‹ Quelques maladies du sinus maxillaireChapitre 2 sur 9 · CONSIDÉRATIONS ANATOMIQUES · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS ANATOMIQUES

L’os maxillaire supérieur est d’une figure très-irrégulière ; il a des connexions avec tous les autres os qui font partie de la mâchoire supérieure , et avec une partie de ceux qui concourent à former le crâne ; il reçoit, inférieurement, dans son bord alvéolaire, toutes les dents d'un des côtés de la mâchoire supérieure ; il est composé de lamelles osseuses très-minces, excepté aux endroits où elles se réunissent pour former des angles. Sa partie creuse constitue ce que les anatomistes ont appelé sinus maxillaire , antre d’hvgmore (sinus sus-maxillaire, Cliaussier). Cette cavité existe à peine dans l'enfance ; elle s’agrandit à mesure qu’on avance en âge , et scs parois se dilatent, s’amincissent proportionnellement ; elle est moins irrégulière que le corps de l’os , et de forme pyrami-

dale ; correspond , en haut , à la base de l’orbite , renfermant le conduit sous-orbitaire qui laisse passer les nerfs et les vaisseaux du même nom ; en bas , au sommet des alvéoles des dents molaires , et surtout à celui des troisième et quatrième qui soulèvent celte paroi constituant le bas-fond du sinus , et que l’on a vue parfois être percée par elles ; en avant , à la fosse canine et au trou dentaire supérieur et antérieur qui forme une saillie assez prononcée en dedans. La face interne est en rapport avec diverses parties qu’il est important d’examiner ; savoir : la lame nasale du maxillaire, des portions du palatin en arrière et de l’eth’moïde en haut, et en bas le cornet inférieur. Toutes ces portions osseuses concourent à rétrécir singulièrement l’orifice du sinus , conjointement avec la membrane pituitaire qui va tapisser toute cette cavité ; au-devant de cette ouverture se trouve placée une gouttière qui sert à loger le canal nasal ; enfin , le sommet du sinus maxillaire est creusé dans l'apophyse nialaire , et n’est séparé de cet os que par une lame excessivement mince.

Des rameaux artériels , provenant des alvéolaires sous-orbitaire et sphéno - palatine , fournis par la maxillaire interne et quelques-uns de l’artère ethmoïdale postérieure ou moyenne , naissant de l’ophthalmique , vont porter la nutrition à la membrane du sinus maxillaire. La distribution des veines est absolument la même que celle des artères.

Le nerf dentaire antérieur fournit à cette membrane

fibro-muqueuse un filet qui va s’anastomoser dans son intérieur avec un des nerfs dentaires postérieurs, qui y pénètre par un orifice spécial. Quelquefois les rameaux qui vont se rendre aux racines des dents incisives canines et deux premières molaires rampent à nu sous la membrane du sinus , et lui fournissent quelques filaments très-ténus.

Physiologie. Le sinus maxillaire donne au corps de l’os plus de volume , sans ajouter à son poids. Sa membrane est destinée à sécréter une assez grande quantité de mucus , qui sert constamment à lubrifier l'intérieur des fosses nasales , dont le passage de l’air tend sans cesse à dessécher la muqueuse.

ÉTIOLOGIE.

Les coups, les chutes sur la joue, l’introduction d’un corps étranger dans le sinus maxillaire , sont des agents physiques provocateurs de presque toutes les maladies qui affectent cette région. Les vicissitudes atmosphériques , le passage subit d’une température chaude à un air frais quand le corps est en sueur , l’exposition prolongée à un courant d’air froid , l’habitation des lieux bas et humides , les émanations irritantes, l’usage du tabac à priser, etc. , etc. , sont autant de causes externes capables de les produire. Cependant des phénomènes morbides sont survenus dans certains cas où il a été impossible d’en apprécier la cause. Il est pourtant

vrai de dire que souvent ces parties ont été exposées à des agents d’irritation assez faibles sans doute pour ne pouvoir les distinguer sur le moment, mais que l’on a reconnus être plus tard la cause de ces développements anormaux.

Les fluxions de la joue , la carie des dents , les abcès des gencives , etc. , etc. , ont aussi hâté leur manifestation par contiguïté ou continuité de tissu.

D’autres fois ces maladies n’ont été que le symptôme d’une affection constitutionnelle : la syphilis , le scorbut.

L’âge , le sexe , le tempérament , la constitution et l’idiosyncrasie de l’individu soumis à l’influence des mêmes causes, modifient singulièrement les altérations diverses qui se forment dans le sinus maxillaire, et nous expliquent jusqu’à un certain point pourquoi elles se présentent avec des caractères et des formes si divers.

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