L'ENSEIGNEMENT SECONDAIRE EN ALLEMAGNE
L'Allemagne possède trois types d'institutions pour l’enseignement secondaire : le Gymnasium, le Realgymnasium, \a Oberrealschule. Chaque institution donne un cours de neuf ans -— de 9 ans à 18 ans — et le diplôme qu'elle décerne confère tous les droits et privilèges universitaires. La théologie et la philosophie toutefois n’acceptent pas le diplôme de la Oberrealschule.
Dans le Gymnasium, l'élève étudie - uatre langues étrangères : 9 ans de latin, 6 ans de grec, 7 ins de français, 6 ans d'anglais. A l'exception du grec, qui est remplacé au début
de la classe untertertia, par les sciences, les mathèmatiques et l'anglais, les mêmes langues, avec la même durée, sont enseignées dans le Rea/gymnasium. La Oberrealschule se contente du français et de l'anglais.
En partant du bas de l'échelle, les classes sont désignées comme suit : sexta, quinta, quarta, deux tertia (untertertia et obertertia), deux secunda, deux prima.
11 découle des considérations précédentes que la France, l'Angleterre, les Etats-Unis, les provinces anglaises du Canada, auxquelles il faut joindre la partie anglaise de la province de Québec, suivent sensiblement un même programme d'enseignement classique. Partout on voit, à travers ia désignation différente des classes, un cours inférieur ou de premier degré et un cours supérieur ou universitaire. Le cours de premier degré comprend, à titre de matières fondamentales obligatoires, le latin, la littérature, les mathématiques etles sciences. Ces matières sont enseignées en des classes qui se correspondent de telle sorte que l'élève peut passer d'une éeole à une autre dans un même pays et même dans un autre pays sans se sentir étranger dans le milieu nouveau, sans piétiner sur place par l'obligation de reprendre une matière déjà étudiée. Cet agencement gradué des études se maintient dans les classes du cours supérieur et dans les cours professionnels. Partout l’éléve doit subir un examen public pour passer soit des classes de grammaire au cours secondaire de premier degré, soit de celui-ci au cours supérieur.
Est-il possible de faire une comparaison entre ces programmes étrangers et les programmes de nos académies, de nos collèges commerciaux, de nos collèges classiques ? Non, nos programmes sont incomparables. On pourrait comparer l'enseignement d'une matière déterminée : littérature, histoire, langue vivante, religion. On ne serait pas lent à se persuader que dans nos académies et dans nos collèges commerciaux d’une bonne tenue ces matières sont mieux apprises que dans les Æigh schools. Nulle part, par exemple, une langue seconde n’est cultivée au même degré que l'anglais dans nos maisons françaises. Mais il restera que le latin est enseigné quatre ans durant dans les institutions étrangères de même ordre, tandis qu'il est absent chez nous ; que les mathématiques et les sciences sont l’objet d’une attention pareille à l'étranger. La même réflexion s'impose relativement à notre programme de bacca-
lauréat. Il est incontestable que nos bacheliers reçoivent une culture intellectuelle aussi étendue que chez nos voisins ; que leurs humanités — /ifferae humaniores — sont plus développér: : qu'ils pue plus d'idées générales ; qu'en somme uw, . À. de Laval n'est inférieur à aucun autre bachelier canadien ou américain. Mais le bachelier de Laval ne reçoit le complément de ses humanités — mathématiques et sciences — que durant les deux dernières années de son cours, après six ans d'étude. Le bachelier des autres universités a tout commencé au uébut de son cours : chaque année ajoute un développement à ses études antérieures. Si nous voyons avec satisfaction nos bacheliers admis de plein pied dans les facultés professionnelles des diverses provinces du Dominion, nous ne sauric ns ignorer que les portes de ces mêmes facultés demeurent fermées à nos étudians de rhéthorique et de mathématiques et qu'elles s'ouvrent aux diplômés des High schools qui n'ont reçu que quatre ans d'enseignement secondaire.