DES PEINTRES- VERRIERS
Si l'on possédait les anciens registres de comptes des églises et des monastères, on y trouverait des renseignements précieux sur les artistes qui travaillèrent à décorer nos anciens monuments religieux (1); on saurait le nom de ceux qui firent ces belles verrières historiées dont il ne nous reste malheureusement que de trop rares débris; mais ces registres n'existent plus ; ils ont disparu avec tant d'autres documents qui seraient si utiles et si curieux à consulter. Il faut donc se borner à réunir les quelques mentions éparses va et là dans les titres qui ont échappé comme par miracle à la destruction.
En ce qui concerne les peintres-verriers , une difficulté vient s'ajouter à ce manque de renseignements : c'est qu'autrefois les vitriers , les fabricants de verre et les faiseurs de vitraux peints , étaient tous désignés sous la qualification générique de verriers (2) ; en sorte qu'on est fréquemment exposé à confondre les uns avec les autres. J'essaierai, toutefois, d'éviter ces erreurs en reproduisant seulement les notes qui seront parfaitement explicites et ne pourront donner lieu à aucune confusion.
Les plus anciennes de ces notes remontent à l'année i46D; elles sont tirées de l'un des comptes de Jean de Barbonne ,
(1) Od peut ciler toutefois , parmi ces artistes, un nommé RUYR, sans doute parent de l'auleur des Sainles Antiquités de la Vosge ; l'église du couvent des Bénédictins de Flavigny possédait plusieurs vitraux coloriés sortis de sa main, et portant, dil-ou, son nom.
(2) Le nom de verrières se donnait aussi indistinctement aux vitraux peints et aux simples fenêtres des appartements.
receveur général du duché de Bar, cl figurent dans un chapitre de dépense relatif à des ouvrages exécutés à cette époque au château de Bar. Elles m'ont été communiquées par M. Victor Ser>'ais , écrivain aussi érudit que modeste , qui s'occupe en ce moment de l'histoire de cette ville :
• Payé viij libvres à SYMOMX le peintre, pour xlviij pieds de verre mis en œuvre par luy tant en la chambre de la royne (de Sicile) que en celle de Mons. le Marquis (du Pont), à raison de ij gros le pied. Appert par tesmoignage de Mengin ThierrioD , clerc juré, rendu cy.
• xvj libvres iij sols iiij deniers payez... pour les causes qui sensuivcnt , c'est assavoir à Symonnin le pointre pour Ivj pieds de verrières par luy mises es fenestres uuefves de la chambre de parement... pour ce ix fr. iiij gros.
■ A luy pour xlvj pieds de verre blanc par luy rois es deux grandes fenestres de la nuefve salle oultre les deux escussons faiz en icelle des armes de feu mons'' le Cardinal et madame de S' Pol, au pris dessusdil, pour ce vij fr. viij gros.
> Pour lesdits deux escussons contenant xvij pieds à raison de vj gros le pied, valent viij fr. et demy.... »
Un nommé Jean , ■ verrier de Saint-Nicolas , » est aussi mentionné dans le compte dont je viens de donner des extraits; mais, comme rien n'indique qu'il s'agisse, dans la note qui le concerne, de vitraux peints, je m'abstiendrai de la reproduire.
On peut voir, par les notes qui précèdent , que les artistes n'y sont désignés que sous leur nom de baptême ; il en sera de même encore pour plusieurs de ceux dont je vais avoir à parler. C'est ainsi qu'en \ 480, le * verrier de l'hôtel » ou du Palais de Nancy, est simplement appelé JEAN , comme celui qui précède :
• A Jehan verrier demeurant à Nancey, pour iij* xij pieds de voire pour les verrières de tout le neuf ouvraige de la Court...
ti
— SS- CI pour la pointure faite par ledit verrier tant en la librairie comme en la chaspelle de Monseigneur et aussi pour la pointure faite en la verrière d'icelle chaspelle et on panonceau qu'est dessus la chambre de Monseigneur, xlix 1. xij s. ■ (Rcc. gén. de
D'autres notes font mention de sommes payées au même artiste pour la peinture d'écussons à mettre aux torches que le Duc faisait porter à la procession du Saint-Sacrement ; pour celle d'un « panon » aux armes du duc et de la duchesse, pour une des lucarnes du Palais. On le voit marquer d'une double croix les sacs renfermant les blés destinés au service de l'hôtel , peindre un fourneau en terre cuite placé dans l'appartement du prince, enfin , faire simplement le métier de vitrier {\).
Telles étaient les difîérentes occupations auxquelles se livraient la plupart des peintres-verriers ; mais je n'ai pas l'intention de rapporter ici les mentions relatives à ces divers
(1) Je reproduis quelques-unes de ces noies :
Il Payé à Jehan el Thouvenin , verriers de Nancey, pour xxxij escussons des armes de feue la comtesse pallatine , pour envoyer aux bonnes villes des pays.... xxxij gros.
I) A ung cirier de S' Nicolas pour avoir fait dessus ung cierge de cire que le Roy a offert à Mons' S' Nicolas, des chardons et autres feulles painctes et pour façon dudit cierge iiij fr. Et à Jehan ^ verrier, pour ung escusson aux armes de la Royne, qui a este altaichié audit cierge, ix gros. II (Rec. gén. de 1300-1501.)
Il  Jehan , verrier, pour xv piedz de neufves verrières qu'il a fait 'a la chambre de Monseigneur... ij fr. et demy.
Il  lui pour avoir point ung petit panon aux armes de Monseigneur el de ma dame dessus la lucarne de la garde robe... vj gros.
«I A lui pour avoir point de ses coieurs le fournci de la chambre de Monseigneur.... iiij gros. » (Cellerier de 1488-i9.)
il A la femme Jehan verrier pour Ixxj sacs des sacs de l'ostel ... qu'il a marchié (marqué) de la croys double pour les recongnoistrc.... iiij gros vij deniers. » (Cell. de l/»9î)-96.)
genres de travaux ; ce serais sans importance , et je crois devoir me borner à celles qui offrent quelque intérêt au point de vue de l'art et peuvent servir à l'histoire de la peinture sur verre dans notre pays.
Les comptes du Receveur général, pour 4481-4482, nous apprennent qu'un peintre-verrier de Nancy, nommé THOU- \'ENIN , fut chargé de refaire la rose placée derrière le maitre-autel de l'église des Cordeliers de Mirecouit :
• Payé à Thouvenin le verrier de Nancy, xlviij fr. viij gros pour avoir refait la grande verrière dessus le grand autel de l'église des frères Mineurs de Mirecourl , que feu Monseigneur le duc Nicolas avoit fait faire , laquelle fut toute derompue par la foudre et gresle qui cbeut audit lieu. »
Thouvenin eut un fils appelé HONORÉ (1), qualifié, tantôt seulement de peintre, tantôt de peintre et verrier. De 4502 à 4513, il fit beaucoup d'écussons pour les services funèbres de l'évèque de Strasbourg, du roi de Castille, du duc Alexandre (2) ; et , en 4548, on lui confia le soin de restaurer le vitrail voisin du mausolée de René II , aux Cordeliers de Nancy :
• Payé à Honnoré, painctre demeurant à Nancey, pour avoir
(1) u A Honoré, fils de Thouvenia le verrier, pour avoir remis k poincl certaines verrières en la porle S' Nicolas, ix gros, n (Ceil. de 1502-1503.) M
(2) u A Ilunooré , painire de Nancey, pour la faton de trois xij"" (douzaines] d'escussons aux armes de feu îlons*^ de Slrassbourg pour employer aux services fais par deçà pour ledit feu S^.. xviij s. « ^Rec. gén. de 150j;-1506,)
u Payé par le Receveur à Honoré , painctre à Nancey, la somme de vj fr. iij gros pour cent escussons aux armes de feu Monseigneur le duc Alexandre pour mettre ez églises du bailliayge d'Allemaignc et ailleurs où il a e»lé ordonné, à raison de xij deniers l'un, n (Rcc. géii. de ll>13-151i.i
radoubé certaines lueces en la verrière de la sépulture du feu roy auxfrerres, qu'cstoieut rompues.... vj gros.
• A FRANÇOIS, autre verrier dudit Nancey, pour avoir refait le visaige de la pourlraictc dudit feu S' en la verrière dessus dite.... iiij gros et demy. » (Cell. de 1518-1519.)
Une partie des vitraux de celte église des Cordeliers avait été faite par un artiste de Strasbourg :
« Payé par Monseigneur à M* PIERRE , verrier demeurant à Strasbourg, la somme de vj" florins d'or pour la paye des trois verrières que Monseigneur a ordonne faire en l'église des frères myneurs de Nancy, assavoir la grande sur le portai, celle derrière le grand autel et celle du revetiairc. » (Rec. gén. de 1486-1487.)
En 1509, Georges MILLERëAU travailla aussi dans la même église (2) :
« A Georges Millereau , verrier, xj florins d'or pour une verrière qu'il a faicte aux Pieds deschaulx de Nancy. » (Très. gén. de 1509-10.)
A la même époque, un nommé Nicolas GRAXIEN, Grassin ou Grasset, obtint l'emploi de verrier de l'hôtel , « après le trépas de Jean , » et fut chargé d'exécuter différents ouvrages de son art dans l'intérieur du Palais :
« A Nicolas le verrier, pour cinq piedz de verrière paincle qu'il a fait en l'escuyrie de Madame, à raison de vj gros le pied, montent à ij fr. et demy.
» A lui pour avoir fait les armes de madame en la chambre de son escuyrie, ij fr. » (Cell. de 1515-lol6.)
(2) Le Musée lorrain possède un grand vitrail , composé de difTcrenies parties, dont quelques-unes proviennent très-probablement des Cordcliers; on y remarque, notamment, le portrait de René II, dont le visage fut refait par le peintre François, et celui du duc Antoine.
• A x\icolas le verrier pour un grant V et deux petis avec une pièce de paincture quarée en l'oratoire aux l'reres (aux Cordeliers), xij gros,
• Pour deux V à la licliere de Madame, vj gros.
■ Pour un grant 0 (rond, rosace) et deux petits avec une pièce quarée de paincture, ij fr.
• Pour deux 0 en l'oratoire de Madame, vij gros.
» Item pour le cabinet de Monseigneur le duc, xv gros.
■ Pour quatre verrières neufves mises sur quatre châssis et en chacune verrière une pièce quarée de paincture, ij fr.
» Pour avoir radoubé les verrières de la lictiere de Monseigneur, X gros. » (Cell. de i^ùt)-Z7.)
« A ?>icolas , verrier, pour une verrière toute paincte selon ung patron faict par le consierge (le peintre Hugues de La Faye) pour servir à ung O au bout de la gallerie allant de la maison de Monseigneur jusques à l'oratoire de l'église des Frères, contenant xiij pieds et demy, à raison de viij gros le pied..., ix fr.
» Au même pour deux pièces de painctures à l'oratoire de Madame, xij gros.
■ Pour avoir mis deux ronds audit oratoire, vj gros.
• Payé par le cellericr (sans doute au même) , de l'ordonnance de Madanae, pour quatre pièces de verrières à ymaiges faites en l'oratoire de Madame et quelque rabillement fait aux verrières de son cabinet, viij fr. » (Cell. de 1557-1538.)
Vers le même temps, plusieurs peintres-verriers de Pontà-Mousson étaient gccujk's à décorer le palais que René II avait fait construire dans celle ville, sur le bord de la Moselle :
" A PIERROiX le verrier iiij 1. xvij s. vj d. pour la painture des planchettes des brisevents et pour les armes faictcs ez verrières de 1a chapelle de la maison de Monseigneur. ■ (Rec. de Pont-à-Mousson, de U9t)-li97.)
■ A Pierron , verrier, pour la painture des planchettes mises derrière les clcire voyes des brisevens, xij s. vj d.
• A luy pour les armes qu'il a fuicles ez verrières de la cha-
pelic, xlviij s. ■ (Registre de roiivrage du Palais du Pont, d« 14l)«à lî)04.)
Deux autres peintres-verriers , Jean PAGET et Jeajc CHRISTOPHE , travaillèrent aussi au château de Pont-à- Mousson :
« Payé xix fr. à Jean Paget pour Ixviij lozanges de voircs qu'il ait mis et applicqucz aux varricres de la maison de Monseigneur, et encore à rabiiler les panneaux de la voiriere de la chapelle. » (Comptes du Receveur de Pont-à-Mousson, pour 1533-1534.)
" A Jean Paiget, paintre demeurant au Pont, pour avoir paint et vernis en rouge fait en vermillon les molules de terres aux joinctures des clocques cheminées de la chambre neuve de la forte maison. •• (Id., pour 1534-1535.)
« A Jean Christophe, peintre et verrier, xxx gros pour avoir fait XX escussons armoyés aux armes de la Royne , Icsquelz ont esté plantés aux portalz des églises du Pont , auxquelles esglises on faisoit services ainsy qu'il est de coustume faire pour les princes et princesses décédez ou decedées.»(Id., pour 1558-1539.)
Dans les premières années du XVI® siècle , René H , voulant attirer près de lui des peintres-verriers capables de décorer dignement ses palais ou les églises qu'il faisait élever, jeta les yeux sur un artiste de Verdun , nommé Jean CLE- RENGUE, et, afin de l'engager à se fixer définitivement dans ses Etats , lui accorda divers privilèges et franchises , par les lettres patentes suivantes , datées du château de Loupy, le 20 juin 1507 :
« René, par la grâce de Dieu Roy de Jherusalem et de Sicile, duc de Lorraine et de Bar, etc.... Savoir faisons que pour la bonne relacion que faicte nous a esté de l'art et industrie de paintre et verrier estant en la personne de nostre bien amé Petit Jehan Clercngue, désirant le retyrer en nostre ville de Bar affin de nous en servir tant à l'entretenemcnt des verrières dé nostre
chaslcl (ludit Bar que autrement, l'avons pour ces causes affrancby et exempté et par ces présentes afTrancbissons et exemptons de touttes tailles , aydes , prières , subsides et touttes autres exactions quelzconques imposées et à imposer en nostre dite ville de Bar, réservé et excepté de l'imposition de douze deniers pour livre sy tant esloit qu'elle cust cours audit lieu , aussi de guect , garde et rétention de bonne ville , lequel Petit Jehan n'entendons qu'il soit aucunement tenu servir en armes à cause de ceste présente francbise, mais sera tenu scullement entretenir les verrières de nostre cbastel dudit Bar où il ne fauldra besongnier plus avant d'un jour. Et aflQn qu'il puisse miculx fournir à ce et s'entretenir audit Bar, luy avons donné et octroyé et par ces présentes donnons et octroyons de grâce especialc ung muid de bled froment sur la recepte de nostre celerier dudit Bar par chascun an par manière de pension jusques a nostre bon plaisir (l). »
Le 5 décembre 1509 , Philippe de Gueldres , veuve de René II , confirma la donation faite par ce prince à l'artiste verdunois :
« Phelippe par la grâce de Dieu royne de Jberusalem et de Sicile, duchesse de Lorraine et de Bar, etc.. L'umble supplication et requeste de Petit Jehan Clerengue , painctre et verrier, demeurant en nostre ville de Bar, avons receue contenant que feu de glorieuse mémoire nostre 1res chier seigneur et espoux le Ikty de Sicile..., luy avoit fait laisser sa demeure qu'il faisoit en la cité de Verdun et l'avoit fait retirer en ce lieu et l'afFrancby et exempté de touttes tailles, aydes, subsides et autres choses quelzconques réservé de l'imposition de douze deniers pour livre si elle avoit cours , et de guait , garde et retcncion de bonne ville s'il y estoit demorant sans estre subgect de servir en armes, mais à charge de entretenir et besongnier ez verrières de nos-
(l) Trésor des Chartes, layelle, Bar, Chambre des Comptes II , noSi.
trc chastel dtidit lieu où il y fauldroit bcsongnicr par iing jour, cl avec ce luy baillié pension d'un muid froment sur la recepte de nostrc celcricr dudit Bar jusques à son bon plaisir ainsi qu'il povoit plus amplement apparoir par ses lettres patentes , nous suppliant treshumblement luy vouloir icelles confirmer. Savoir faisons que pour le bon rapport que fait nous a esté dudit Jehan Clerengue, ayant regard h ce que dessus , désirant entretenir le bon vouloir de noslre dit feu seigneur et espoux, pour ces causes et autres raisonnables nous mouvans, avons ratiflié et confermc, ratilTions et confermons icelles lettres d'affranchissement et pension... selon leur forme et teneur jusques à nostredit bon plaisir et soubz les charges, conditions et modiffications y specifliées et déclarées... (4).>
Vers le milieu du XVP siècle , plusieurs peintres-verriers , parmi lesquels un ecclésiastique , furent occupés à restaurer es vitraux de l'église des Cordcliers de >^ancy ; les notes qui rappellent ces travaux, ont déjà été publiées (2), mais je crois néanmoins devoir les reproduire ici :
. A PIERRE DE FRANCHEVILLE , peintre et verrier, demeurant au faubourg S' Dizier (de Nancy), vingt frans pour parties de son mestier qu'il a fait et fourny es églises de S^ George et couvent des frères de Nancy. » (Très. gén. de 4543-1 34i.)
« A PETIT JEHAN DE SOISON, verrier demeurant à Toul , pour avoir rabillé et remis à point toutes les verrières estant en l'église des Cordeliers , rognez celles des chapelles d'en bas , ix»fr. . (Cell. de 1564-1 SG5.)
• A messirc JEAN, religieux du couvent de Luneville, curé de Mont , seize frans que luy sont este avancé sur son marché de refaire à neuf trois panneaux de la verrière au dessus de la sépulture du Roy de Sicille (René II).... xvj fr.
(1) Trésor des Chartes, laycUe Bar ville et bailliage II, n" 23.
(2) Cordeliers et chapelle ducale, par M. l'abbé Guillaume, el ma notice sur la Collégiale Sainl-Georges de Nancy.
» A MARTIN le verrier, pour avoir radoube les verrières de la forme sur ladite sépulture, remonté le tymbre et avoir faict ung rond à l'entour dudit timbre de littre de paincture, avoir remis plusieurs pièces de verre de couleur en ladite forme.... vj fr. .
. A maislre GUILLAU.ME DE LANGUES et PANTIIALEON D'OCHlEll (sans doute d'Ochey), verriers et painctres dcmeurans à Toul, deux cens quarante frans par convention de marché... fait par Jacques Beaufort, contrerolleur des fortifiications, avec lesdils M" Guillaume et Panlhaleon de rabillcr et racoustrer les formes de deux verrières d'en hault de ladite église vers et à l'cndroict de la neufve salle (la salle d'Honneur du Palais) sur leurs propres traictz , de les mectre en plomb neuf de sorte qu'on ne congnoistra qu'il y eut eu jamais rupture ni fraction , et rendre le tout assis et parfaict, et avec ce racoustrer la forme de derrière le grand aultel et tout ce qui seroit rompu aux autres verrières de ladite église en hault et fournir le tout à leurs frais et despens ce qu'il fauldra tant à la réfection desdites verrières que aultres choses. » (Cellerier de 1369-1570.)
A partir de cette cjioquc, on ne trouve plus, dans nos registres de comptes , aucun document relatif à des ouvrages faits par des peintres-verriers lorrains ; il est probable , toutefois, ainsi que l'a dit avec raison M. Meaume, que le célèbre Claide HEXRIET exécuta des travaux de cette nature , soit au Palais ducal, soit dans quelqu'une des églises de Nancy. Cet artiste, dont le nom doit trouver place ici , vint , comme on sait , s'établir dans la capitale de la Lorraine vers l'année 1586, et il est permis d'aflîrnier qu'il ne cessa pas d'y cultiver l'art qui lui avait valu une si grande réputation dans son pays natal (Chalons en Champagne) (i).
(1) On croit, dit M. Leooir {Musée des monuments franfais ,
D'autres arlistes que Claude Ilcnrict continuèrent, sans aucun doute, à cultiver la peinture sur verre, soit dans leur patrie, soit ailleurs, mais nous ne possédons point de renseignements à cet égard , et on ne peut indiquer ni les noms ni les œuvres de ces artistes , qui sont peut-être condamnés à rester toujours inconnus.
Il y en a un , toutefois , dont il est vaguement parlé dans une correspondance relative à des travaux à exécuter pour l'achèvement des vitraux de la cathédrale d'Auch.
Lorsque , vers la fin de l'aimée 1GÔ4 , Dominique de Vie prit possession du siège épiscopal de cette ville , un de ses premiers soins fut de songer à terminer les verrières de la maîtresse-nef de son église : en conséquence, des informations furent prises et des propositions adressées à différents peintres-verriers, vers la fin de 1GÔ9 et au conjmenccment de 1640. Parmi les mémoires qui furent envoyés de divers points au chapitre de la cathédrale , on remarque le suivant : « On nous a dict que le meilleur maistre apresteur est nommé Nicolas Ghanen Il y en a un autre nommé Nicolas LE
LORRAING qui travaille à S. Louis. Luy et Chanen ont entreprins cette besoigne. Il n'est pas maistre quoyque il travaille mieulx que les autres (1). »
t. Vf), que certaines vitres de l'église de Saint-EtieDoe-du-Mont sont de la main de Claude Ilcnriet.
Le même écrivain cite, comme ayant peint les vitres de la cathédrale de Metz, Valcnlin Bouch, né dans celle ville, où il mourut vers la fin de la première moitié du XVl" siècle. Un autre artiste , Ilei-viann de Munster, est aussi indiqué comme ayant travaillé dans celle église. /Histoire de la cathédrale de Metz, par M. Bcgin.)
(1) Agonie de la peinture sur verre, par M. l'abbé Canélo, article publié dans les Annales archéologiques, livraison de janvier et février
isyo.
Une des pièces insérées dans cet article , et intitulée : u Blemoyre ou devis pour la bcsonac d'Auli , m contient un passage qui n'est pas
11 ify a pas , je crois , trop de prétentions à regarder ce Nicolas le Lorrain comme né dans notre pays , et à le mettre au nombre de nos peintres-verriers. Ce ne fut pas lui, « quoiqu'il travaillât mieux que les autres , » qui fut chargé des travaux de la cathédrale d'Auch , par le motif , sans doute , quil ne put abandonner les ouvrages iju'il avait commencés à Saint-Louis; mais cette note prouve, du moins, que quelques ouvriers lorrains jouissaient encore , au XVII' siècle , d'une certaine réputation, et soulenaicnl dignement au dehors la renommée artistique de leur patrie (1).
sans iotérèt pour Phistoire indastriclle de notre pays : u On noas
a propozé aullre moyen de Irctter pour la qualité dudict vere parce que on nous dcmcndc da vere de Loreine el quy soit fel et fabriqué dans le dict pcii , ce qny ne se peut quand on en donneroit mille fois plus quy ne vaull , d'aullent que les ouvriers sen sont allez Ik causes des guerres quy sont dens le peis. Car tous les fourneaux sont abattus et sen sont allez en d'aullres endroicts où il font du vere aussy boa où il sont comme s'il estoit fcl en Loreine... n
(1) En parlant du vitrail qui se trouve au 3Iasée lorrain, j'ai commis une erreur que je m'empresse de rectifier : ce vitrail ne contient pa« les portraits des ducs Reoé U cl Antoine , mais seulement les armes de Lorraine el de iUir.
APPENDICX.
Afin de compléter ce qui concerne les peintres lorrains des XV*, XVI° et XVII* siècles , je crois devoir donner ici , d'après les noies qui se trouvent dans la Bibliothèque lorraine , dans VlIisToire de Nane\j, de l'abbé Lionnois , et dans les Catalogues publiés en 1850 par la Société de l'Union des Arts , la nomenclature des ouvrages exécutés par ces artistes.
Allemand (Georges).
Eglise Notre-Dame , à Paris. — Saint Pierre et sainl Jean guérissant un boiteux à la porte du temple.
Bar (Nicolas de) ou Nicolet.
Primatiale de Nancy. — Saint Sigisbcrt mettant la Lorraine sous la protection divine. (Ce tableau est au-dessus de l'autel de la chapelle qui touche à la sacristie.)
Eglise Saint-Nicolas-des-Lorrains , à Rome. — Saint Nicolas.
Bar (N.... de), surnommé Do Lys, fils du précédent.
Il fit beaucoup de tableaux pour les Tiercelins et les Orphelines de Nancy (1), les Bénédictins de Lay, les Prémontrés de Pont-à-Mousson, etc. On ne dit pas quels étaient les sujets de ces tableaux (2).
Cet artiste appartient au XVIII* siècle par ses travaux, car il ne vint de Rome à Nancy qu'en 1710.
(1)11 n'en existe plus aucun aujourd'hui dans l'église de ces religieuses.
(2) Le Musée lorrain possède un Christ , qui lui a élé donné par feu M. de Ilaldat, et qu'on aUribuc à cet artiste.
Bellange (Jacques).
Nolre-Darae de Nancy. — Assomption de la Vierge.
Minimes de Nancy. — Assomption de la Vierge.
(Ce tableau , l'un des plus précieux , sans contredit , que possèdent les églises de Nancy, se voit encore dans une des chapelles latérales de la Cathédrale. Il décorait autrefois réglise des Minimes , et Lionnois , qui l'a longuement décrit , l'appelle l'Assomption des Minimes ; il serait plus juste peutêtre de l'appeler : tableau de la Confrérie du Rosaire. Il y aurait aussi quelques doutes à élever sur l'attribution de cette toile à Bellange , si on la compare surtout au Saint François en extase^ qui se trouve dans la chapelle de l'hôpital militaire, et qu'on dit être du même artiste.)
Dans la même église des Minimes. — Un Christ. — La Mort de la sainte Vierge. — La Mort de Notre-Seigneur, en onze tableaux.
Bellange lit, pour le duc Charles III, les douze empereurs romains, qui étaient dans le château de M. le marquis de Granville, à Marainville. (Trois de ces Empereurs sont au château de M"* la comtesse de Butant, à Saulxures; M. Noël en possède également un , et un tableau représentant des oiseaux.)
Berxa.n (Louis de).
Pierre-Percée, paysage. (Cabinet de M. Noël.) Charles (Claude),
Né en \i)&\, mort en 1747, appartient au XVII* et au XVIIP siècles; il y avait de ses tableaux dans presque toutes les églises de Nancy.
Cordelicrs. — Les Noces de Cana, d'après Paul Véronèse. — Saint Antoine de Padoue. — Saint François.
Collège des Jésuites. — Les figures du plafond , du sancluiiire et de la nef , représentant les différents traits de la vie
de saint Ignace de Loyola (celle peinture en avait remplacé une autre , faite i>ar le niùnic artiste et par l'italien Barilly, représentant le temple de Jérusalem). — Saint Franrois Xavier administrant le baptême à des Indiens. (Ce tableau est dans la chapelle de l'hôpital Saint-Giarles de Nancy.) — Saint Franrois Uégis. — Saint Kisy.
Chapelle de la Congrégation des hommes. — Assomption de la Vierge.
Carmes. — Saint Joseph et sainte Thérèse. — Saint Jeande-la-Croix.
Chapelle des novices dans le couvent des Carmes. — Le plafond de cette chapelle , représentant TAssomplion et tous les attributs des litanies de la sainte Vierge.
Saint-Sébastien. — Notre-Dame-de-Pitié. (Ce tableau est aujourd'hui dans l'église Saint-Epvre.)
Refuge. — Tableau du maître-autel.
Noviciat des Jésuites. — Saint François-Xavier catéchisant des Indiens. (Ce tableau est dans l'église de la paroisse Saint- Nicolas de Nancy.)
Saint-Léopold (Bénédictins). — Nativité de Noire-Seigneur.
— Saint Benoit.
Dans le réfectoire de ce monastère , les tableaux suivants , qui avaient élé faits pour les Jésuites de Ponl-à-Mousson : la Cène; la Madelaine aux pieds de Jésus-Christ; Jésus dans le désert, servi par les anges ; Jésus instruisant la Samaritaine ; une Sainte Famille ; Jésus-Christ chez le Pharisien ; le Sauveur commandant à Pierre d'ouvrir le poisson.
Dames du Saint-Sacrement. — Saint Benoît.
Capucins. — Saint Fidèle. — Saint Joseph de Léonissa.
— Saint Séraphin de Monte Grenalo.
Primatiale. — Couronnement de saint Sigisbert. — Le même Saint et la reine , son épouse , servant à manger aux
pauvres. (Ces deux tableaux, qui ont été récenimenl restaurés, se voient encore dans le chœur de la Cutiicdrale. Dans la même église est un Sacré Cœur de Jésus, qui est dû , sans aucun doute , au pinceau de Claude Charles ; il y en a aussi un dans l'église de Saint-Sébastien.)
Dominicains. — Le tableau du fond du chœur.
Miniincs. — Saint Christophe et saint Louis.
Paroisse du faubourg Saint-Pierre. — La Nativité de Notre-Seif neur. — Un Christ.
Paroisse Saint-Vincent et Saint-Fiacre. — Saint Fiacre et saint Vincent. — L'Annonciation. — Saint Sébastien.
Eglise du village de Faulx. — Un grand crucifix. — Saint Pierre délivré de la prison par l'Ange.
Il y avait aussi des tableaux de Claude Charles chez les Jésuites de Pont-à-Mou*son , les Carmes de Metz , à l'hôtel Lunaty-Visconti , aux châteaux d'Aulnois, Frouard, Iloudemont; au réfectoire de l'abbaye de Senones, dans le vestibule de la bibliothèque de Moyenmoutier, à l'abbaye de Saint- Urbain, en Champagne; à celle de Haut-Villers(l),et à Reims. Cet artiste avait peint , conjointement avec Barilly, une salle et un escalier à l'hôlel de Lupcourt et fait une partie des peintures de l'ancienne salle de l'Opéra , à Nancy. Enlin , on trouvait de ses œuvres dans presque tous les cabinets des amateurs (2). Voici l'indication de celles qui y sont encore :
(1) Ces lableaiix dccorenl encore aujourd'litii l'église de l'ancienne abbaye de Haiit-Villers; ils représentenl : 1° sainl Pierre guérissant le paralytique; 2" saint Paul secouant la vipère dans le feu ; 3** saint Benoit en conférence avec sa sœur sainte Scholaslique ; i° saint NivarJ étudiant le plan du monastère qu'il fonda vers l'an O'iO. (Noie de M. Edouard de Hartbcleniy.)
(2) I>e Musée lorrain possède plusieurs tableaux faits par cet artiste ou qui lui sont aliribucs : £uée empurlaul sou père Ancbisc , uue Saiole-Famille, etc.
La Paix cl lu Justice sonl d'accord ; rAbondancc descend du ciel. Allégorie du règne de Léopold. (Cabinet de M. Noël.)
Saint Sigisbcrl servant les pauvres , esquisse du tableau place dans le chœur de la cathédrale. — Couronnement de saint Sigisbert. (A M. le curé de la Cathédrale.)
La Présentation de la sainte Vierge au Temple. (A M. de Vaudechamps.)
Le Repos de la Vierge dans la fuite en Egypte. (A M. l'abbé Delahaye.) «
Assomption. (A M. l'abbé Connard.)
Portrait de Charles père. — Portrait de l'auteur. (Cabinel de M. Noël.)
La Nativité. (Se trouve aujourd'hui dans l'église St.-Epvre.)
CuRisTOPUE (Joseph),
Néà Verdun en 1664.
Dames de la Congrégation de Verdun. — Le dôme de leur église, représentant l'histoire de la sainte Vierge.
Notre-Dame de Paris. — La Multiplication des pains.
Saint-Germain-des-Prés, — Saint Paul et saint Barnabe guérissant un boiteux.
Jésuites de Metz. — Abigaïl. — Le Jugement de Salomon.
Le Baptême du Dauphin , (ils de Louis XIV, qui a été exécuté en tapisserie aux Gôbelins.
Christophe (Claude) ,
Frère du précédent, né aussi à Verdun, en 1667.
Portrait de Charles III , fondateur de l'Université de Pontà-Mousson.
Portrait de Léopold.
Il donna à différentes maisons religieuses, notamment aux Dames du Saint-Sacrement de Nancy, un très-grand nombre de tableaux qu'on ne désigne pas.
Porlrail de Charles III , duc de Lorraine. (Cabiiiel de M. Noël.)
Constant (Rémond).
Eglise Saint-Epvre. — Saint Sébastien après son premier martyre.
Minimes. — Divers miracles de saint François de Paul.
Deux tableaux fort remarquables de cet artiste , signés par lui , se trouvent dans Téglise de la paroisse Saint-Nicolas (l) de Nancy et dans la chapelle de l'hôpital Saint-Charles (2) ; le premier représente nnc Sainle-Famille et saint François de Paule ; le second , saint Roch et saint Sébastien. Ce dernier, de même que le tableau de Rémond Constant ,.qui est au Musée lorrain , représente quelques monuments de Nancy, nolanuncnt les tours de la porte Notre-Dame.
Emblème de l'abdication de Charles IV, duc de Lorraine , en faveur de la sainte Vierge. (Cabinet de M. Noël.)
Crocq (Claude).
François I", duc de Lorraine et sa gouvernante. (Cabinet de feu M. Rolin.)
FtRON (Aimé-Joseph), d'Epinal.
Au château de Luuéville. — L'histoire d'AcIiille , dans la
(1) Ce tableau porte, à côté du nom de l'artiste, la date de iS17, «videmmeDl Taussc et ajoutée postérieurement.
(T) Dans la même chapelle est un bon tableau représentant saint Roch, saint Jean, saint Charles Borromée et Notre-Dame de Lorretle ; on ne peut lire le nom de l'artiste ; la date même est incomplète, et on ae distingue plus que les trois chiffres lti7. .
Le petite chapelle de l'hôpital Saint-Charles renferme aussi une Annonciation, de Girardet ; une Samariuiue ; et, CDfm, une Visitation, qui pourrait être attribuée à Claude Charles.
salle à manger. — Six Vertus, sur les portes de ranlichambre (lu grand cabinet. — Deux paysages, l'Enlèvement d'Europe, la Chasse de Diane. — Cinq paysages , deux tableaux d'oiseaux. — Pinceurs tableaux dans la chapelle.
Abraham dans le désert, pour le prince de Craon.
Furon n'appartient au XVII* siècle que par sa naissance ; il était né en 1687.
Gérard (Jean-Georges), d'Epinal.
Chartreuse de Bosserville. — Une Conception et plusieurs autres tableaux (1).
Herbel (Charles).
Congrégation des hommes. — Un Crucifiement.
Uerbel peignit les batailles de Charles V et fit les portraits des généraux qui avaient servi sous ce |)rince. Ses tableaux des conquêtes de Charles V furent exécutés en tapisseries.
Triomphe de Charles V. — Une Rencontre. (Cabinet de M. Noël.
Jacquard (Claude).
Il naquit sur la fin du XVII* siècle, mais il appartient au XVIII" par ses ouvrages ; je crois néanmoins devoir en donner la Uste :
Les Conquêtes de Charles V, tableaux faits en compagnie de Martin , peintre de Paris , et qui furent , comme ceux d'Herbel, exécutés en tapisseries (2).
La coupole de la Piimatiale de Nancy.
(1) J'ai dit, dans ma notice sur la Chartreuse , que ce tableau me semblait devoir être aUribué ii un nommé Jean Poirot, u maître peintre de la ville de Nancy, dont j'ai précédemmeul parlé (p. 7i). »
(2) Voir la uole (*), p. 78 cl 79.
Sept grands tableaux dans l'église de Saint-Dié.
Trois autres, dont un Saint Charles , à la chapelle du château de Lunéville.
Un Saint Charles à l'hôpital de ce nom , à Nancy. (Il y est encore à présent.)
Les portraits de Charles V et de Léopold, dans la salle des Princes, à la Cour Souveraine.
Celui de François III , dans la salle des assemblées , à rHôtel-dc-Villc.
Les portraits des princes de la branche de Lorraine-Armagnac, au château de Craon (Haroué).
Deux tableaux mouvants de Richard, horloger à Lunéville.
Les conquêtes de Charles V, dans l'hôtel de Craon , à Nancy.
Et d'autres tableaux dans des cabinets d'amateurs (1).
Ex voto 1706. — Conversion de saint Paul. — Une Sainte-Famille (1702). (Cabinet de M. Noël.)
Le Ciel, esquisse de la coupole de la cathédrale. (A M. fe curé de la cathédrale.)
Une bataille. (A M. Jules Gouy.)
La prise de Budes, par Charles V. (A M. d'Ubexy.)
Portrait de Barthélémy Guibal. (M""* V* Guibal.) Le Clerc (Jean).
Jésuites du collège de Nancy. — Saint Pierre. — Saint Paul. — Saint François-Xavier (1). — La Sainte Vierge. — Nativité de Jésus-Christ. — Sainte Pélagie. — La Madelaine. — Saint Ignace.
Congrégation des hommes. — Saint Jean-l'Evangélisle.
Saint-Sébastien. — Saint Sébastien (i).
Annonciades. — Un Crucilix.
Capucins. — Saint Félix.
(t) Le Musée lorrain possède une esquisse de .iuciiuarJ.
Dames du Saint-Sacrement. — L'Adoration dos Bergers. Minimes de Bon-Secours. — Deux tableaux représentant des anges.
Dames du Refuge. — Un tableau dans un des parloirs. Chez M. Barbe. — Saint Antoine de Padoue.
Legrand (François).
Eglise Saint-Epvre. — Saint Antoine , ermite , patron des arquebusiers de Nancy. (Ce tableau, fait en 1GG9, et réparé en 1711 par Dominique Coqlet, est aujourd'hui dans l'église des Cordeliers, au-dessus de la porte qui conduit à la sacristie.)
Dames de la Congrégation. — Saint Augustin et Saint
Joseph.
Du Perron.
Petites-Carmélites. — Un tableau peint par Du Perron et Guyon.
Eglise Saint-Léopold. — L'Adoration des Mages. — La Purification ou Jésus présenté au temple. — Jésus dans le désert , servi par les Anges (le paysage fiiit par Guyon). — La Résurrection de Notre-Seigneur. — La Descente du Saint-Esprit sur la sainte Vierge et sur les Apôtres. (Quatre de ces tableaux sont dans le chœur de l'église Saint-Sébastien.)
PoERSON (Charles), appelé Claude Perso7i par D. Calmct.
Eglise des Quinze- Vingt , à Paris. — Histoire de saint Louis.
(1) D. Calmel dit que Jean Le Clerc a peint Bermand dans ce tableau.
(1) C'est probablement ce tableau qu'on voit encore aujourd'hui aa- 'dcssus de Taule! ialéral , au côté gauche, de la paroisse Sainl-Sébaslicu. Je dois ajouter, toutefois , que M. l'abbé La Flize , qui en parle dans son histoire de celte église , dit qu'on lit au bas les initiale SU. IP. ne serait-ce pas IH (lohannes, Jean), L (Leclerc) P pinxit) ?
- lOi —
Eglise Notre-Dame de la même ville. — Première prétiicalion (le saint Pierre à Jérusalem. — Saint Paul dans l'île de Malte.
Poerson eut un fils qui fit, pour la même église (168;)) un tableau représentant Jésus-Christ prêchant sur la montagne.
Provençal (Joseph),
Né en 1079; n'appartient au XVIP siècle que par l'époque de sa naissance. Voici , néanmoins , la Uste de ses principaux ouvrages.
Saint Bruno, dans le cloître de la Chartreuse de Bosserville. (II est maintenant dans la chapelle du château de M™^ la comtesse de Rutant, à Saulxures, près Nancy.
Saint Léopold et sainte Uélène, dans l'église Saint-Léopold.
Le dôme de l'église des Carmélites du premier couvent , à Nancy.
L'église des Carmélites du second couvent , dans la même vUle.
Plusieurs morceaux d'architecture et de perspective , et autres tableaux , à Gondreville, pour M. le prince d'Elhœuf.
Une Cène dans le réfectoire de l'abbaye de Sainte-Marie , à Pont-à-Mousson.
Une autre Cène dans celui des Minimes de Bon-Secours.
Plusieurs salles , chambres , et les faces de la maison de campagne dite le Charmois, entre Vandœuvre et Nancy.
Plusieurs perspectives et morceaux d'architecture dans le chiUeau et les jardins de Lunévillc.
La voûte de l'église de Bon-Secours.
Les stations de la Belle-Croix et plusieurs perspectives à la Malgrange.
Deux perspectives , dans la grande galerie de l'abbaye de Senones.
Suzanne au bain. — Une Madelainc. (Cabinet de M. Noël.)
Renard (Nicolas), Né à Nancy en lGt>4, mort en 1720.
Charles V, duc de Lorraine. — Léopold, duc de Lorraine. — La femme de Charles V. — La femme de Léopold. (Cabinet de M. Noël.
Spierre (Claude).
Abel pleuré par Adam et Eve. — Le Massacre des Innocents. (Ces deux tableaux , que Spierre avait donnés à M. de Mahuet, son bienfaiteur, appartinrent ensuite à M. Dominique Anthoine, banquier à Nancy.)
Plusieurs tableaux du chœur dans l'église Saint-Nisier, à Lyon.
Suivant Baldinucci , François Spierre , frère de Claude , et qui fut l'un des plus grands graveurs du XVII* siècle, a aussi exécuté quelques tableaux.
La nomenclature que je viens de donner, si incomplète qu'elle soit, simplifiera beaucoup les recherches auxquelles on voudrait se livrer, et permettra peut-être de placer un nom au bas de quelques toiles dont on ne connaît pas les auteurs. Ce n'est, du reste, je le répète, qu'un aperçu sommaire, rédigé d'après des indications éparses dans différents ouvrages , et il serait vivement à désirer que quelqu'un se chargeât d'achever cette ébauche , dans le double intérêt de l'art et de l'histoire.
— î-asQa