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portées ; 11 n’y avait pour avoir du feu, que la pierre et le briquet; encore fallait-1l avoir fait ample provision de fondre. Sans plus de détours il faut dire de suite que M. Gagnon et son homme s° trouvèrent tout-à-coup sans lurnière, et qui plus st, sans moyen de s’en procurer, la forêt devant eux, la forêt derrière eux, la forêt de tout côté; le fanal s'était éteint.
J'ai toujours entendu dire que la nécessité est la mère de l'invention, c'est ici l’occasion d'appliquer justement ce provïbe. Le soleil n'était pas encore à l'horizon que le prêtre était rendu sain et sauf chez le malade avec son compagnon. Comment avaientils pu se rendre ? Je vous le donne à deviner; comnent avalent-ils pu suivre la trace des passants qui se rendent de Stanfold à FRE Je vous le donne en dix, je vous le donne en vingt. je vous le donne en “cent. Qu'auriez-rous fait à leur place ? vous asseoir tristement; mais c'était une nuit de novembre, et le froid humide est plus pénétrant que le froid sec ; aller çà et là, mais vous vous fussiez écartés bien vite. Il fallait marcher et marcher droit vers les habitations. Vous ne l'avez pas encore trouvéet vous ne le trouverez peut-être que lorsque le besoin vous aura contraint de vous mettre à l’œuvre. En attendant, je vais vous le aire pour vous épargner le triste soit de mourir en plein bois, tué par le découragement, le froid ou la misère.
Ni vous avez jamais suivi dans la forêt des petits sentiers sréquentés, Vous avez pu vous convaincre que les inégalités du sol ont été beaucoup diminuées par le contact souvent répété des voyageurs. (C’est tellement le cas que vous pouvez facilement trouver avec la main la trace de leurs pes. Tout simplement le guide de M. Gagnon mit de côté bottes et chaussous, et au lien de se servir de ses mains, ce qui eut trop ralenti la marche, il se servit de ses pieds pour arriver au terme du voyage Ce n'était pas le moyen le plus expéditif de franchir les distances, mais c’é-
tait le moyen de «te tirer d'embarras, et surtout de ne pas s’exposer à périr de froid.
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Le voyage était fini mais les épreuves du missionnaire ne l’étaient pas. À peine avait-il administré les derniers sacrements au malade des pointes, qu’on venait le chercher pour aller rendre l: même service à une femme de Somerset. Force lui fut donc de prendre de nouveau, sans désemparer, la route de la forêt ; et ce fut dans de semblables courses presque continuelles que se passa le temps des missions de M. Gagnon, dans les Bois-Francs.
Il ne faut pourtant pas le plaindre outre mesure car la Providence qui le destinait à fonder des paroisses, l’avait doué d’une force musculaire plus qu'ordinaire. On l’a vu se mesurer avec les plus grands marchenrs des cantons, et les forcer à lui demander quartier plus d'une fois sur la route. Maintenant, vous allez croire qu’aprè: tant de fatigues, le digne prêtre est tout perclus de ses membres. Je le croyais aussi et je le croirais encore si lui-même ne m’eut assuré le contraire, dans une visite qu’il me fit 1] y a quelques années. “Te suis bien portant, me dit-il, et ne sens aucune douleur.”
Pendant les deux premières années qu'il a passées dans les Bois-Francs, il venait donner la mission tous les trois mois, dans les pointes, chez Vt£lère Lavigne, comme on l’a vu. C’est pendant ce temps qu'il baptisait, marlait et cathéchisait. On se rappelle encore que c’est lui qui a marié François Martin, le célèbre fumeur dont j'ai parlé et Jean Gagnon. A Propos du dernier je me rappelle une anecdote qu'on m'a racontée, et qui prouvera qu'on avait à cette époque ces mœurs pures de nos ancêtres, qui ne s'occupaient jamais du qu'en dira-t-on, quand ils étaient au porte du devoir ou de l'honneur.
Jean (Gagnon était un brave jeune homme, mais qui n’avait pas de fortune dans les mains, les Crésus étaient rares comme ils le sont encore, cependant il almait à faire les chos2s bien quoique sans luxe et sans ostentation. Or il arriva que le jour du mariage il s’aperçut qu'il n'avait pas des culottes convenables. Elles étaient trouées dans l'endroit le plus
apparent ; et se rendre à la chapelle les genoux à l'air le jour de ses noces, ça ne pouvait pas faire. On assembla donc la famille pour se prononcer sur la question. La bonne mère qui iisait partie du conseil, trouva le moyen d’arrauger l'affaire sans trop compromettre la future épouse. Eile racceurcit teat simplement le vêtement par le bas, et lui fit la restitution à l'endroit qui avait souffert du temps et de la misère. le cette sorte notre fiincé put se rendre sans encombre à la noce, cyant mis ce jour-là pour être plus acile, pantalon court et souiier plat.
Du reste les choses allèrent à raerveille. On réunit tous les colons et l’on s’amusa très bien. Dans ce temps là, :xe disait-on tout dernièrement, on vivait comme des frères, il n'y avait jamais de procès, et chacun tâchait de s’aider au besoin. Heureux teraps, qu'êtes vous débaanat ah! revenez encore nous faire jouir de la paix qui fait la moitié de la vie dans ce séjour de larmes où nous languissons loin de la patrie!!!
M. Gagnon voyait ave: un plaisir indicible le règne de cette union dans la petite colonie naissante, et il ne cessait de lui répéter de l’entretenir et de la conserver par tous les moyens possibles. Ce fut à la suite d’une de ces instructions d’un père à ses enfants qu'il aime, qu'il fit une proposition qui porta la joie dans tous les cœurs. L'homme de Dien n'avait encore remarqué aucune cioix parmi les habitations, et il eut voulu arborer au milieu d'elles, cet étendard du salut qui, en les ombrageant, les protégerait. Na pensée fut comprise et en bien peu de temps réalisée. On se mit de suite à l'ouvrage, et la mission n'était pas encore terminée qu’il avait pris possession de ces lieux autrefois sauvages, par la croix qu'il planta sur la terre d’un nommé Joseph Marchand aujourd'hui
David Rheau qui vit encore. (C'était en 1841, après .
les récoltes. (16).
(16) J'ai vu cette croix pendant longtemps à l’endtoit désigné. En 1862, elle menagçait ruine, et je conseillai aux gens de la renouveler, Loccasion d’une retraite qui fut prêchée par le révé-
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Un va croire peut-être que la cérémonie se fit pour airsi dire, sine crux sine lux ? comme disait nn bon vieux du temps passé. Pas du tout, M. Gagnon avait vour les offices de la semaine et des dimanches, servants de messe exervés, chantres au lutrin, bedeau en titre, en un rot tous les éléments qui constituent la paroisse religieuse. Les chantres étaient François Marchand, Charles Gosselin (f), le cathéchiste, et François d’Assise Baril; servant de messe, Olivier Perreault, fils; le bedeau, Paul Rivard, le premier bedeau de St Christophe.
Après avoir parlé du spirituel je dois dire quelque chose du temporel. Car si Notre-Seigneur dit dans l'Evangile que l’homme ne vit pas seulement du pain, il veut nous faire comprendre que c’est une folie de croire qu'il ne faut penser qu’au corps sans s'occuper de l’âme, mais aussi il faut travailler au soutien de l’un et de l’autre par les moyens que la providence à mis à notre disposition.
Sous ce dernier rapport, nos premiers colons ne
me parut favorable pour le faire. On de 30 pieds de hauteur que l’ou planta exercices, comme il appert par l’acte
| * des délibératics paroissiales
rend père Maivghi, en] prépara done nne belle c le jour de la clôt ci-dessous que j'ai et dont je : ‘te une par
Rerr. L Æ Li 36] .
Le huit février de l’année 1863 a comm ins la paro
de St Christophe une retraite qui a ét le révérend père Mainghi de la compagnie de Jésn 1 s’est terminée le 16 du même mois dans l’après-midi p: plantation d’une croix de 30 pieds ae hauteur, an coin de la route qui conduit à la station de chemin de fer, La bénédiction a été faite par M. Alexandre Boncharc, prêtre missionnaire du lac Ay Le révérend père était présent. Il adressa l’assemblée e licita de l’heureuse pensée qu’elle avait eue d’ériger. un monument pour perpétuer le souvenir de la retraite, et qui redirait à leurs descendants la vivacité de leur foi.
(+) Le 30 juillet 1852 nous prêtre missionnaire soussigné avons inhumé dans le cimetière de St Christophe le corps de Charles Gosselin, époux de Marie Ouellet, décédé l’avant-veille à l’âge de cinquante-trois ans.
(Signé), Px. H. Suzor, ptre, mis.