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demeuraient jamais inactifs tant à cause de la nécessité qui les commandait toujours, que des longues distances qu'ils avaient à parcourir pour se procurer les choses nécessaires à la vie. Avaient-ils besoin d'aller au moulin pour faire moudre du grain ou de vendre leur salin, il leur faMait se rendre au village de Danville, éloigné devingt-quatre milles de leurs habitations et presque toujours à travers le bois. Encore ieur arrivait-i] quelquefois de ne pas rapporter de farine faute d’approvisionnement chez les marchands. Un jour, me disait un colon, j'étais parti pour avoir du pain pour mes voisins et moi, et je ne pus rapporter que des fèves, 11 n’y avait pas, comme vous voyez, de quoi faire beaucoup de lard avec une pareille nourriture et les travaux pénibles du défrichement.
Ce ne fut qu'en 1839 qu’un nommé Jean Labonté vint établir dans les pointes de la rivière Nicolet un petit magasin et une perlasserie. Quelques mois plus tard Valère Lavigne construisit près de là un moulin à farine dont Eustache Baril fit l'acquisition. Et c’est à ce moulin que, pendant huit années consécutives, les habitants d’'Arthabaska et des environs vinrent porter leur grain, je dis porter parce que n'ayant ni chevaux ni voitures, ils l’apportaient sur leur dos On -n à vus, dit Eustache Baril, qui n’arrivalent qu'avec une partie de leur charge ; ils avaient été contraints par l'épuisement de laisser le reste au milieu du bois.
Jean Labonté ne demeura que très peu de temps à la tête de son établissement qu'il céda à James Groodhue que l’on peut considérer comme le premier qui ait eu dans St. Christophe, un magasin et une perlasserie sur un pied convenable. Je dois dire ici, à la louange de ce dernier, qu’il a rendu, par son énergie et son esprit d'entreprise, d’'éminents services à nos premiers colons au nombre desquels je n'hésite pas à le ranger. (luoique d’une croyance différente de la notre, M. Gtoodhue s’est toujours montré Canadien par le cœur, er l'ami du défricheur qui trouvait
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en lui däns le malheur un ami sincèrement dévoué. S'il s'agissait d’une entreprise avantageuse à ses compatriotes, 11 était le premier à la favoriser et jamais on ne l'a vu reculer devant les sacrifices, voire même sur le terrain religieux, j'aurai occasion de le prouver plus tard. Aussi ai-je toujours vu avec plaisir que l’on savait reconnaître l’homme au cœur généreux et compatissant.
M.'CLOVIS GAGNON ET LA CHAPELLE DES BRAS DE LA RIVIÈRE NICOLET. (1843).
Qu'ils sont aimés, Grand Dieu tes tabernacles, Qu'ils sont aimés et chéris de mon cœur :
Là tu te plais à rendre tes oracles,
La foi triomphe et l’amour est vainqueur.
Quelque soin que l’on apportât pour entourer de la décence et du respect convenable la célébration des saints mystères, une simple maisoï, dans laquelle il y avait déjà homme, femrne et enfants, ne répondait pas, tant s’en faut, aux désirs de nos premiers colons. D'ailleurs la population de Saint-Christophe s'était accrue tellement que la demeure de Valère Lavigne ne pouvait plus suffire pour recevoir les fidèles au temps de la mission M. Gagnon proposa donc de bâtir une chapelle où ils seraient plus à l'aise, et qui serait exclusivement la maison de Dieu.
Inutile de dire que cette. proposition fut accueillie avec joie, et la preuve c’est que l’on se mit de suite à l’œuvre pour réaliser les vœux du missionnaire, qui étaient aussi ceux de nos vaillants défricheurs. Une assemblée des contribuables qui étaient au nombre de 47 fut donc en conséquence convoquée, et l’on y résolut à l'unanimité : 10. Que la chapelle