‹ Quelques notes sur l'enseignement secondaire en Angleterre, en France, aux États-Unis, etc. [microforme]Chapitre 12 sur 21 · RS DE · texte numérisé non relu

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encore mes renseignements dans les règlements d'Oxford et de Cambridge, plus particulièrement dans ceux d'Oxford que je connais mieux.

Le grade de bachelier ès-arts (B. A.) décerné par Oxford est très étendu. Il couronne les études classiques Proprement dites (litterae humaniores), aussi bien que les études de sciences naturelles, de jurisprudence, de théologie, d'histoire, de mathématiques, de littérature anglaise et étrangère, de génie civil.

Des études spéciales ou plus avancées conduisent au grade de B. C. L. en droit, de B. Scs en sciences, de B. Litt. en littérature.

Les études en économie, art forestier, anthropologie, ophthalmologie sont attestées par des certificats.

Deux mots résument les devoirs extérieurs de l'étudiant : résidence et assistance. L'assistance, cela va sans dire. Quant à la résidence, cela ne va Pas Sans qu’on en dise un mot.” Par résidence, il faut entendre le séjour quotidien, de six heures du matin à m'nuit, durant les trois Quarts du terme au moins, en territoire universitaire, Celui-ci n'est pas limité aux murs des édifices ; il déborde sur la ville. Cambridge exerce son autorité administrative et judiciaire sur une étendue de deux milles et demi, rayonnant autour de la grande église Suainte- Marie. Oxford est moins encombrante ; elle ne couvre qu'un mille e: demi autour de Carfax.

Tout étudiant inscrit à Oxford, qui a suivi les cours durant trois années de quatre termes (1) l’une et qui a subi avec succès trois examens, est admis à faire valoir ses droits au grade de bachelier ès-arts. Les examens sont dénommés : 10 responsions, 20 premier examen public, 30 second examen public.

Des examens à peu près identiques, régis par des lois semblables, sont connus à Cambridge sous les noms de previous, genéral et special.

Tel est le statut organique, mais je connais peu de règles confirmées par autant d'exceptions. Tout à la suite de ce dé-

(1) Les désignations des termes à Oxford et à Cambridgn éveillent en eous la mémoire d’un passé lointain et nous renseignent sur les vicissitudes de ces vieilles institutions. Ainsi, il y a le Hilary ou Lent term qui commence à la Saint-Hilaire, le 14 janvier, et se termine avec le carême ; le terme de Noël, celui de la Trinité,

cret, inscrit à la première page des statutes d'Oxford, je lis une longue énumération d'exemp's. Cette lecture est instructive. Elle nous révèle l'estime s1 gulière et jalouse avec laquelle la vieille université continue d'entourer son curriulum. En même temps, elle nous fait toucher du doigt la considération qu’elle attache aux grades des autres universités.

Sont exemptés des responsions, entre autres : a) Le senior /oca/ d'Oxford ou de Cambridge qui a passé sur l'anglais, le latin, le grec, les mathématiques, le français

ou l'allemand, une branche des sciences naturelles ou l’histoire et la géographie ;

ë) Celui qui a passé le previous I et II de Cambridge, ou le higher local, ou le deuxième examen, dit intermédiaire, des universités de Birmingham, de Durham, de Leeds, de Liverpoul, de Londres, de Manchester, de Sheffield ;

c) Le senior-freshman de l’université de Dublin ; d) Les maîtres ès-arts des universités de l’Ecosse ; e) Les diplômés de quelques universités coloniales :

f) Les diplômés des collèges affiliés.

Les exempts du premier examen public sont :

a) Le candidat qui a présenté deux épreuves additionneiles à l'examen des responsions ;

b) Celui qui a mérité les honneurs du higher local ; c) Les bacheliers de l’université de Paris ;

d) Les diplômés des gymnases de l'Allemagne, de l’Autriche, de la Russie et de la Suisse.

L'arithmétique, l'algèbre ou la géométrie, les traductions grecques et latines forment les matières d'épreuve des responsions. Il faut y ajouter un livre, a book. Le book me paraît ê;re l'épreuve caractéristique des examens universitaires, la pierre de touche de la valeur du candidat, non pas que la matière en soit rare ou autrement difficile, mais sous ce titre se

cachent bien des embâûches. Le candidat, je suppose, choisit une pièce d'Euripide ou de Sophocle, ou les Annales de Tacite. Il aurait beau jeu s'il ne s'agissait que d'une traduction, car les auteurs inscritsau programme des examens — ou acceptés sur présentation — se trouvent dans la collection des classiques d'Oxford, et il n'aura pas manqué d'acheter la meilleure édition et la plus fidèle traduction. Mais l'examinateur tient en réserve tout un arsenal d'interrogations, écrites et orales, en marge et autour du texte. Il invitera insidieusement Je candidat à faire preuve de ses connaissances sur les particularités du style de l'auteur, sur l’histoire, la géographie descriptive et politique, les institutions, les mœurs qui ressortent du livre choisi ; même il n’hésitera pas à le lancer dans le domaine de la bibliographie.

Il est légitime de présumer que le deuxième examen, c'està-dire le frs public, l'emporte sur les responsions par des difficultés plus grandes et par un surcroît d’interrogations. Je vois, en effet, que le syllabus Propose trois livres au choix de l'élève — deux latins et un grec ou deux grecs et un latin — dont l'un renfermera une étude philosophique ou historique.

J'ai écrit plus haut que ce deuxième examen, de même que les responsions, souffre des exemptions et admet des équivalences. C'est la limite de la tolérance oxfordienne. Nulle mention de faveurs au bénéfice des aspirants au troisième examen : second public. Il est évident que la vénérable université se réserve le privilège exclusif d'estampiller ses bacheliers èsarts et de les revêtir de sa propre marque de fabrique. Ils sont bien siens et comme issus de ses entrailles, ceux qui s’honorent du grade B. A. (Oxon).

Il est sérieux à l'extrême ce second et dernier examen. Toutefois. il comporte un adoucissement : il peut être subi en plusieurs fois, par parties. Il sera complet lorsque le candidaaura terminé trois séries d'épreuves non plus devant les intert rogateurs ordinaires mais devant un jury spécial composé d'examinateurs publics. Cinq groupes d'épreuves lui sont offerts. Les épreuves de 1910 étaient reparties comme suit, quant aux sujets qui nous sont plus familiers :

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