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qu'il avait à la main. Malheureux, que fais-tu là! Jui crie Louis Garneau qui l'avait aperçu, ne vois-iu pas que cet animal nous est d’un prix incalculable, et qu'il faut le traiter avec ménagement. Je te défends de le corriger d'avantage.
Martin baisse, la tête et promit de s’amender. Ur Rouget, come s’il eut compris la semonce que venait de recevoir son conducteur, faisait encore des siennes, et François avait une rude démangeaison de le mettre à l’ordre, mais il ne voulait pas manquer à sa parole et surtout déplaire à son maître : toutefois pour £«& donner une petite consolation, il caressa avec sa tuque, les flancs de l’animal récalcitrant : Ah! fort bien, lui dit Garneau, qui le regardait faire : avec ta tuque, corrige-le quand il l’aura mérité, mais prends bien garde d’aller au-delà.
Rouget était la propriété de Louis Lavigne qui l’avait amené pour lui et ses compagnons, car dans ce bon vieux temps, tous les biens étaient communs: non que je veuille prêcher ici le communisme, mais alors la charité faisait la loi. On se passait donc Rouget, comme nos bonnes vieilles d'autrefois se passaient le levain pour la cuisson du pain de la famille, mais toujours à la condition qu’il serait bien traité, et qu’on le ramènerait le ventre plein: ce qui ne manquait jamais, car on avait soin de promener avec l'animal un boisseau de son, dent on le régalait quelques fois dans la journée, pour le dédommager de ses peines.
J'ai connu pendant plus de quatre ans notre plonnier, et je puis dire qu'il a conservé jusqu’à la fin, son aménité Ge caractere, qui le faisait aimer et rechercher de tout le moude. À toutes ses bonnes qualités, 1l joignait un grand fond de piété, qui faisait remplir exactement tous ses devoirs de vnrétien. J'ai pu eu juger pendant sa dernière maladie qui l’a cloué sur un lit de douleurs, pendant près de douze mois. Que de fois 1l m'a parlé des peines qu'il avait eu à endurer dans les Bois-Francs, mais qu'il avait offertes avec soin, en expiation des péchés de sa vie.
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La patience, au milieu de ses souffrances qui parfois étaient très aïwues, ne se relentit jamais. Enfin muni de tous les sacrements que l'église accorde à ses enfants, il rendit son âme à Dieu, le 25 avril 1856, regretté de tous ceux qui l’avaient connu dans les Cantons de l'Est et ailleurs, laissant une épouse 1necAsolable, un fils auquel il avait donné l'exemple d'un travail assidu, et pour preuve irrécusable une des plus belles terres du district d’Arthabaska, qui fait encore aujourd’hui l'éloge de son courage et de son énergie
Le 28 avril, après un service solennel zuquel assistait toute la paroisse, son corps fut déposé dans l’église de Saint-Christophe, où 1l repose encore.
Il est donc bien vrai Que dans l’homme ici-bas tout finit, et la mort Ou précoce, ou ‘tardive, est son funeste sort. Dans ce combat cruel, ce terrible passage, Où ia nature en vain signale son courage, C’est la Religion qui, promvte à le servir, Reçoit et ses adieux et son dernier soupir, Le place dans son sein, le couvre de ses ailes,