SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE
indice de racines au moment présent, tandis que les boutures •courtes en portent toutes un nombre plus ou moins considérable, dont la longueur atteint déjà jusqu’à 2 centimètres. Cependant les bourgeons ont commencé de se développer de part et d’autre; mais il me semble permis de penser que, dans les premières, leur développement a pu se faire, sans racines, grâce à l’humidité absorbée par imbibilion dans le sol et aux matières nutritives qui existaient en dépôt dans le sarment lui-même. Au contraire, dans les boutures courtes, le dépôt de matières nutritives étant fort peu considérable en raison des faibles dimensions du morceau de bois qui portait le bourgeon, il a fallu qu’une absorption plus énergique dans le sol, analogue à celle qu’effectuent les végétaux vivants, fournît à la nouvelle pousse les matériaux nécessaires pour son accroissement; aussi des racines se sont-elles formées pour opérer cette absorption. Je croirais donc que la faible végétation des bourgeons portés sur les boutures longues a été alimentée par la simple humidité d’imbibition qui a dissous les matières nutritives du bois, tandis que le développement plus énergique du bourgeon unique de chaque bouture courte est dû à l’absorption plus active par les jeunes racines de l’humidité de la terre, qui a fourni immédiatement à ce bourgeon toute la sève qu’exigeait son développe¬
ment.
boutur
exception, c’est que le développement de racines a eu lieu sur elles uniquement du côté où se trouve le bourgeon (le côté qui était resté en dessus, dans la plantation), sur le bois même du sarment et sur une bande étroite longitudinale allant directement de la base du bourgeon à la section inférieure de la bouture. Aucune racine n’est sortie ni sur les côtés ni en dessous du morceau de bois, ni au delà du point où se trouve le bourgeon. Ce résultat contredit de la mauière la plus formelle les assertions de diverses personnes qui ont fait sortir les racines nouvelles de la jeune pousse elle-même, et qui ont affirmé que le bois de la bouture n’intervenait en rien dans l’enracinement. Une autre circonstance qui ne doit pas être passée sous silence, c’est que, sur les boutures courtes, soit en demi-cylindre, soit en écusson ou navette, les racines sont nées sur ce petit morceau de bois à une distance notable du bourgeon lui-même, généralement à 1 centimètre 1/2 ou 2 centimètres; tandis que sur une dans laquelle on avait conservé entier le petit cylindre ligneux, ces racines se sont montrées en grand nombre, en deux séries rectiligues, symétriques et adjacentes, commençant au pjed même de la petite éminence que surmonte la petite pousse.
Est-il possible d’expliquer ce développement constant des racines sur le côté supérieur des boutures courtes et sur la ligne que j’appellerais volontiers, pour me faire mieux comprendre, la décurrence du bourgeon? Que la Société me permette de lui soumettre, à ce sujet, une hypothèse. Il me semble que le bourgeon, qui est le point essentiellement actif de chaque petite bon-