‹ Quelques notes pour servir pendant la présente élection aux électeurs du comté de Bellechasse [microforme]Chapitre 17 sur 19 · D'après la connaissance que j'ai de cette partie du pays · texte numérisé non relu

D'après la connaissance que j'ai de cette partie du pays

je n'hésite pas à affirmer que si la ligne directe entre Québec et Edmundston et de là à Saint-Jean était construite, on pourrait, avec des machines d’égale force, y remorquer des charges doubles de celles que l’on pourrait remorquer sur la ligne Mattawamkeag.

6. [Il est évident qu'aussitôt que. le pont de Lachine sera terminé, il ne restera plus à Québec que le titre purement nominal du terminus du Pacifique canadien. Sansun pont sur le Saint-Laurent à Québec, le trafic du chemin de fer du Pacifique devra nécessairement, durant l'hiver, suivre la route qui le conduira le plus directement aux ports des Etats- Unis; de plus, la distance de Lachine au littoral Est des Etats-Unis est comparativement si courte, que le trafic, une fois habitué à cctte route, s’y rendra aussi bien en été qu’en hiver, et nos ports de mer sur l'Atlantique resteront déserts tant qu'ils n'auront pas été mis en communication directe avec les chemins de fer de l'Ouest, par la voie projetée.

7. La prospérité des différentes voies ferrées qui viennent aboutir à Québec dépend entièrement de l'avenir de celle-ci comme port de mer. Avec un pont à Québuc, la branche Lévis-Richemond du Grand-Tronc et le Québec-Central deviendraient les principales artères du trafics toujours croissant qui s'établierait entre la grande voie maritime du Saint-Laurent et les états de la Nouvelle Angleterre ; mais, tant que ces deux lignes n'auront pas accès aux docks et aux bassins du port de Québec, et tant que ce dernier sera désert comme il l’est aujourd'hui, elles ne seront jamais autre chose que des voies d'intérêt local.

8. L'existence de cette ligne de jonction enire le réseau de Québec et celui du Nouveau Brunswick contribuerait grandement à assurer la construction du pont de Québec. La direction générale que suivrait le tracé de la ligne projetée étant

celle des grands cours d’eau, iln’y aurait pas de travaux de terrassement coûteux à faire et les ouvrages d'art seraient, en général, de peu d'importance ; de plus, sur tout le parcours entre Ottawa et Saint Jean en passant par Québec et Edmundston, il n’y a qu’une seule ligne de faite (s4mmit) à traverser, tandis qu'il y en a six à franchir sur la ligne adoptée de Sherbrooke à Mattawamkeag.

9. La ligne projetée onvrirait à la colonisation une vaste étendue de terres fertiles richement boisées dans les comtés de Bellechasse, Montmagny, L’Islet et Kamouraska; et si elle était prolongée jusqu'a Moncton, comme tronçon du grand transcontinental canadien, elle ne pourrait manquer de donner naissance à plusieurs chemins ou embranchements qui favoriseraient l'exploitation des ressources agricoles et minérales de plusieurs milliers de milles carrés de terres fertiles dans les comtés de Témiscouata et Rimouski et au nord et à l’intérieur du Nouveau-Brunswick, terres qui sont inhabitées et complètement privées de moyens de communication.

10. Comme la ligne projetée passe à près de cent milles au sud de l’Intercolonial, à Métis, et à plus de cent milles au nord de la ligne de Sherbrooke et Mattawankeag, et qu'elle traverse un pays fertile et très riche en essences forestières et en minéraux économiques, il semble qu'elle doive recevoir l'approbation et l'appui de tous.

Dans le cas où vous désireriez obtenir de plus amples renseignements sur les distances et la topographie du pays traversé par la ligne projetée, je me permettrai de vous renvoyer aux plans, profils et rapports que j'ai déjà préparés sur ce sujet, à votre demande, documents qui sont déposés au département des chemins de fer et au bureau des Terres de la Couronne.

J'ai l'honneur d’être,

Monsieur, Votre très obéissant serviteur, (Signé) HENRY O'SULTIVAN, Arpenteur et ingénieur civil.

Inspecteur des arpentages de la province de Québec. Il est de l'intérêt de la ville de Québec, de celle de Lévis

et des comtés de la côte sud que cette exploration se fasse au plus tôt. |

C'est au gouvernement à agir maintenant et à faire mettre à exécution l’ordre de la Chambre à ce propos. D'ailleurs il a été mis en demeure par la lettre suivante : |

Québec, ce 17 août 1886.

A l’Honorable M. Ross, Premier ministre,

Monsieur le premier ministre,

J'ai l’honüeur d'attirer votre attention sur le fait que la Chambre a adopté unanimement le premier paragraphe du deuxième rapport du comité d'Agriculture et de Colonisation dans sa séance du 14 juin.

Je vous transmets sous ce pli les raisons qui militent en faveur de la lixne de chemin de fer projetée dans Bellechasse, l’Islet, etc., etc., et j'ai l'honneur vous de demander ’ ; ‘de vouloir bien donner les ordres pour faire commencer au plus tôt l'exploration recommandée par la chambre à ma ‘demande appuyée par M. Marcotte. | "27

M. O'Sullivan, arpenteur, est prêt à venir donner devant ‘le Conseil Exécutif toutes les explications que vous jugerez nécessaires. Ne

Veuillez M. le ministre, Agréer l'hommage de mon respect.

FAUCIER DE SAINT MAURICE

Itefus d’une belle position.

Le 28 août 1885, un grand nombre de députés avaient une entrevue avec M. le Premier Ministre. Il s'agissait de présenter la requête de messieurs les députés “demandant la ‘ e nomination de M. Faucher de Saint-Maurice au secrétariat de l’Instruction Publique.

Voici cette requête avec les signatures qui y sont apposées :

Aux Honvorables Membres du Conseil Exécutif de la province d Québe :

La mort lamentable de M. Oscar Dunn, ayant rendu nécessaire la nomination d'un Secrétaire du département de l'Ins- * À >

traction Publique, les soussignés recommandent avec instance. que M. Faucher de Saint-Maurice, actuellement membre de l'Assemblée Législative, soit appelé à remplir ce poste important: : En cela, ‘ils sont certains de rencontrer les vœux du public canadien qui verrait avec bonheur, un des hommes les plus distingués de notre monde littéraire remplir un office où il serait en état de nous faire honneur, tant au pays qu’à l'étranger. | Québec, 20 avril 1885. |

Signé : JS Wurtele, orateur À L Q,P E LeBlanc,M P P,P Grarneau, M P P, Chs Marcotte, M P P, Ant Casayant, MP P, Robert Trudel, M P P,E Saint-Hilaire, M P P, Dr V F Lavallée,

M P P, Dr Martel, M P P,J À Nantel, M P P, LN Asselin, MP P, Dr Martin, M P P, O Gauthier, M P P, T Marion, M P P,B Beauchamp, M P P, E Dorais, M P P, A Charlebois, | M P P, N Audet, M P P, Ed Caron, M P P, À Lapointe, M P P, T Richard, M P P, F Carbrav, M P P, L Leduc, M P P, T Picard, M P P, F Desaulniers, M P P, C Bergevin, M P P, L G Desjardins, M P P, U Duckett, M P P,E Poulin, MPP, William Sawyer, M P P,JTThornton, M P PF, W Owens, M P P, E G Spencer, M P P, W Poupore, M P P.

Voici ma réponse :

A MM. Nantel, Asselin, Leblanc, M. P. P.

Messieurs et chers collègues,

Vous posez ma candidature à la position laissée vacante par la mort de M. Oscar Dunn.

C'est un grand honneur que vous me faites.

Je n'ai pas sollicitée cette démarche de votre part, mais je vous en suis-tout de même reconnaissant.

Vous croyez demander au gouvernement cette situation ‘pour moi, sittiation rendue disponible par le départ d'un homme distingué que toute la Province de Québec regrotte. : 4 fi

Je vous en remercie.

J'ai hésité, je vous l'avoue.

Une position de #2400 bar année et pour la vie ne se trouve pas tous deg jours. : D'un autre côté ancien officier public, je sais tout le prix que. l'on attache à PAR otio méritée, et M. Paul de Oazes, beau-frère de "honorable M.

Mercier, a droit, comme états de service et comme ancienneté à être nommé à ce poste. Au milieu de ces hésitations des influences de famille m'ont entouré, m'ont pressé de me rendre à votre offre généreuse. J'ai même cédé un moment et j'ai fait acte de loyauté en écrivant au chef de l’opposition pour le prévenir que j'allais accepter, lorsque toutes réflexions faites, je me suis dit :

Elu par le comté de Bellechasse, je ne saurais quitter Bellechasse sans sa permission, et sans la permission de mon député au fédéral, le colonel Amyot, en ce moment en service de guerre, au Nord-Ouest. .

Mon mandat est de cinq ans. Ma parole, si je n’en suis pas délié par mes constituants est engagée vis-à-vis d'eux pour cinq ans, et je reste à mon poste.

Voilà ma réponse, messieurs,

Je suis pauvre, mais après tout l'énergie et le devoir sont la meilleurê des positions.

J'ai l'honneur d'être, Messieurs et chers collègues, Votre dévoué serviteur,

FAUCHER DE SAINT-MAURICE

ms

La vente du chemin de fer.

On nous a accusé en Chambre d’évoir vendu notre vote sur la question du chemin de fer du Nord. Voici quelle a été ma réponse :

Le dix-neuvième jour de novembre 1885.

Présent: L’honoräble À. B Routier, | : Commissaire Royal. .

Déposition de Narcisse Henri Edouard Faucher de Saint- Maurice, de la cité de Québec, journaliste et député de l’Assemblée législative pour Bellechasse, dans le district de Québec, âgé de 41 ans, lequel étant dûment assermenté sur les saints Evangiles, dépose et dit :

Je suis député de l’Assemblée législative de Québec, depuis le deux décembre mil huit cent quatre-vingt-un. J'étais en

Chambre lors de la vente du chemin de fer de la province: j'ai voté en faveur et motivé mon vote par un discours rapporté au Hansard-Desjardins.

Je n'ai pas changé d'opinion depuis, je crois encore queles chemins de fer sont exploités bien plus économiquement par les compagnies particulières que par les gouvernements.

Je n'ai aucune autre raison à donner que celles données dans mon discours.

Q. Il a été dit qu’un certain nombre de députés avait voté en faveur de la vente en considération d'avantages pécuniaires, de promesses, de places ou de faveurs, voulez-vous nous dire si vous connaissez quelque chose qui soit de nature à justifier une pareille accusation ?

R. Le vingt-huit avril mil huit cent quatre-vingt-deux, M. Stephens à proposé en Chambre, secondé par M. Gagnon : “ Qu'un comité spécial composé des Honorables MM. Beaubien et Irvine et de MM. Charlebois, Stephens et Thornton soit nommé pour s’enquérir et s'assurer qu’elles sommes d'argent d'argent ont été dépensées par L. A. Sénécal, lorsqu'il était au service de la Province de Québec, comme surintendant-général du chemin de fer Québec, Montréal, Ottawa et Occidental, dans le but de favoriser ou d'aider l'élection des membres de cette Chambre, et aussi dé s'enquérir si aucun des membres de cette Chambre a reçu aucune aide pécuniaire sous forme de prêt d’argent ou autrement, du dit Louis À. Sénécal pour les fins de leur élection comme membre de cette Chambre avec pouvoirs d'envoyer quérir personnes et papiers. ” C’est comme cela que j'ai connu l’accusation et je me rappelle que cette proposition souleva l'indignation de tous mes collègues. Nous eûmes une séance très-orageuse. Pour ma part j'ai protesté très énergiquement. La proposition de messieurs Stephens et Gagnon n'eut pas de suite.

Aujourd’hui que j'ai l’occasion d’y revenir, je déclare sous serment, et pour qu'il n’y ait plus d’ambiguité, je fais cette déclaration dans les termes mêmes de la motion de messieurs Stephens et Gagnon, que comme membre de l’Assemblée Législative, je n'ai reçu aucune aide pécuniaire sous forme de prêt d'argent, ou autrement, de Louis A. Sénécal, pour les fins de mon élection comme membre de la Chambre, et j'ajouterai de plus : le vote que j'ai donné sur le chemin de fer du Nord a été motivé: par l'intérêt public et je n'ai été guidé sur ce vote que par ma conscience. Pr autt

Page 1