Quelques Mots Sur La Germination Du Delphinium Nudicaule
Je crois devoir communiquer à la Société un exemple curieux de germination, qui vient de m’être communiqué par mon savant confrère et ami M. Naudin, membre de l’Académie des sciences. Fixé depuis trois ou quatre années à Collioure (Pyrénées-Orientales), M. Naudin a institué, dansson jardin, de nombreuses expériences de physiologie végétale et de culture, pour lesquelles le climat de cette localité très-rnéridionale est particuliérement avantageux. Le dernière lettre que J’ai reçue de lui renfernie, entre autres faits intéressants, les détails de la germination et du premier développement de la lige chez le Delphimuni^nudicmle. Voici en quels termes ces détails sont [indiqués par lui ; « Les graines de ce Delphinium germent d’abord comme toutes les autres. Il en provient une plantule à lige grêle, haute au-de.ssus du solde deux ou trois centimètres, et que terminent deux cotylédons épanouis en feuilles séminales sessiles, ovales, aiguës au sommet. Vous vous attendez à voir une gemmule se développer au sommet de celte petite tige, entre les cotylédons, et donner ainsi naissance aux diverses parties aériennes de la plante ; mais il n’en est rien. Les choses restent en cet état pendant quelques jours ; après quoi l’on voit sortir de terre, vraisemblablement du collet de la plantule, une petite feuille trilobée, puis une seconde, puis une troisième, etc. C’est là le commencement de la tige qui est destinée à persister; la première, <|ui supportait les cotylédons, n’est que transitoire, et elle est de plus en plus déjetée de côté, comme si c’était une seule et simple feuille. Tous les individus de Delphinium nudicaule que j’ai vus germer se sont comportés de cette manière. J’ai donc lieu de croire que c’est l’un des caractères de cette espèce, et que ce caractère est constant et normal. »
La tige d’une plante phanérogame, à partir de l’extrémité de l’axe hypocotylé, résulte du développement de la gemmule. La gemmule se trouve donc située normalement entre les deux cotylédons (chez les Dicotylédons), embrassée par la base de l’une et l’autre de ces feuilles séminales, à l’extrémité supérieure de la ligclle plus ou moins accrue par la germination. Puisque, chez le Delphiniumjnudicaiile^ la tige ne prend pas naissance entre les deux cotylédons, mais beaucoup plus bas, un peu au-de.ssous du niveau du sol, on est conduit à penser que la gemmule se trouve chez cette plante à ce dernier niveau, fort au-dessous du limbe des cotylédons, et que, par conséquent, l’espèce de petite tige verte qui s’élève hors de terre n’est pas la tigelle ou l’axe hypocolyié, mais simplement une dépendance des coty lédons. Ceux-ci sont donc entièrement analogues à deux feuilles longuement péiiolées, avec cette particularité remarquable que leurs deux pétioles se sont entièrement soudés