‹ Quelques Modifications Physiologiques Dans Le Décubitus LatéralChapitre 21 sur 24 · ALES · texte numérisé non relu

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exécutés rapidement pour écarter le plus possible, les erreurs provenant de la position verticale que prenaient: les individus pendant l’exploration radiologique. »

Or quel a été le résultat de ces examens ? le voici d’après leurs auteurs : « La différence entre les temps d’évacuation fut très frappante. Dans. le décubitus latéral: droit ce temps était en moyenne de trois heures àtrois! “heures et demie, dans le décubitus latéral gauche, de”

six à sept heures. Ces valeurs sont, bien entendu, des” Valeurs moyennes ; les valeurs limites dans le décubi- £ tus latéral droit, oscillent entre deux heures et demie et. quatre heures et demie, dans le décubitus latéral gauche. entre cinq et huit heures. Mais pour tous ces sujets il. y eut constamment une différence de rapidité d'évacua-

tion entre les deux positions, toujours au détriment du décubitus. gauche. » |

Et ils concluent que : « Chez l'individu sain le repas de bismuth est évacué plus rapidement dans le décubi- \ tus latéral droit que dans le décubitus latéral gauche, »

Il serait intéressant de reprendre au complet ces ex- | périences et il serait facile de le faire pour qui dispose de sujets hospitalisés et d'un service de radiologie.

Nous avons eu l’idée d'utiliser l'épreuve du salol pour l’étude de l’évacuation gastrique däns le décubitus latéral. On sait quel est le principe de cette mé- ! thode : le salol résiste aux acides, mais est saponifié par les alcalis qui le dédoublent en phénol et acide salicylique. Il résulte de cette propriété que le salol, administré par la voie buccale, doit traverser l'estomac sans y subir de décomposition et, par suite, sans y être :

* absorbé, à causé de son insolubilité. Au contraire, arrivé dans l'intestin, milieu alcalin, il est dédoublé en ses | générateurs ét y est absorbé à l'état d'acide salicylique __etde phénol. L'acide salicylique passant immédiatement

dans les urines sous forme d’acide salicylurique, peut

y être caractérisé par la coloration violette que lui com-

munique le perchlorure de fer. Cette réaction ne se

produisant que, lorsque le salol a quitté l'estomac, on a

là un moyen permettant de connaître lemoment-de l’évacuation gastrique. 1 Nous avons effectué cette recherche sur nous-même, après un repas ordinaire, que nous.avons pris soin cependant de faire toujours le même. Nous avons procédé de la manière suivante : ie cu Aussitôt après le repas nous nous couchions dans la position que nous voulions étudier au point de vue de l’évacuation gastrique. Une demi-heure après nous pre-

nions À gramme de salol et dès ce moment, nous exa-

minions nos urines de demi-heure en demi-heure (au-

tant que possible même plus fréquemment), au moyen du perchlorure de fer,en cherchant à obtenir la coloration violette (1) caractéristique. Pendant toute l'expé-

rience nous conservions la position primitive.

1. Les chiffres donnés n’ont qu’une valeur relative: il est probable qu’un observateur plus exercé, avec une technique plus délicate, aurait décelé les premières traces d'acide salicylurique avant que nous n’ayons obtenu cette coloration franchement violette. Maïs comme chaque fois nous avons procédé de ‘la même manière, les résultats sont absolument comparables entre

eux et c’est ce qui importe dans le cas présent.

Nous avons pratiqué cette épreuve trois fois, à deux ! jours d'intervalle chaque fois, afin de laisser au salol le temps de s’éliminer complètement avant l’épreuve suivante. En voici les résultats :

La première fois nous nous sommes couchés sur le côté gauche: la coloration violette n’est apparue nettement que quatre heures après l’ingestion du salol.

Dans une deuxième épreuve faite sur le décubitus la-

téral droit, cette coloration a paru deux heuresun quart

après. :

Enfin dans une troisième épreuve faite dans la position verticale, nous avons constaté la coloration caractéristique trois heures après l ingestion du salol.

Des recherches qui précèdent et des expériences faites par MM. Markovic et Perussia, nous sommes en droit de conclure qu'à l’état normal, l'évacuation gastrique est accélérée dans le décubitus latéral droit et retardée dans le décubitus latéral gauche. |

Il semble que ces résultats soient d’une interprétation facile, si l’on considère la situation et la configu-

ration de l’estomac normal dans la cavité abdominale. Dans la position verticale et à l'état de vacuité, la région déelive de l’estomac est constituée par le pylore ; mais à l’état de réplétion, l'estomac se laisse distendre et sa région déclive, où s'accumulent tous les aliments, est constituée par la partie médiane de l'estomac, c’est-àdire par la petite tubérosité et la région qui l’avoisine à gauche. Dans ce cas les contractions de l'organe n ‘ont qu’à élever les aliments qu’il renferme jusqu’au niveau

du pylore, qui les évacue dans l'intestin : et on se rend

‘contractions gastriques, le pylore redevient le point le - plus déclive.

compte, en effet, radioscopiquement, qu’au moment des

Examinons ce qui se passe dans le décubitus latéral droit : dans cette position le pylore constitue toujours

la région déclive de l'estomac, que ce dernier soit vide

ou rempli d’aliments.Ceux-ci exercent une pression sur le pylore, et, à l’action des contractions gastriques, s’ajoute l’action mécanique de la pesanteur. On comprend que, sous cette double influence, l'évacuation de l’estomac soit plus rapide que dans la position précédente.

Si nous étudions ce qui se passe dans le décubitus latéral gauche, nous voyons que c’est la partie dela grande tubérosité, qui est directement opposée au pylore, qui devient le point déclive de l’estomac. Le pylore reste toujours le point le plus haut de l’organe. Par suite l’action mécanique de la pesanteur s'exerce exactement en sens inverse de celle des contractions gastriques, qui doivent élever vers le pylore le contenu de l'estomac. On conçoit que, dans ces conditions, l'évacuation gastrique soit retardée par rapport à ce qu'elle est dans le décubitus latéral droit.

On comprend également que cette évacuation, dans le décubitus gauche,soit moins rapide que dans la situation verticale: dans ce dernier cas en effet l’action de

; ; LENS la pesanteur s’exerce perpendiculairement à l’axe pylo-

rique, au lieu que dans le décubitus latéral gauche elle

s’exerce parallèllement à cet axe, mais dans une direction tout opposée au sens de l'évacuation pylorique

et par suite plus défavorable pour l'action musculaire.

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Tandis qu’au moment des contractions gastriques, dans ê la position verticale, le pylore devient le point le plus déclive, il reste toujours le point le plus élévé de l'es- * tomac quand le sujet est couché sur le côté gauche.

C'est ainsi d’ailleurs que MM. Markovic et Perussia (4) avaient interprèté les résultats de leurs expériences : « Le fait que l’estomac se vide plus vite dans le décubitus latéral droit que dans le gauche, s'explique aisément par la structure anatomique de l’organe : les aliments dans cette attitude se rassemblent sur le pylore qui est le point le plus bas ; et dans le décubitus latéral gauche, ils s’accumulent dans le fond qui est alors le point le plus déclive comme on peut le voir par les rayons X. Par suite ils sont alors le plus éloignés du pylore qui est devenu le point élevé : l’estomac doit déployer une force musculaire notable pour opérer son ‘action évacuatrice. »

Ce qui se passe dans l'estomac normal, se passe éga-

1.Ces auteurs ont tiré de leurs recherches une méthode clinique très intéressante pour le diagnostic des cas d’hypermotilité gastrique ou d'insuffisance pylorique : ils recherchent le temps d'évacuation gastrique dans le décubitus latéral droit et dans le décubitus latéral gauche et voici ce qu'ls concluent, suivant l'écart qu’il peut y avoir dans les deux cas :

<« Une plus grande différence du temps d'évacuation te les deux positions latérales provenant surtout de l'évacuation rapide dans le décubitus latéral droit, indique une insuffisance du pylore. | « Une plus petite différence du temps d'évacuation entre les deux positions latérales provenant surtout de l'évacuation rapide dans le décubitus latéral gauche, indique une hypermotilité. »

lement dans l'estomac pathologique : on conçoit que l'évacuation stomacale, qu’une cause quelconque peut retarder dans la situation verticale, soit toujours favorisée par le décubitus latéral droit (sauf évidemment le cas de lésion organique dupylore, un cancer par exemple). C’est ce qu’avaient remarqué dès le début, les auteurs qui ont étudié l’action bienfaisante de cette position, et ils en donnaient précisément ces mèmes raisons que nous venons d'exposer :

« Dans cette attitude, écrivait M. Martinet (1), le. pylore est dirigé en bas et légèrement en arrière ; il est le point le plus déclive de l’estomac, quise trouve orienté comme un entonnoir, dont l’embout inférieur serait représenté par le canal pylorique ; dece fait, l’action mécanique dela pesanteur supplée au moins en partie à l’insuffisance motrice des parois stomacales ; elle rend en partie moins fâcheux le vice de situation ou de forme de l’estomac en rectifiant, en redressant la direction

de l'axe stomacal ; enfin le liquide pèse sur le pylore et, en cas de spasme, profite des périodes de dilatation ‘ intermittente. » :

Et M. le professeur agrégé Carnot (2), étudiant les conditions de l’évacuation gastrique dans les cas d’atonie de l'organe, expliquait que si « la contractilité des

parois est insuffisante, les aliments ou les boissons s’ac-

cumulent dans les parties déclives où ils stagnent plus

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