‹ Quelques Mots Sur Le Développement Des Boutures Courtes De La VigneChapitre 4 sur 4 · SÉANCE DU 10 FÉVRIER · texte numérisé non relu

SÉANCE DU 10 FÉVRIER

lure, agissant énergiquement comme un foyer d’appel, a dû déterminer la formation d’un courant de sève dirigé, par la voie la plus courte, de la section inférieure de cette bouture jusqu’à lui. Ce courant de sève a dû, par une conséquence naturelle, concentrer la vie sur la ligne qu’il parcourait, et dès lors il n’y a rien de surprenant à ce que les productions nouvelles, c’est-àdire les racines, se soient montrées sur cette même ligne. Quoi qu’il en soit de son interprétation et de la cause qui a pu l’amener, le fait n’en est pas moins curieux et digne d’être signalé.

M. E. Roze, après avoir rappelé en quelques mots les résultats de ses recherches sur les anthérozoïdes des Sphaignes, dont il a entretenu antérieurement la Société (i), soumet à M. le Président et aux membres présents à la séance des préparations microscopiques qui permettent de suivre les divers phénomènes que présentent les anthérozoïdes du Sphagnum cgmbifolium : notamment, le gonflement de la vésicule oblongue terminale et sa transformation graduelle en une sphère parfaite, entourée par la spire de l’anthérozoïde, puis, après l’addition de la solution iodée, la coloration violacée du granule contenu dans cette vésicule, ce qui lui semble contribuer à démontrer la nature amylacée de l’élément mâle des Cryptogames.

M. Brongniart demande à M. Roze s’il a observé des faits analogues dans d’autres Mousses.

M. Roze répond que chez celles qu’il a observées, les anthérozoïdes lui ont présenté une tout autre organisation, c’est-à-dire non plus un seul granule renfermé dans une vésicule enveloppante, mais plusieurs petits granules adhérant librement à une partie probablement visqueuse de la spire de l’anthérozoïde. Aussi les Sphaignes lui semblent-ils, sous ce rapport, se rapprocher plutôt des Hépatiques, dont les anthérozoïdes sont également munis d’une vésicuie douée de la propriété de se gonfler dans l’eau; seulement, au lieu d’un granule unique, cette vésicule en contient toujours 12-16 d’une extrême petitesse.

M. Chatin fait à la Société une communication sur la structure des anthères apicilaires (2).

M. Brongniart dit que la généralité des cas, et même l’exception

(!) Voyez le Bulletin, t. XI (Séances), p. 301.

(2) M. Chatin, continuant ses recherches sur ce sujet, désire attendre l’achèvemeiit de son travail avant d’en imprimer les résultats.

jOA SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE.

présentée par les anthères apicilaires des Éricinées et des Mélastomacées, semblent prouver l’importance du rôle que jouent les cellules fibreuses dans la déhiscence des anthères.

M. Chatin fait observer que dans les anthères des Lycopersicum , où la déhiscence s’opère de haut en bas, il n’existe point de cellules fibreuses. Il ajoute que chez les Cassia, dont la paroi anthérale est formée en grande partie de cellules scléreuses, la déhiscence apicilaire s’effectue par la faiblesse relative des cellules du sommet.

M. Gosson demande à M. Chatin s’il existe des cellules fibreuses dans les anthères des Composées.

M. Chatin répond affirmativement.

M. Bureau demande à M. Chatin s’il a examiné les anthères des Brehmia , de la famille des Loganiacées.

M. Chatin répond que dans les cellules fibreuses de ces anthères, le fil spiral se déroule au moment de la déhiscence ; il en résulte un lacis qui entoure toute la masse anthérale.

M. Bureau dit qu’il a observé, au contraire, que les filaments qu’on remarque sur les anthères au moment de leur déhiscence, sont constitués par la membrane de ces cellules allongée en tubes ; ce développement a lieu très-rapidement.

M. Brongniart rapproche l’observation de M. Bureau de celles qui ont été faites sur l’épisperme de plusieurs graines, dont les cellules se gonflent sous l’influence de l’humidité. Il cite notamment un travail de M. H. de Mohl sur les graines des Salvia.

M. Duchartre insiste sur l’action que les cellules fibreuses exercent sur les parois anthérales, quand celles-ci se relèvent lors de la déhiscence.

M. Brongniart dit que les valves anthérales ne se roulent point en dehors chez les Laurinées, et que chez ces plantes l’action des cellules fibreuses semble localisée dans la charnière autour de laquelle tourne la valve.

M. À. Gris demande à M. Chatin si l’on trouve dans l’épaisseur des valves anthérales des Mahonia les deux couches qui caractérisent normalement les parois des anthères.

M. Chatin répond que quelquefois on n’observe plus d’épiderme sur les anthères des Berbéridées au moment de leur déhiscence.

Il en est de même, ajoute-t-il, dans plusieurs Svnanthérées, et quelquefois aussi dans les deux Lathrœa.

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