FLORIAN
Triste arrivée que celle d’un homme qui s'attendait de revenir de voyage avec amples provisions, et qui revoit sa maison, presque les mains vides. Beauchè-
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ne rapportait bien à la vérité, de quoi nourrir sa famille pendant quelques temps, mais il n'avait pas compensé ses pertes. tant s’en faut. Puis le temps de semer approchait, et pour semer il faut avoir du pain. Il se trouva donc encore une fois dans une position bien critique, toutefois 1l en sortit bientôt, par un de ces évènements que la Providence ménage assez souvent, pour la récompense de ceux qui ont mis en elle leur pleine et entière confiance.
À six milles de sa cabane, vivait presqu'ignoré de out le monde, un homme de courage et d'énergie dont le nom restera gravé dans le cœur de notre fondateur, et de plusieurs autres qui ont eu l’occasion d'apprécier ses qualités. Son nom est M. James Groodhue, père de James Goodhue, écuyer, actuellement établi dans Arthabaskaville, et bien connu dans les Cantons de l’Est, par les services importants qu'il a rendus et qu’il rend encore aux coions de $St.-Christophe et des environs. :
Or le père Goodhue, {8) comme on l’appelait alors, avait su, je ne sais comment, qu'il avait un voisin; Beauchène, de son côté, avait appris cette même nouvelle avec une joie d'autant plus grande qu’il se trouvait dans l’adversité, et qu'il espérait trouver un protecteur capable de le tirer du mauvais pas où il
(8) En 1853, je faisais la visite de ma paroisse, accompagné de messieurs les marguilliers de l’œuvre, lorsque rendu chez M. Jean Labri qui avait la terre de F.-X. Buteau, ecr, aujourd’hui, quelqu’un proposa de nous rendre chez M. Goodhue, père, pour Ini faire une visite. J’acceptai volontiers la proposition qui me souriait d’autaut plus que je connaissais de réputation Je vénérable vieillard, et que j'étais bien aise de faire sa connaissance d’une manière plus intime, Nous fûmes bien reçus, bien traités et bien fêtés. Après quelques instants de conversation, il retira d’un grand coffre qui respirait l’abondance, un billet de banque qu’il me présenta en siune de reconnaissance pour le plaisir que nous lui avions causé.
En laissant la maison de M. Labri, nous eutrâmes à cette époque en pleine forêt, Aujourd’hui nous voyons, à partir de là, uve chaîne d’habitation, qui n’a pas moins de dix-huit milles de longueur, et qui traverse deux paroisses, St-Paul de Chester et les Sts. Anges de Ham. La première possède un prêtre résidant, la seconde est encore à l’état de mission.
était tombé. Il est si doux d'épancher son cœur dans celui d’un ami qui pent nous faire du bien ! Il part done un bon matin, pour se rendre à travers la forêt chez son voisin, la hache au bras, et l'espérance dans l'âme. Après quelques heures de marche, il arriva, et quelle ne fut pas sa surprise de voir devant lui une terre en grande partie défrichée, des animaux en assez grand nombre, et surtout de recevoir l'accueil que se serait fait deux frères éloignés depuis longcemps lun de l’autre.
“# Bonjour mon brave, lui dit son hôte en l’abordant: il y a longtemps que je désirais voir quelqu'un prendre possession de ces beïles forêts que j'habite seul avec les bêtes sauvages, depuis plusieurs années. Je vous félicite de votre courage, et je vous souhaite persévérance dans vos résolutions. Nije juis vous ètre utile en quelque chose, je serai très heureux de le faire ” À merveille, se dit en lui-même notre pionnier, les choses vont à merveille ; C’est évidemment la Providence qui m'amène ici. Il disait vrai, car après plusieurs pourparlers sur sa famille, le lieu de sa naissance, les circonstances qui l'avaient eng'asé à laisser le fleuve, et ses dernières aventures, il ne tarda pas à se convaincre que les belles paroles qui venaient de lui être adressées, allaient recevoir leur accomplissement.
“ Je suis sensible à tout ce que vous venez de me raconter, répliqua l'hôte, et je bénis la Providence de m'avoir mis en état de vous secourir. Je vais vous donner des provisions pour vous et votre famille, à la seule condition que vous viendrez travailler pour moi dans le temps des foins, avec un de vos fils.” L'otfre était on ne peut plus généreuse, elle fut acceptée de suite et notre fondateur promit d’être à son poste au jour marqué.
Comme il n'était pas facile de tra ‘erser la forêt en voiture, il fut convenu qu'on chargerait un bâtiment pour transporter les vivres. Ce n'était pas à coup sûr le Québec de la compagnie Richelieu, il n’y avait pas encore assez de capitaux dans les Bois-Franes
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