‹ Quelques lettres sur des questions actuellesChapitre 45 sur 46 · Publiée dans l'Osservatore romano du 4 mai · texte numérisé non relu

Publiée dans l'Osservatore romano du 4 mai

2. Disgusto. Cet extrait est donné dans la traduction qu'ont publiée les journaux français. On peut croire que ie mot italien serait mieux rendu par (( déplaisir ».

Extrait de l'allocution adressée par le Pape Pie X aux nouveaux Cardinaux, le 17 avril 1907.

Mais la guerre terrible qui lui fait répéter (à l'Église) : Ecce ù? pace cn.miinâo nia amui it^s^ina est celle, dérivant de l'aberration des esprits, qui fait méconnaître ses doctrines, et répéter dans le monde entier le cri de révolte pour lequel furent cliassés les rebelles du ciel.

Et rebelles ne sont que trop ceux qui professent et répètent, sous des formes subtiles, des erreurs monstrueuses sur l'évolution du dogme, sur le retour au pur Evangile, c'est-à-dire à l'Évangile débanassé de sa frondaison, comme ils disent, des explications de la théologie, des définitions des conciles, des maximes de l'ascétisme, sur l'émancipation de l'Église, à leur manière nouvelle, sans se révolter, pour n'être pas mis dehors, mais néanmoins sans se soumettre, pour ne point manquer à leurs propres convictions; enfin sur l'adaptation au temps en toutes choses, dans la manière de parler, d'écrire et de prêcher une charité sans foi, toujours tendre pour les mécréants, mais qui ouvre à tous la voie de la ruine éternelle.

Vous voyez. Vénérables Frères, si Nous, qui devons défendre de toutes Nos forces le dépôt qui nous a été confié, Nous n'avons pas raison dêtre anxieux en présence de cet assaut qui ne constitue pas une hérésie, mais le résumé et le suc vénéneux de toutes

les hérésies, qui tend à miner les fondements de la foi et à anéantir le christianisme.

Oui, anéiintir le christianisme, parce que, pour ces hérétiques modernes, la Sainte Écriture n'est plus la source sûre de toutes les vérités concernant la foi, mais un livre ordinaire. L'inspiration se réduit pour eux aux doctrines dogmatiques entendues à leur manière, et pour un peu, ils ne feraient pas de différence avec l'inspiration poétique d'Eschyle et dHomère. L'Église est la légitime interprète de la Bible; elle est toutefois sujette aux règles de la science critique, qui s'impose à la théologie et la rend son esclave.

Pour la tradition, tout est relatif et sujet à des mutations, et, par suite, lautorité des Saints Pères est réduite à rien. Et toutes ces mille erreurs se propagent dans des opuscules, des revues, des livres ascétiques, et jusque dans des romans, et s'enveloppent de certains termes ambigus, sous des formes nébuleuses, afin d'avoir toujours un refuge prêt pour la défense, et de ne pas encourir une condamnation ouverte, et aussi de prendre dans leurs lacets les esprits qui ne sont pas sur leurs gardes.

Extrait de l'article publié par M. Auguste Roussel, à propos de l'allocution précédente, sous

le titre : Audaces blasphématoires, dan« l'Unioers du 9 mai 190^.

A cet égard, la publication la plus menaçante, parce que l'œuvre de démolition de la croyance catholique s'y poursuit sous les apparences d'une impartiale critique historique, c'est assurément la Revue d'hibfoire et de litléralKre rtUgieuses. En eiïet, c'est là que travaille M. l'abbé Loisy, depuis que les condamnations de l'Index 1 ont découragé de faire des livres comme son ouvrage VÉvcwgile et VÉylise, oii il avait condensé la quintessence decetespritd'hypercritique avec lequel il s'attaque à l'authenticité comme à toute la partie doctrinale des livres de l'Ancien et du Nouveau Testament

En voilà trop. Aussi bien devons-nous signaler, pour finir, un émule de M. Loisy qui, dans la même Revue, et à côté de lui, va d'un coup à l'extrême de l'audace blasphématoire.... Cet auteur se nomme Herzog, et c'est de Lausanne qu'il a écrit, pour la Revue, un article intitulé : La conception virginale du Christ. Et ce titre est une ironie, etc

Extrait d'un article du même auteur, intitulé : A propos de M. Loisj-, dans V Univers du 27 mai 190:7.

Nous avons reçu, de divers correspondants, plu-

sieurs lettres dont nous devons remercier les auteurs, car elles sont, pour le journal, autant de précieux encouragements A vrai dire, et pour être tout à fait

exact, nous devons noter aussi qu'une lettre nous a été envoyée qui contient, à notre adresse, autre chose que des félicitations. En bon élève de M. Loisy, l'auteur renchérit encore sur son maître, et nous accable d'épithètes qui le montrent bien ému, pour un homme si sûr de sa science, à laquelle on oppose simplement la doctrine du catéchisme. Malheureusement il ne nous donne pas le moyen de contribuer à sa renommée en publiant son nom, puisqu'il signe : « Un lecteur, prêtre », sans plus.

M. Roussel reproduit plus loin, en omettant la signature, une lettre où on lit :

Connaissez-vous les articles que M. Loisy fait paraître assez souvent dans la Revue critique (Paris, Leroux) sur les matières d'exégèse ? Si vous les ignorez, j'ai pensé vous être agréable en vous signalant spécialement le compte-rendu de l'ouvrage de M. Guigne-

bert dans le numéro 14, du 8 avril 1907 M. Loisy

donne à entendre que les apôtres, après la passion, etc.

M. Roussel dit ensuite :

Il est facile de vérifier dans la Revue critique les assertions de notre docte correspondant. L'on n'aura pas de peine à constater qu'il n'a en rien exagéré

Au surplus, nous sommes avisés que le judaïsme

thalmudique ne néglige pas d'apporter sa part contributive à l'œuvre de démolition entreprisepar M. Loisy et son école 1- Toute la campagne antibiblique est sériée avec un art tendancieux pour sattaquer, non pas tout d'un coup et en bloc, à la totalité des croyances chrétiennes, mais point par point à chacune de ses manifestations.

Extrait d'un article du même auteur intitulé : Une lettre de M. Loisj\ dans l' Univers du 27 mai

L'enfant instruit du catéchisme sait aussi que, si la filiation divine de Notre Seigneur, prise ainsi de toute éternité, est indépendante de sa conception virginale dans le temps, l'acte de foi en sa mystérieuse incarnation ne sépare pas sa conception virginale du fait de cette incarnation, ce qui est exprimé par ces paroles du Credo : qui conceptiis est de Spiritu sancto ex Maria virgine. Avec toute sa science théologique, M. l'abbé Loisy semble bien avoir oublié cela, lorsque, parlant de l'auteur du quatrième Évangile, qui est bien saint Jean, ne lui en déplaise, il insinue que Tévangéliste ignore, peut-être avec intention^ la conception virginale de Notre-Seigneur. Le lecteur appréciera

\. M. Salomon Reinach est le collaborateur de KL Loisy, dans la Revue critique. (Note de M. Roussel).

cette nouvelle audace de M. Loisy, soucieux de montrée ainsi combien il se distingue de la « mentalité païenne, un peu grossière », des esprits qui ne peuvent concevoir une filiation divine sans l'intervention d'un Dieu générateur.

.... Pour faire apprécier sa chronique biblique, nous nous somme bornés à en citer littéralement divers pasages. Nous voulons bien que cela dénote chez nous, aux yeux de M. Loisy, une inexpérience en matière d'exégèse, plus grande encore qu'en matière de théologie. Au moins sommes-nous sûrs ainsi, plus qu'à son école, de ne pas encourir les condamnations qui l'ont frappé comme étant un exégète aussi téméraire qu'un peu exact théologien.

Extrait d'une note de la Croix, reproduite dans Demain, 3i mai 1907. La même note a paru dans la Semaine religieuse du diocèse de Paris,

Ils (les Évèques protecteurs de l'Institut catholique) ont pris une dernière décision dont tous ceux qui sont au courant de l'état des esprits apprécieront lopportiniité : celle d'interdire à tous les ecclésiastiques de leuis diocèses respectifs, de collaborer à la Revice cV histoire et de littérature religieuses, de M. l'abbé Loisy.

Oixlonnance du Cardinal Richard, contre la Reçue d'histoire et de littérature religieuses.

Nous, François, Cardinal Richard, Archevêque de Paris,

Considérant que la Bevne d'histoire et de littérature reUyietises, éditée à Paris, a, dans ces derniers mois, publié, outre certaines Chroniques bibliques, irrespectueuses, téméraires et dangereuses, plusieurs articles notoirement contraires au dogme catholique, à savoir trois articles signés Bupin, sur la Trinité, et un article signé Herzog, sur la conception virginale du Christ;

Que, par suite, la collaboration d'ecclésiastiques à un tel recueil serait de nature à scandaliser les fidèles, et à lui donner une autorité périlleuse;

Faisfms défense à tous les ecclésiastiques soumis à notre juridiction, de collaborer, de quelque façon que ce soit, à ladite revue.

Pans, le 28 mai 1907.

f François, Cardinal Richard, Arciievèque de Paria.

Extrait duii article de M. Auguste Roussel, intitulé : Fond d'impiété, dans l Univers du 3 juin 1907.

C'est une tristesse de constater combien souvent il est facile de vérifier la justesse de cette sentence des Saints Livres : l»ipius, cum in profttndum venerit, conlemnit. « Quand il est venu au fond de son impiété, c'est dans un dédain méprisant que l'impie se cantonne. » Ainsi nous avons une nouvelle longue lettre deM. Loisy'- Est-ce qu'elle est écrite pour rectifier telle ou telle assertion que nous aurions indûment attribuéeaucontempteur de nos croyances traditionnelles? Pas le moins du monde, et M. Loisy a uu bien autre dessein.....

Il prétend s'autoriser, en effet, du récit évangélique lui-même, sollicité à la façon renanesque, soit qu'il s'agisse de saint Matthieu, de saint Marc, ou de l'auteur du quatrième Évangile; car M. Loisy, s'étant persuadé que saint Jean n'est point l'auteur de ce quatrième Évangile, ne daigne jamais mentionner son nom. De même il n'écrit jamais : $ai)it Mathieu, saint Marc, saint hue et saint Jean, mais simplement, avec un ton de mauvaise compagnie, Jean, Luc, Marc ou Matthieu. 11 paraît que c'est plus scientifique. Donc avec la même assurance qu'il met à nier les faits les

\, La leUre du 29 mai; voir plus haut pp. 90-94.

mieux établis, M. Loisy affirme la réalité des plus invraisemblables inventions de l'impiété (Il) supprime résolument même la mise au tombeau de

Notre-Seigneur

C'est entendu, il n'y a pas de conspiration contre l'authenticité et la véracité de la Bible; partant, point de conspirateurs. Seulement, il arrive, comme par hasard, que sans s'être entendus, les exégètes au service de la mauvaise foi thalmudique, comme de l'erreur protestante, se trouvent à point nommé pleinement d'accord avec certains exégètes soi-disant catholiques, pour s'attaquer aux mêmes vérités traditionnelles, et travailler d'un même effort à la ruine des mêmes croyances. Il laut avouer que ce combat en ordre dispersé ressemble singulièrement à un mouvement d'ensemble. Les catholiques sont donc fondés à le signaler comme s'inspirant d'un même état d'esprit hostile à la vérité religieuse et offrant tout le danger d'une vraie conspiration.

Extrait de la lettre adressée à M. Auguste Roussel par M. le chanoine Henri Debout, et publiée dans V Univers du 6 juin 190".

Je suis indigné quun ecclésiastique ose écrire de pareilles impiétés, mais prétendre que ces conclusions impies s'imposent aux savants Israélites, pro-

— ajo —

testants et même catholiques qui traitent scientifiquement lespioblèmesscripturaires est le comble de l'impudence. Il y a eu des savants sur la terre avant M. l'abbé Loisy, et il en existe, à Iheure présente, toute une phalange dans les rangs du clergé catholique. La réfutation des théories de M. Loisy n'est qu'un jeu pour quiconque entreprend de se livrer à

fond aux études religieuses Il est important que

l'opinion soit éclairée sans retard sur ce point, car tout un essaim de vulgarisateurs à la solde des ennemis de lÉglise sont aux aguets pour proclamer la

victoire du modernisme sur la doctrine catholique

L'entreprise de M. Loisy échouera misérablement; mais il est bon que l'on sache dès maintenant de quel côté s'oriente l'âme du clergé français. Unanimement les prêtres de France gardent leur foi à l'iiglise de Jésus-Christ, et leur obéissance au Pontife infaillible; les erreurs modernes ne sauraient les entamer.

XIY

Réponse de la Commission pontificale des études bibliques, touchant l'auteur et la A'aleur historique du quatrième Evangile. Traduction française publiée dans VUnwei^s du 6 juin 1907.

i'^ Queation. — Si, abstraction faite de l'argument théologique, l'apôtre Jean, et non un autre, est démontré devoir être reconnu comme l'auteur du quatrième

Évangile, et ce, par un argument historique si solide, que les raisons que les critiques apportent à Kencontre n'infirment en rien cette tradition, laquelle existe, constante, universelle et solennelle dans l'Église dès le courant du ii^ siècle, ainsi qu'il ressort surtout :

a) des témoignages et allusions des saints Pères, des écrivains ecclésiastiques et même aussi des hérétiques, témoignageset allusions qui, dérivant nécessairement des disciples ou des premiers successeurs des Apôtres, se rattachent par un nœud obligatoire {nexu necessario) à l'origine même du livre;

b) du fait que le nom de l'auteur du quatrième Évangile a été reçu toujours et partout dans le canon et les catalogues des livres sacrés;

c) des plus anciens manuscrits des mêmes livres et de leurs versions en langues diverses ;

d) de l'usage liturgique public régnant, dans toute la terre, depuis les origines de l'Église ?

Réponse. — Oui.

2' Question. — Si les arguments intrinsèques, eux aussi, tirés du quatrième Évangile considéré séparément, ainsi que du témoignage de l'écrivrtin, et de la parenté manifeste de l'Évangile lui-même avec la première Épitre de l'Apôtre Jean, doivent élre jugés comme confirmant la ti'adition qui attribue indubitablement le quatrième Évangile à ce même Apôtre?

Et si les difficultés qui sont tirées du rapproche ment de ce même Évangile avec les trois autres, en tenant compte de la diversité de l'époque, du but et des auditeurs pour lesquels et contre lesquels l'auteur a écrit, peuvent être résolues raisonnablement,

comme les saints Pères et les exégètes catholiques l'ont établi à diverses reprises ?

Réponse. — Oui, sur les deux points.

3« Question. — Si, nonobstant la pratique constante, établie, dès les premiers temps, dans l'Église universelle, d'arguer du quatrième Évangile comme d'un document proprement historique, mais, en raison du caractère particulier de cet Évangile et de l'intention manifeste de l'auteur, de prouver et de défendre la divinité de Jésus- Christ d'après les actes mêmes et les discours du Seigneur, on peut dire que les faits rapportés dans le quatrième Évangile ont été inventés, en tout ou en partie, en manière d'allégories ou de symboles doctrinaux, et que les discours attribués au Seigneur ne sont pas proprement et véritablement ceux du Seigneur, mais de simples compositions théologiques d'écrivain, quoiqu'ils soient mis dans la bouche du Seigneur?

Réponse. — Non.

Et le 29 mai de l'an 1007, dans l'audience gracieusement accordée aux deux révérendissimes consulteurs secrétaires. Sa Sainteté a ratifié les susdites réponses et leur a donné force de droit.

FuLCBAN ViGOUROUx, prêtre de Saint- Sut pice; Laurent Jansens, de Vordrede Saint Benoît, consulteurs secrétaires.

Extrait de l'article de M. Auguste Roussel, intitulé : Geniis irritahUe, dans l^Uiiicers du 12 juin 1907.

\''eut-on savoir pourquoi M. Loisy se croit insulté? « Je ne vous ai pas demandé de publier mes lettres dans votre journal », etc. (premier paragraphe de la lettre XXXIX), et M. Loisy de conclure : « La sincérité ne figurerait-elle pas au nombre de vos vertus? »... Si M. Lois}' veut savoir pourquoi nous ne publions pas ses lettres en entier, ce n'est pas qu'elles nous embarrassent le moins du monde, — pour le réfuter, il suffit le plus souvent de le citer, — mais c'est que « la discrétion n'est pas une de ses vertus ». Il est encombrant, ce qui nous a contraints d'analyser très exactement, ne lui en déplaise, tout ce que, dans ses épitres, nous n'avons pas cru devoir publier intégralement. C'est ainsi que nous résumons encore un long passage de sa nouvelle lettre où, pour justifier son parti pris de dire Matthieu, Marc, Luc et Jean, au

lieu de sain^ Matthieu , il dit que « le rédacteur du

premier Évangile n'est pas l'apôtre saint Matthieu, que celui du second Évangile n'est probablement pas le disciple de Pierre et de Paul, célébré dans la tradition catholique sous le nom de saint Marc; que celui du troisième n'est probablement pas saint Luc, et que l'auteur du quatrième Évangile n'est pas l'apôtre saint Jean. » A quoi M. Loisy joint cet autre

argument, que le « latin de mon paroissien » ne parle pas autrement que lui M. T.oisy.

Notons eiiTm textuellement l'éloge que se décerne M. Loisy, en compagnie de ses compères en exégèse frelatée : « Que des savants sans parti pris », etc. (dernier paragraphe de la lettre citée).

Plus heureux que M. Loisy, nous n'avons pas besoin d'attendre l'avenir pour être fixés. En effet, la science de l'Écriture ne se fait pas. Elle est faite, et les progrès dont elle est susceptible et que Rome encourage ne peuvent pas aller à rencontre des vérités acquises. L'Église nous en donnait hier une nouvelle preuve par la réponse de la Commission biblique

(touchant le quatrième Évangile) A l'abri de cette

indiscutable autorité, il nous est vraiment facile de prendre noti'e parti des mépris dédaigneux de M. Loisy. Puisse-t-il reconnaître enfin qu'il n'est pas permis à un prêtre de se révolter comme il fait, contre un enseignement qui est celui de Dieu même parlant par la voix du chef infaillible de son Église.

Lettre de M. le Chanoine Henri Debout :

Monsieur l'abbé, - Monsieur Auguste Roussel me 'communique votre lettre du 8 juin. Vous ne me ménagez guère; mais je vous pardonne volontiers.

Nier votre application au travail depuis vingt-trois ans n'est jamais venu à ma pensée.

En signalant vos erreurs (Cfr. Conc. Vat. De ftde, c. Il), j'ai accompli mon devoir sacerdotal vis à vis de mes confrères de France, sans prétendre dirimer une question dont la solution doit venir de plus haut. Comment ne vous apercevez-vous pas vous-même qu'une science dont les conclusions vont contre l'enseignement de rÉulise est nécessairement fausse dans ses principes et dans son point de départ? Je demande à Dieu de vous donner cette lumière simple et féconde. Si vous obtenez celte grâce, vous aurez sans doute la peine de reprendre, en les corrigeant, bien des années d'études; en -revanche, vos conclusions vous ramèneront alors à l'unité catholique.

Je regrette que les lourdes charges de mon ministère m'obligent à vous répondre si brièvement.

Permettez-moi, en terminant, de vous parler en confrère qui désire ardemment le salut de votre âme. Plutôt que de vous obstiner dans la voie oii vous êtes engagé, méditez sur le jugement que nous aurons tous à subir au tribunal de Jésus-Christ.

Je prie pour vous. Monsieur l'abbé, et vous offre mes sentiments très distingués.

Chanoine Henri Debout,

Lauréat de V Académie française.

Curé du Sacré-Cœur.

Calais, le:i2 juin 1907.

Extrait de l'article : Paroles de croyant et ci ami ^ publié par M. l'abbé J. Bricout, dans la Revue du clergé français, 1 5 juin 1907.

Nous pouvions essayer autrefois de donnera telles ou telles affirmations téméraires ou malsonnantes une interprétation conforme à l'orthodoxie; pareille indulgence n'est plus possible maintenant. Il est trop clair, en effet, que l'on est en contradiction flagrante avec l'enseignement de l'Église ; l'hérésie est manifeste pour tous, et les auteurs eux-mêmes eussent sans doute été surpris que l'EgUse ne les condamnât point sévèrement.

On fait fausse route, et l'on na pas le droit d'en douter un seul instant, puisque l'on est et qu'on se déclare catholique, et que, comme tel, on croit à l'autorité infaillible de l'Église. Si l'Église s'était si grossièrement trompée sur des points si graves de son enseignement, que deviendraient son infaillibilité et son autorité doctrinale?

— Mais alors qu'on réponde aux difficultés que nous avons mises en lumière! — Hommes de peu de foi, on y répondra, car elles sont loin d'être décisives, et c'est déjà fait en partie. Ce qui reste d'obscurité se dissipera un jour

Est-il besoin de le dire? Si je me suis décidé à écrire ces quelques lignes, ce n'est pas pour le vain plaisir de faire la leçon à des hommes, à des prêtres

éminemment respectables, dont l'un, je ne saurais loublier, a été mon maître et reste mon ami très cher. Je le fais uniquement pour libérer ma conscience et dégager ma responsabilité personnelle, comme aussi pour écarter de la Revue du clergé français toute ombre de suspicion injuste

Je n'ajoute qu'un mot, etc'estpour formulerun vœu. MM. Loisy et Le Roy n'ont cessé de proclamer leur dévouement à l'Église. Puisque donc tant d'âmes ont été troublées par eux, et que les autorités ecclésiastiques condamnent leurs écrits, je le leur demande, leur devoir n'est-il pas, sinon de se contredire euxmêmes, du moins de se taire? Ils sont trop sensés, trop chrétiens aussi pour se prétendre infaiUibles et se croire déshonorés par le courageux désaveu de leurs erreurs. Ce qu'il y a de fondé dans leurs assertions subsistera, et l'Église en fera son profit. Se recueillir quelque temps, ne rien publier qui soit de nature à scandaliser les fidèles, ce n'est pas là mentir à sa conscience, ni s'annihiler soi-même; c'est s'imposer un sacrifice, et le sacrifice est toujours fécond.

XYIII

Extrait de la lettre adressée par Mgr Bougouin, Évèque de Périgueux. au Cardinal Richard, pour adhérer à ses ordonnances contre le livre

(le M. Le Roy et la Revue d'histoire ci de littérature religieuses.

Amorcé par la critique, qui tient école de haut savoir, voilà l'esprit émancipé, chez un trop grand nombre, de la traditionnelle (oniiule de nos dogmes, et se refusant à faire siennes, dans la simplicité de la foi catholique, les interprétations de lÉglise. Serait-ce une autre manière de libre examen renouvelée du protestantisme? N'y a-t-il pas encore, renouvelée du jansénisme, la prétention à l'orthodoxie au milieu des censures? Et comment l'appel au Pontife mieux informé ne ferait-il pas songer au gallicanisme, qui n'est pas tout entier mort au concile du Vatican?

Rameau déjà fort du naturalisme, etc.

Extrait d'une lettre adressée par Dom Chamard à M. Auguste Roussel, et publiée dans l'Univers du 27 juin 1907, sous le titi-e : M. Lois)' et la critique historique.

Vous n'avez assurément pas besoin qu'on vienne à votre secours pour confondreles sacrilèges assertions de M. Loisy se disant encore prêtre catholique. Permettez cependant à un vieil historien de protester contre la prétention de ce prétendu savant à trancher ainsi l'une des plus graves questions historiques, en

foulant aux pieds les principes les plus élémentaires et les plus indiscutables delà vi-aie critique

Le christianisme est incontestablement le plus grand fait historique du monde civilisé, et il repose sur deux vérités : la mort et la résurrection de Jésus, qui avait rempli du bruit de ses miracles et de sa haute valeur morale les populations de la Palestine.

Nous avons pour earants de ces deux faits, non seulement les quati'e Évangiles, dont M. Loisy révoque en doute l'authenticité, mais aussi les Actes des Apôtres, ouvrage accepté comme l'œuvre d'un contemporain d'une haute intelligence, d'un tact parfait, et ayant puisé à des sources d'une autorité incontestable. M. Harnack lui-même, dans ses derniers travaux, ne craint pas de l'attribuer, avec toute l'antiquité du reste, à saint Luc, disciple et compagnon de saint Paul

Ainsi, malgréle témoignage de saint Paul (discours à Antioche de Pisidie), qui atteste comme un fait public et notoire que le corps de Jésus-Christ fut déposé dans un sépulcre, deposuerunt in monumento, M. Loisy a l'audace d'affirmer qu'il a été jeté à la voirie. Ceci n'est pas delà science historique, c'est la négation de la vérité la plus claire et la plus lumineuse. C'est de l'impiété poussée jusqu'à la démence

Concluons que M. Loisy n'a plus le droit de se dire non seulement catholique, mais même chrétien, en révoquant en doute la croyance en des vérités sans lesquelles, d'après saint Paul, notre foi est vaine et sans fondement.

Extrait des réllexions de Mgr Dadolle, Évèque de Dijon i, sur les ordonnances de Mgr Richard concernant la Revue d'histoire et de littérature religieuses et le livre de M; Le Roy.

Ces mesures, prises à Tendroit de larlite Revue et (liulit livre, ont une portée plus étendue que les Sanctions qu'elles expriment; elles indiquent aussi, avec la charité due aux personnes, la giavitéd'un danger qui menace tout renseignement de la foi.

On ne nie pas nos dogmes : on les déforme, sous prétexte d'en réformer soit le concept, soit la position historique.

Et ce serait au nom de la science, au nom de la critique. Mais l'histoire, uniquement faite d'authentiques témoignages, non plus que la critique, qui ne possède en son ressort que le contrôle des textes, n'ont rien de commun avec ce qui se lit trop souvent dans \2i Revue et, presque d'un bout à l'autre, dans le livre Dogme et critique.

Ici et là, c'est purementet simplement l'application aux faits et aux textes d'une philosophie spéciale. Nous appelons grandement de nos vœux le jour où l'épiscopat de France, réuni en assemblée plénière, pourra organiser la police delà pensée saine, dans le respect le plus sincère de la liberté de la science.

l. Semaine religieuse du diocèse de Dijon, 29 juin 1907.

— aSi

P^xtrait de l'article publié par Mgr Baudrillart, Recteur de l'Iustitut catholique de Paris, sur le Décret du Saint-Ofyice, dans la Croix du 23 juillet 1907.

Nul homme vraiment éclairé, au courant des choses et de bonne foi, n'en saurait douter : il s'est produit dans ces dernières années, au sein de l'Église catholique, une tentative consciente chez quelques-uns, inconsciente chez la plupart, pour transformer le catholicisme en une sortede protestantisme libéral

L'acte de Pie X est un acte libérateur ; d'une part il affirme à nouveau la doctrine catholique sur l'origine et le développement des dogmes les plus essentiels ; de l'autre, il rend courage aux travailleurs, aux savants catholiques, en leur montrant le champ libre et en précisant leur tâche. A tous points de vue, il soulage la conscience chrétienne

Les erreurs que l'Église condamne aujourd'hui étaient d'avance condamnées par la conscience catholique ; elles avaient pu séduire quelques esprits uniquement préoccupés d'un point de vue, ou dominés par l'esprit de système, et l'action de ces esprits devenait singulièrement périlleuse. L'Église devait parler; elle l'a fait avec une admirable précision et une souveraine modération. Nous osons espérer que tous les esprits de bonne foi sauront le reconnaître, et que les égarés qui cherchaient tout de bon la vérité

— aBa —

se soumettront sans letard et sans réserve. Les autres n'auront plus qu'à sortir de l'Église; c'est douloureux, mais il était teaips que l'équivoque cessât et que l'on ne put plus s'aflirmer catijolique en soutenant des thèses protestantes ou rationalistes. Éclairés et foriiliés par l'acte du Saint-Siège, les savants et les travailleurs cathuliques reprendront leur tâche scientitique et intellectuelle avec plus de confiance et de courage. Sur le but à atteindre, sur la voie à suivre, le doute n'est plus possible aujourd'hui.

Lettre de M. François Veuillot.

Monsieur.

Par suite de l'indisposition de Dom Chamard, notre collaborateur vient seulement de nous transmettre, avec sa réponse, la lettre que vous lui avez adressée le 3 juillet. Avant d'insérer ces deux documents, jd tiens à vous poser une question. Depuis votre lettre à Dom Ghamard, le décret du Saint-Olfice est venu trancher souverainement les questions sur lesquelles vous exposiez une opiuiou contraire à celle de Rome. Je débile savoir si vous persistez néanmoins dans les idées et les conclusions de votre lettre à Dom Ghamard. Gar si vous jugiez à propos, comme je le souhaite du fond du cœur, de renoncer à ces opinions ou tout au moins d'en taire l'expression, je me

reprocherais de leur avoir donné, après le Décret, la publicité du journal. Veuillez agréer, etc.

Paris, le 3 août 1907.

Extrait de l'article publié par Dom Chamard, dans r Univers du a5 et du 28 août 1907.

M. Loisy m'a écrit, le 3 juillet, une longue lettre de cinq pages, texte fin et serré, en réponse à mon article du 27 juin. Une indisposition a seule retardé ma réponse. Cette lettre pourtant doit être, ce me semble, publiée en entier 1. Elle montre en quel abîme d'impiété est tombé l'ancien professeur de l'Institut catholique de Paris, et combien est juste, opportun et salutaire, le décret Lamentabili que vient de promulguer notre saint et bien-aimé Père Pie X, par la voix du Saint-Oftice. . .

Le vrai catholique n'a point à chercher la vérité surtout dans les puints fondamentaux de sa foi. On ne chtrcha pas ce que l'on possède déjà. Or, le catho-

1. « Je mets pourtant de côté certaines expressions de critique trop personnelle qui sont étrangères au sujet en litige ». Note de D. Chamard. Les passages omis sont, à la fin du premier paragraphe : « Je suppose charitablement )), etc. {supr. p. I87j et, dans le corps de la lettre : « Notons encore une petite liberté de votre exégèse », etc. {supr, p. 193).

lique a été mis en possession de la vérité par son baptême. Il ne peut que développer les germes divins qui ont été infus en son âme.

Extrait d'un article publié par M. l'abbé Garnier, dans le Peuple français du 19 septembre 190;;.

On se demande si les modernistes sont seulement des naïfs, ou du moins si les meneurs auxquels ils obéissent n'ont pas agi sur des calculs très intéressés et très coupables. Je sais pour ma part que l'un de leurs principaux chefs, le malheureux abbé L., a souvent été encouragé et soutenu par des protestants et des juifs. Le protestant fameux, P. S., a dit plusieurs fois qu'il lui avait procuré des ressources en lui disant : « Surtout ne sortez jamais de l'Église catholique; car, dedans, vous nous rendez bien plus de services que vous ne pouvez le faire dehors. »

Je sais également que le juif S. D. R. avait demandé à ce même abbé de démolir dans ses écrits l'histoire de la flagellation de Jésus-Christ, et qu'il lui a répondu la lettre suivante : « Laissez-moi ne pas aller trop vite : je viens de démolir successivement le dogme de la Trinité, celui de la conception virginale de Marie, et celui de la résurrection de Jésus. Patientez, La passion aura son tour, et, dans la passion,

l'histoire de la flagellation sera traitée comme elle le mérite. »

Cette lettre a été lue par un de nos amis; et d'ailleurs, étant donné ce que nous savons de son auteur, elle n'a rien qui puisse nous étonner. Mais comme elle éclaire d'un jour sinistre les opérations des modernistes !

Extrait de l'article de M. Auguste Roussel, intitulé Épilogue, dans Y Univers du 3 octobre 1907.

Il est certain que M. Loisy ne nous a pas envoyé d'huissier. Il savait la chose inutile, n'ignorant pas qu'il s'adressait à des contradicteurs loyaux et qui comprennent ce que parler veut dire. . . Comment se fait-il qu'aujourd'hui il semble regretter cette publicité? Sans doute parce qu'il a senti, un peu tard, par la désastreuse impression qu'elles (ses lettres) ont produite, combien il eût mieux fait de se taire.

En tout cas, nous constatons que sa réclamation, sur un point de minime importance, est tout ce qu'il juge bon de répondre à la pressante et vigoureuse argumentation de Dom Ghamard.

Souhaitons qu'un peu plus de réflexion l'amène à faire, non pas une réclamation oiseuse, mais une rétractation sérieuse, qui serait pour tous, à commencer par lui, un précieux soulagement.

Extrait de la lettre de ]\Jgr Herscher, Évêque de Langres, datée du i8 janvier 1908.

Étant donné la grande part qu'au vu et au su de tout le monde, vous avez eue dans le mouvement d'idées qui, au cours de l'année dernière, a été successivement et solennellement réprouvé par le décret Lameatabili, par le motu proprio Praestantia et par TEncyclique Pascendi, le Saint-Père s'attendait à vous voir, un des premiers, élever la voix, après la publication de ces trois documents, pour condamner ce qu'ils condamnent, et pour adlîérer à ce qu'ils enseignent. Son espérance ne s'est pas réalisée. . .

Pour vous mettre à même de connaître bien exactement ce qu'attend et ce qu'exige de vous le Saint- Siège, je ne crois pas pouvoir mieux faire que de citer textuellement la lettre de S. È. le Cardinal Merry del Val : a M. l'abbé Loisy, dit-il, devra déclarer qu'il condamne sans aucune restriction toutes et chacune des propositions condamnées par le décret Lametitabili, confirmé par le motu proprio Praestantia, comme les condamne la Sainte Église, et qu'il condamne le modernisme comme l'a condamné le Saint-Père dans l'Encyclique Pascendi. . . Votre Grandeur lui défendra en outre de publier à l'avenir aucun écrit ou article semblable à ceux qui ont déjà été l'objet de la réprobation du Saint-Siège... Dieu veuille que M . Loisy corresponde à ce dernier appel

de la grâce, et qu'il pourvoie à son âme, afin que le Saint-Père ne soit pas obligé de prendre les mesures nécessaires pour enlever le scandale dont sa permanence dans l'Église est la cause. »

Extrait d'une ordonnance de Mgr Amette, Archevêque de Paris, en date du i4 février 1908, portant condamnation de plusieurs ouvrages.

Vu l'article de la constitution Apostolicae SedU qui trappe d'une excommunication spécialement réservée au Souverain Pontife « tous ceux qui sciemment et sans l'autorisation du Siège apostolique, lisent les livres des apostats et des hérétiques soutenant l'hérésie, et ceux qui détiennent ces livres, les impriment ou les défendent de quelque manière que ce soit ; . . .

Considérant que les ouvrages intitulés : Les Évangiles synoptiques, par Alfred Loisy, et : Simples réflexions sur le Décret du Saint-Office « Lamentabili sane exitu », et sur VEncyclique « Pascendi dominici gregis », par le même auteur, mis en vente à Paris, outre qu'ils défendent les doctrines réprouvées dans les deux documents pontificaux précités, de plus attaquent et nient plusieurs dogmes fondamentaux du christianisme, entre autres la divinité de Jésus- Christ, sa mission de rédempteur, l'origine divine et

l'autorité infaillible de l'Église, l'origine divine des sacrements;. . .

Nous déclarons condamnés les ouvrages de M. Alfred Loisy, intitulés : Les Évangiles synoptiques, et Simples réflexions, etc. ; défense est faite au clergé et aux fidèles de notre diocèse, sous peine non seulement de péché grave, mais d'excommunication spécialement réservée au Souverain Pontife, de les lire, de les détenir, de les imprimer ou d'en prendre la défense.

Extrait de la lettre de Mgr Herscher, datée du '21 féArier 1908.

Voici textuellement ce qu'il (le Saint-Père) m'a fait écrire avant hier, 19 février, par son Secrétaire d'État, S. É. le Cardinal Merry del Val : « Le Saint- Père, voulant faire preuve de la plus grande longanimité à l'égard de l'abbé Alfred Loisy, afin, si c'est possible, de sauver une âme, me charge de prier Votre Grandeur d'envoyer à M. Loisy une nouvelle et dernière admonition, formelle et péremptoire, dans le sens de la précédente. En môme temps, vous préviendrez M. Loisy explicitement que, s'il ne remet pas sa soumission entre les mains de Votre Grandeur dans le délai de dix jours, à compter depuis celui où il recevra votre avertissement, le Saint-Siège procédera sans autre avis à son excommunication nominative. »

aSg -

Décret d'excommunication prononcé par la S. Congrégation du Saint-Office.

Decretum Saerœ Romanœ et Universalis Inqiii-

sitionis

Sacerdotem Alfredum Loisy, in diœcesi Lingonensi in praesens commorantem, pluua et verbe docuisse et scripto in viilgus edidisse quse ipsarnet fidei christianee potissima fundamenta subvertunt, lam ubique compertum est. Spes tamen affulgebat eum, novitatls magis amore quam animi pravitate fortasse deceptum, recentibus in eiusmodi materia Sanctïe Sedis declal'ationibus et praes^criptionlbus se conrormatarum ; ideoque a gravioribus eanonicis sanctionibus liucusque temperatum fuit. Sed contra accidit : nam, spretis omnibus, non solum errores suos non eiu ravit, quin imo, et novis scriptis et datis ad Superiores litteris, eos pervicaciter conflrmare veritus non est. Quum plane igitur constet de eius post formales canonicas monitiones obfirmata contumacia, Suprema haec Sacrae Romanœ et Universalis Inquisitionis Congregatio, ne muneri suo deficiat, de expresso SS. mi Domini Nostri PII PP. X mandate, sententiam maioris excommunicationis in sacerdotem Alfredum Loisy nominatim ac personaliter pronunciat, eumque omnibus plecti pœnis publiée excommunicatorum, ac

proinde vUandum esse atque ab omnibus vitari debere, solemniter déclarât.

Datum Romae ex Aedibus S. Officii die 7 Martii 1908. L. fS.

Petrus Palombelli, s. R. et Univ. Inquisitionis Notarius.

Traduction française du décret.

Tout le monde sait que le prêtre Alfred Loisy, habitant actuellement dans le diocèse de Langres, a enseigné et publié plusieurs choses qui ruinent les fondements principaux de la foi chrétienne. Toutefois, on espérait encore que, peut-être trompé par l'amour de la nouveauté plus encore que par la mauvaise volonté, il se conformerait aux récentes déclarations et prescriptions du Saint-Siège en cette matière, et c'est pourquoi jusqu'ici on avait réservé les plus graves sanctions canoniques ; mais il est arrivé au contraire, qu'au mépris de tout, non seulement il n'a pas abjuré ses erreurs, mais qu'il les a confirmées avec obstination dans de nouveaux écrits et dans des lettres aux supérieurs. Gomme il est donc tout à fait manifeste qu'après les avertissements canoniques formels, il s'obstine dans ses erreurs, la Suprême Congrégation de l'Inquisition, pour ne pas manquera sa charge, et sur mandat exprès de Notre Saint-Père Pie X, a prononcé la sentence de l'excommunication majeure contre le prêtre Alfred Loisy, nommément et personneUement. Elle déclare solennellement qu'il est frappé de toutes les peines ei)-

— agi —

courues par ceux qui sont excommuniés publiquement et que, par suite, il est a éviter et qu'il doit être évité par tous.

Donné à Rome, au palais du Saint-Office, le 7 mars

Pierre Palombelli, S, R. U. I. N.

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