‹ Quelques Modifications Physiologiques Dans Le Décubitus LatéralChapitre 14 sur 24 · Garravarnin, loc, cit · texte numérisé non relu

Garravarnin, loc, cit

Séries successives, laissant tou juste le sujet se reposer une à deux minutes entre chaque mensuration. Cette même raison expliquerait comment le chiffre des tension n’est pas en général aussi fort dans le décubitus latéral gauche que dans le décubitus latéral droit, la tension étant prise d’abord dans le décubitus latéral droit, puis dans le décubitus latéral gauche. On constate en effet que le chiffre le plus fort de la pression artérielle pour un même individu se trouve presque toujours dans le décubitus latéral droit (1).

Il faut noter, comme cause susceptible d'élever la pression artérielle, au début d’un examen, l’émotion où l'excitation du sujet produite par la vue de l’appareil, excitation qui se calme par la suite, à mesure que le sujet constate que l’ application du brassard n’a rien de douloureux. D’après M. Gallavardin ce serait là une ‘des raisons de la diminution de la tension artérielle dans des mensurations successives (2). Il fait intervenir également, dans l'explication de ce phénomène, « les

réactions vaso-motrices périphériques importantes » ou

1. Mais ici, pourrait intervenir l'influence même du décubitus à gauche, influence que nous avons déjà signalée plus haut.

2, Nous devons à M. Paillard une remarque intéressante : l'émotion élève momentanément la pression artérielle, et le plus souvent, l’ascension est très rapide, la descente beaucoup plus lente : aussi, lors des mensurations successives, on n observe que la ligne de descente, dans la majorité des cas; mais si l'ascension a été moins rapide (et il en est quelquefois ainsi, spécialement chez les artérioscléreux), on peut, lors des mensurations répétées, observer successivement la ligne d’ascension

et la ligne de descente.

la modification de « l’état d’élasticité des parois artérielles » qui pourraient se produire sous l’influence de l'application du brassard.

De toutes ces constatations, il résulte que la pression artérielle peut varier sous une influence minime et qu'on ne saurait l’apprécier avec une seule mensuration sur un même sujet. Sous ce rapport, nous sommes complètement de l’avis de MM. Josué et Godlewski qui ont fortement insisté sur ce fait dans leur communication à la Société médicale des hôpitaux de Paris dans la séance du 15 novembre 1912. M. Gallavardin (1) avait déjà écrit en 1910. « La conclusion pratique à tirer de ces faits, c'est qu'il ne faut pas se contenter de faire une seule FRERE UrARON chez un malade, mais au moins 3 ou #4 que l’on a intérêt à espacer le plas possible en laissant! en place le brassard dégonflé : c’est le chiffre le plus faible que l’on adoptera de préférence. » ;

Peut-être nous objectera-t-on que c’est précisément cette inégalité de la tension artérielle, variant conti" nuellement pour une même individu, qui est la cause de l’écart enitreles pressions des deux radiales dans le décubitus latéral? Nous ne le crOoyOns pas : il est fort improbable, en effet, qu’à quelques secondes de différence la tension puisse varier, d’un bras à l’autre, de 2 centimètres de Hg., parfois 3 ou mème 4 centimètres de Hg., et cela, toujours dans le même sens. Il est donc certain que l’influence de la pesanteur doit intervenir dans l'explication de ces résultats.

qe GALLAVARDIN, loc. cit.

Est-ce à dire que nous éliminons complètement les autres influences capables de faire varier la tension artévielle ? Nallement, et c ‘est à elles que nous attribuons pour une grande part celte inégalité que nous avons si-

gnalée entre l’écart des 2 pressionsradiales, suivant que le sujet: est sur le décubitus latéral droit ou gauche, alors que la dénivellation étant la même, la différence de pres-

sion aurait dû se trouver égale dans les 2 cas : «ces modi-

fications, ainsi que l’a dit Potain (1), sont, pour une.

part, indépendantes du phénomène physique de la pesanteur en ce sens qu’elles se trouvent modifiées ou compensées et réglées par l'intervention de phénomènes vaso-moteurs... »

Cette étude aura eu d’ailleurs pour résultat d’insister | plus particulièrement sur une des cause de modifications de la pression artérielle et d'apporter un argument de plus à ces conclusions de Potain : qu’il faut mettre beaucoup de soin, « quand on étudie les modifications artérielles, de placer les sujets pour chacune des explorations successives dans une situation toujours sem- | blable.. Il suffit en effet de déplacer l’avant-bras de 13 ou 14 centimètres dans le sens vertical pour apporter dans le résultat de l’ exploration une différence de 1 centimètres de Hg. »

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