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pour le construire. En eût-on trouvé de suffisants, le lit de la rivière Nicolet n'était pas assez profond pour le recevoir. Ces deux conditions eussent-elles été réalisables, le génie de l’homme n'osait pas encore aspirer à ces productions de l’art qui font aujourd'hui la gloire des Canadiens-Français. Force fut donc de se montrer plus modeste, et l’on eut tout simplement recours à un canot dont la vue réjouissait le cœur de n0s premiers colons, quand il apportait du pain, tout aussi bien que ces palais flottants du St. Laurent portent la joie dans l’âme des citadins, quand ils leur arrivent au printemps, pavoisés et chargés de fruits.
Quand le canot fut prêt à faire voile vers la cabane de Beauchène, il avait à son bord 200 livres de farine, 10 minots de patates, 80 livres de lard, 50 livres de bœuf, une meule de fromage, 25 livres de beurre, outre plusieurs effets tels que savon, chandelle etc... qui ont leur utilité dans la famille Nos deux nouveaux amis, après s'être fait des souhaits réciproques, se séparèrent en se criant d'aussi loin qu'ils purent s'entendre : Au revoir......…,Au revoir.
Cet acte de générosité qui fait hautement l'éloge de celui qui en est l’auteur, fit l'avenir de notre pionnier qui de retour chez lui, se mit à défricher sa terre et à l'améliorer chaque année. Avec ses revenus il se procura non seulement le nécessaire, mais il put encore faire des épargnes qui l'ont mis en lieu de vivre heureusement jusqu'à la fin de ses jours.
Mais hélas ! il ne peut y avoir de bonheur complet sur la terre! juste au moment où il allait jouir du fruit de ses travaux, Je Seigneur lui envoyait une de ces épreuves dont la religion seule peut adoucir l'amertume. La mort lui enlevait au milieu de l'été dernier, sa bonne et vertueuse épouse qui avait partagé avec lui, pendant près de cinquante ans, ses plaisirs et ses peines. En effet, voici ce qu'on lisait me PUNioN Des CANTONS DE L'Esr du 18 juillet