‹ Quelques Mots Sur Le Développement Des Boutures Courtes De La VigneChapitre 2 sur 4 · SÉANCE DU 10 FÉVRIER 1865. J · texte numérisé non relu

SÉANCE DU 10 FÉVRIER 1865. J

la Vigne au moyen de boutures ordinaires, c’est-à-dire en plantant des sarments de l’année à l’extrémité inférieure desquels on laisse souvent tenir un fragment de bois plus âgé ; dans ce cas, ces boutures, qui ont, en moyenne, O m ,ZtO de longueur, constituent ce que les cultivateurs nomment des crossetles. Lorsqu’on les plante en plein champ, elles s’enracinent dans l’année, pour la plupart, et elles donnent des pieds dont le développemeut est d’ordinaire assez lent pendant la première et souvent même la seconde année.

Récemment, un vigneron du Doubs, HL Hudelot, a eu l’idée ingénieuse de raccourcir beaucoup les boutures destinées à multiplier la Vigne, en réduisant chacune d’elles à un petit fragment de sarment long seulement de 2 ou 3 centimètres, qui porte, vers le milieu de sa longueur, un bourgeon destiné à se développer en pousse. Son procédé, dont la mise en pratique exige diverses précautions que je n’ai pas à rappeler ici, a été nommé Procédé Hudelot, et aussi par une assimilation médiocrement heureuse de ces boutures avec des graines, semis d'yeux ou bourgeons.

On n’a pas tardé à faire observer que la multiplication de la Vigne, au moyen de petits morceaux de sarment ne portant chacun qu’un bourgeon, est un procédé connu depuis longtemps, et que c’est même le seul qui soit employé, en Angleterre, pour la production des pieds de Vigne que l’on cultive ensuite dans des serres afin d’en obtenir une récolte au bout de quinze ou seize mois; seulement les cultivateurs anglais donnent généralement à leurs petites boutures la forme, soit d’un demi-cylindre obtenu eu fendant en deux le morceau de sarment qui porte le bourgeon, soit, et plus ordinairement, celle d’une navette enlevée au moyen de deux entailles qui viennent se rencontrer en angle très-obtus sous le bourgeon, point où se trouve, par conséquent, la plus grande épaisseur du bois ainsi enlevé.

Diverses personnes ont fait des expériences en vue de reconnaître les avantages que peuvent offrir, les unes par rapport aux autres, les différentes sortes de boutures de Vigne dont il vient d’être question. Entre autres, M. Aug. Rivière, jardinier-chef au palais du Luxembourg, horticulteur aussi habile qu’instruit, a fait à cet égard des essais variés dont il a montré les résultats à la Société impériale et centrale d’Horticulture, dans la séance qui a eu lieu hier, 9 février. Il a bien voulu me remettre quelques-uns des échantillons qui mettent en évidence ces résultats, et je demande à la Société la permission d’en faire le sujet d’une courte communication.

Le premier fait qui ressort de l’examen comparatif des diverses boutures de Vigne que j’ai l’honneur de mettre sous les yeux de la Société, c’est que celles qui ont été réduites à un petit morceau de bois chargé d’un bourgeon ont émis des racines en bien moins de temps que celles qui consistent en plusieurs entre-nœuds de sarments, et qui, par conséquent, portent plusieurs bourgeons. Ainsi, toutes ayant été plantées également en serre, le 3 janvier dernier, les boutures longues n’ont pas encore, comme on le voit, le moindre

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