‹ Quelques mots sur le délire tremblantChapitre 7 sur 8 · V. OBSERVATION · texte numérisé non relu

V. OBSERVATION

Le nommé N.. ‘.ouvrier menuisier âgé d’environ 38 à 4o ans, à la suite d’une orgie qui avait duré i5 jours , fut pris de douleurs trèsaigues dans la région épigastrique avec tremblemens des extrémités supérieures. Appelé , le 20 avril, à lui donner des soins, je le trouvais dans l’état suivant: face pâle et décomposée, yeux abattus, langue rouge et sèche, épigastre très-sensible au toucher , au point que le malade est obligé de se tenir courbé. La respiration se fait avec peine. Peau sèche et brûlante, soif ardente , déjection nulle , urines rares , tremblement des membres supérieurs tel, que le malade ne peut se porter à boire. ( Prescription ; 20 sangsues sur l’épigastre , boisson gommée, légèrement acidulée. Lav.’^ foment. émoll.)

Le 21 , les douleurs avaient un peu diminué.

Le 2 2, même état.

Le 23, les douleurs abdominales avaient pres^ que entièrement disparues, dans la nuit survint un peu de diarrhée. (Boisson gommée , lavem.*).

Le 34 au matin le malade délire, il s’agite, il parle, il semble se livrera ses travaux. La face est animée , la pupille est très-dilatée, le pouls et dur et fréquent ; ( i5 sangsues à l’épigastre, boisson gommée , lavement ).

Le. 35, persistance du délire. N.... est d’une

loquacité extraordinaire , il crache continuellement, et a les doigts constamment portés à la bouche , comme pour s’ôter quelque chose d’incommode.- Le pouls - n’a plus eette même fréquence.

Le 26,même étatjil veut sortir^il demande ses vêtemens; il croit qu'on le poursuit, qu!on veut le tuer, il sécoue ses couvertures. (Applicat. de deux vésicatoires aux jambes , plus une pot. antispasm. avec 15 gouttes de laudanum.)

Le 27, continuation des mêmes symptômes. Le pouls est dans son état naturel.

Voyant que la potion opiacée et les 'vésicatoires n’avaient apporté aucune amélioration, et- que les symptômes cérébraux me paraissaient simplement nerveux, je me décidai à lui faire prendre une plus forte dose d’opium. En conséquence , je lui ordonnai un demi gros de làudânum dans un lavement.

Le résultat que j’espérais fut nul, attendu que le lavement fut immédiatement rendu. J’insistai de nouveau et lui fit prendre en pilules une nouvelle quantité d’OpIum dont je surveillai avec attention l’effet; enfin, le 28 à 8 heures du soir, après avoir pris la huitième pilule, le malade s’endormit très profondément, il ne se reveilla que le lendemain matin, en s’extasiant sur le repos qu’il venait de goûter. Il c’avait aucune souvenance du passé !Le malade

se trouva dèslors de mieux en mieux, et il fut entièrement rétabU au bout de trois jours.

On voit par cette observation que, malgré que j’eusse employé les anti-pblogistiques, tels que les sangsues, les boissons émollientes, etc., le délire avait constamment persisté, et que même les vésicatoires appH((ués aux jambes , comme dérivatifs, n’avaient apj*orté aucune amé* lioration ; que la guérison ne s’est réellement effectuée que sous l’influence de la forte dose d’opium qu’il prit dans l’espace de douze heures.

On remarquera aussi que le malade n’a éprouvé aueun accident delà part de ce médicament; ainsi, je pense qu’on ne doit pas craindre d’administrer l'opium à forte dose dans le délire tremblant, en ayant soin cependant , d’en surveiller avec attention les effets.

Fin,

4racultr îif iUrtrecim îïe ittontîJfUirr

PROFE

MM

DUBRUEIL, Dotej».

BROUSSONNET , Hui,pléant.

LORDA.T.

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