comme lui, s'est manifesté en Jésus. Sans le vouloir, Yous donneriez raison à M. Herzog, que vous taxez d'hérésie 1. Car vous argumentez selon la mentalité païenne de ces esprits, un peu grossiers, il faut l'avouer, qui ne pouvaient, d'après M. Herzog, comprendre que le Glirist fût Fils de Dieu, si Dieu n'était intervenu directement dans l'œuvre de sa génération. Or, Monsieur, ce nest pas ainsi, je suis un peu conlus d'avoir à vous le dire, ce n'est pas ainsi que l'entendent le quatrième Evangile, le concile de Nieée, la tradition des siècles chréliens. Pour l'auteur du quatrième Evangile, Jésus est Dieu parce que le Verbe divin s'est incarné en lui ; et cet auteur ignore, peut-être avec intention, la conception, vii'ginale. Quant à la définition calliolique de la divinité du Christ, vous devez savoir quelle consiste en ce que le Verbe, Fils éternel de Dieu, s'estuni hypostatiquement 2 l'humanité de Jésus.

1. A propos d'im article sur la conception virginale du Christ, dans la Rei>ue d'histoire et de littérature religieuses, 1 107, n" 2. Voir Documents, n° \'I1.

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