‹ Quelques mots sur le délire tremblantChapitre 6 sur 8 · QUATRIEME OBSERVATION · texte numérisé non relu

QUATRIEME OBSERVATION

Recueillie dans le service de M. Chorvet, m/decin à l’hôpital.

Le nommé Peyrar , ouvrier gantier , sexagénaire, entre à Lhôpital le 2 mai. Observé le 3, il présente les symptômes suivons: pouls fébrile ^ crachats visqueux et rouilles, insomnie. ( Prescription : tisonne pectorale , looch kermetlsé ,

saignée de bras, emplâtre stibié sur la région stei’nale ).

Le 5 mai, troisième jour du traitement , les principaux accidens ont disparu,' il ne reste pbis que de la toux avec expectoration muqueuse. Le malade se plaint d’être très-faible et de ne pas dormir. Le 7 au matin , l’infirmier de garde fait le rapport que cet homme a couru dans la salle pendant toute la nuit, renversant les vases quHl a pu atteindre , 'découvrant les autres malades, criant, etc. Le nialâde interrogé, «ie tout, il est calme, répond juste aux questions qu’on lui adresse et ne délire point. Il se plaint d’une soif ardente. ( Prescription : limonade gommeuse, pédiluve sinapisé).

"Le 8 , les mômes accidens se renouvellent pendant la nuit. Les malades réclament l’éloignement de Peyrar qui trouble leur repos; il n’a aucun souvenir de ce qu’il a fait pendant la nuit,ilii’a pas de trembiemens musculaires, le délire n’est pas continuel , mais ses habitudes connues, l’insomnie absolue depuis son entrée à l’hôpital, font caractériser la maladie de délire des ivrognes. ( Prescription', pilules d’opium d’un grain chaque , une toutes les deux heures, jusqu’à ce que le sommeil survienne.) Le chirurgien de garde est chargé de surveiller les effets du médicament.

Huit pilules furent administrées dans la journée du 8, et à dix heures du soir le malade

dort d’un profond sommeil , et ne s’éveille que le lendemain matin.

Le 9, quatre grains furent donnés , dans l’esprès-midi, delà même manière que la veille, et produisirent l’effet désiré. Le malade dès-lors entra en convalescence, et sortit parfaitement guéri quelques jours après.

Remarque. Cette observation nous semble d’autant plus intéressante , que le délire à présenté une marche intermittente; marche peu ordinaire et dont les docteurs Brühl-Cramer et Dersbach, sont les seuls , à notre connaissance, qui aient fourni deux ou trois exemples bien circonstantiés. Il est à remarquer qu’à la même époque, la fièvre intermittente régnait , soit à l’hôpital, soit dans la ville. La sulfate de quinine aurait-il réussi dans ce cas aussi bien que l’opium? l’expérience seule pourrait répondre.

Cependant c’est douteux ; car dans les affections locales franchement intermitentes , telle que la péripneumonie intermittente, les saignées, les révulsificatanés , et autres agens thérapeutiques ont peu d’effets, et le kina réussi constamment, il en aurait dû être de même du délire de Peyrar , s’il avait dépendu d’une affection franchement intermittente. L’opium n’aurait pas s’uffît pour l’arrêter , mais je le répète l’expérience seule pourrait résoudre cette question.

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