‹ Quelques mots sur la sonate (évolution du genre)Chapitre 10 sur 36 · I. — : Le rythme : l'agogique · texte numérisé non relu

I. — : Le rythme : l'agogique

Le rythme musical qui est l'ordre et la proportion dans le temps a pour procédé expressif Yagogique. L'agogique modifie le rythme quant à son mouvement ; elle le précipite ou le ralentit, ou encore l'interrompt ; au moyen des modifications agogiques le rythme traduit les impressions relatives de calme et d'agitation.

Les différences agogiques sont notées par le compositeur, soit par des valeurs de notes différentes, soit par des indications de mouvement.

Un point très important pour la compréhension auditive d'une œuvre, c'est, au moment des changements de mouvements qui peuvent survenir dans

le courant du morceau, la compénétration dcsmouvements. Il faut que l'esprit de l'auditeur ne soit pas dérouté par l'arrivée du nouveau mouvement. C'est à Tinterprète à saisir le lien qui unit ces fragments et les fait se pénétrer mutuellement. C'est donc un rapport, un rythme à établir entre ces divers éléments.

Le fait de la modification des angles rythmiques, si l'on peut ainsi s'exprimer, est aussi de la plus extrême importance. Si ces angles s'accusent, le rythme devient plus violent, plus impérieux :

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devenant :

ou encore

prend un caractère de plus en plus accusé, impératif.

Au contraire, si les angles rythmiques s'amollissent ou se régularisent, l'action se calme :

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le caractère s'adoucit.

Silerythmese trouve entrecoupé par des silences,

ce sont ceux-ci qui deviennent expressifs. Ils traduisent 1'eflort que fait la musique pour se faire jour, ils montrent sa marche embarrassée, pénible, hésitante ou épuisée :

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Si le dessin musical est interrompu, par le silence, au lieu de se terminer normalement, ce dessin prend un sens suspensif, un caractère d'impuissance ou d'éloignement :

Si le dessin, au contraire, se finit par lui-même en se dégradant pour aboutir au silence, il prend de plus en plus de calme, d'apaisement, et le silence est son repos définitif:

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Sans qu'il soit nécessaire de multiplier davantage les exemples qui peuvent varier indéfiniment, on voit combien l'interprète doit être familiarisé avec la notation habituelle de l'époque, de l'auteur et de la forme de la pièce qu'il doit exécuter. C'est en déterminant les modifications accidentelles apportées à cette notation habituelle

qu'il percevra les particularités spécialisant le caractère de l'œuvre et par là pourra connaître et transmettre les intentions expressives de l'auteur.

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