SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE
l’un à l’autre pour constituer la fausse-tigelle qui soulève leurs deux limbes 1) 2 ou 3 centimètres au-dessus du sol.
Une dissection fort simple monlrerail si, comme tout autorise à le croire et comme on l’a vu déjà chez d’autres plantes, il en est réellement ainsi. N’ayant pas eu occasion de voir des germinations du Delphinium nudicaule^ je n’ai pu faire cette vérification directe. Je n’en suis pas moins arrivé, sous ce rapport, à une probabilité bien voisine de la certitude, en rapprochant ce fait de plusieurs autres analogues qui sont mieux connus. Voici en effet, entre autres exemples (1), ce que disait récemment M. W, Mitten, dans une note qui a paru dans le Gardeners' Chronicle du 1®’’ juillet 1871 (p. 836) et que je traduis en majeure partie : « Dans les pieds de semis du Dodecaiheon ^leadia, dit ce botaniste, je trouve que les cotylédons restent longtemps tout à fait étalés sans que le moindre indice d’un bourgeon (gemmule) se montre à leur aisselle ; mais, à la fin, un bourgeon se fait jour à travers une fente longitudinale de ce qui paraît être la lige, juste au-dessus du point où la radicule s’enfonce dans la terre. Dans ce cas..., la lige qui supporte les cotylédons ne peut être que l’union de leurs bases prolongées, dans laquelle la gemmule est immergée, de même que chez quelques Composées américaines qui étalent leurs cotylédons à la surface de la terre supportés par une apparence de tige qui est en réalité tubulée, et chez lesquelles la gemmule se trouve à un niveau inférieur à la surface du sol, de manière que c’est de là que partent les feuilles et la vraie tige. » L’analogie entre la germination do Dodecaiheon Meadia et celle du Delphinium nudicaule est assez marquée pour que l’explication des faits qui ont lieu chez la première de ces plantes doive être appliquée à ceux qu’offre la dernière.
M. E. Roze donne à la Société quelques détails sur les phases du développement de la fructification du Stemonitis ovata Fries,
(1) Des exemples de plantules dans lesquelles les cotylédons forment, à leur partie inférieure, une longue gaine tubulée, ressemblant extérieurement à une ligelle, ont été indiqués par Bernhardi {Linnæa, VII, p. 574), surtout par M. Thilo Irmisch. Le dernier de ces observateurs a donné à ce sujet des descriptions circonstanciées et plusieurs figures relativement à VAneuione corona7-ia et aux espèces voisines {Botan. lait. 1856, col. 17, pl. 1), à l’Erantfiis hiemalis (Botan. Zeit. 1860, p. 221, pl. VII), au Bantmculus millefoliatua (Bolani^eit. 1865, p. 29, pl. II), etc. Le premier des mémoires de M. Irmisch dont on vient de voir la citation a été traduit dans les Annales des sciences naturelles (4® série, 1856, pp. 274-298, pl. VII-IX). Dans ce même travail se trouvent encore d’autres indications réunies dans une note placée au bas de la première page et dont voici la traduction : « De semblables gaines cotylédonaires prolongées en tube existent chez le Delphinium triste et chez d'antres espèces de Delphinium.... J’ai déjà décrit en détail la formation de gaines du même genre chez le Chœrophyllum bulbosum, dans les Abhandl. d, naturf. Gessellsch. zu Halle, pour 1854. On observe, en outre, de semblables gaines dans les plantules d’autres Ombellifères, ainsi que dans celles de Doiecajheon, de Leonlice et de Dentaria. » D’un autre côté, M. Wichura (cité par M. Th. Irmisch) a mentionné l’existence de longues gaines cotylédonaires chez YAne~ mone narcissiflora. D’autres faits du même ordre ont été cités à des dates plus récentes.