LE SENTIMENT RELIGIEUX
Iis priaient, espéraient et attendaient avec confiance ; car ils savaient que le Dieu auquel ils parlaient, comptait leurs larmes et ne pouvait oublier leurs souffrances,
L’ABBÉ C, TRUDELLE,
Les quelques braves que j'ai nommés plus haut, et qui formêrent le noyau de la population de Saint- Christophe en 1835, ne devaient pas rester longtemps seuls dans la forêt. Dès l’année suivante, plusieurs familles étaient venues se grouper autour d'eux, et avaient apporté avec les mœævwurs et les usages de nos pères, leur sentiment religieux. C'était
un spectacle vraiment édifiant de les voir, après les durs et pénibles travaux de la semaine, se réunir pour prier le Seigneur de ne pas cesser de les bénir au milieu de leur exil.
Sur les bords de la petite rivière Nicolet, comme autrefois les Juifs sur les bords de l'Euphrate, que de fois 1ls tournaient leurs regards vers la paroisse natale, vers la vieille église où ils avaient été témoins de tant de belles et touchantes cérémonies. Au moins, se disaient-ils les uns aux autres, puisque toutes les consolations d'autrefois nous sont aujourd’hui refusées, chantons les cantiques que nos mèr« ; nous ont appris ; qui salt si un jour nous n'irons pas encore dans la maison du Seigneur! Ils ne s’attendaient pas, hélas! que leurs vœux seraient si vite exauvcés ! Aujourd’hui, St.-Calixte, St.-Eusèbe, St.-Norbert, St.-l'élix, St.-Valère et Ste-Victoire possèdent des temples ani ne déparerarent pas les paroisses que laissèrent, il y a 38 ans, nos hardis défricheurs. Espérons qu'avant longtemps, la paroisse de St- Christophe aura aussi son église en pierre, et qu’elle n’aura rien à envier sous ce rapport à sa fillle, sa voisine.
Pour les premiers quarts-d’heure, nos colons se contentaient de moins. N'ayant ni église, ni chapelle, ils convertissaient en oratoire, pour la solennité des fêtes et des dimanches, une maison dont le propriétaire était Charles Gosselin, d'heureuse mémoire. Il me semble encore le voir se promener de long en large, dans son habitation de vingt pieds
carrés sur huit de hauteur, et souhaiter la bienvenue d un ton magistral à tous ses voisins. Charles Gosselin savait lire et écrire, 11 avait même enseigné quelque temps, si je ne me trompe pas. Comme il étaic le plus instruit des environs, on l’avait établi président des assemblées religieuses, Aussi utilisait-il de son mieux sa science au profit des assistants, en faisant de pieuses lectures qu’il accompagnait quelques fois de commentaires assez spirituels. Après la récitation du chapelet qui était une partie intégrante des exercices du jour, chacun se retirait
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