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Un contribuable du temps, Elisée Martel, m'a passé la formule du billet qui lui fut donné, dont s’accommoderaient guère nos entrepreneurs et nos spéculateurs d'aujourd'hui, mais qui prouve la bonne fui qui présidait aux transactions de ce bon vieux temps.
Monsieur Elisée Martel,
‘“ Voilà le montant de votre part de répartition pour la maison de mission. Le montant est de 85, 84 d. payable en deux termes, le premier :e 24 août prochain, 4 s. 14 d, le reste le ler novembre 1843.
Je suis votre serviteur, LOUIS GARNEAU, Syndic.
Arthabaska, 29 juillet 1843.
À la Saint-Michel, dans l'automne de 1848, la chapelle des bras était construite, et M. Gagnon en faisait la bénédiction, après quoi il chantait une messe solennelle, servie par Olivier Perreault, fils. La joie rayonnait sur tous les fronts, et pour la première fois dans St-Christophe, le Dieu de la nature descendait dans sa demeure où 1l devait habiter en esprit et en vérité, pour le bonheur et la consolation des enfants des hommes.
Vous dire ce qu’on éprouva de joie dans cettr cirvonstance mémorable, me disait un des assi' .ants, serait impossible ; il nous semblait nous reve r dans la vieille paroisse, et c'était comme lorsque 1'évêque »asse en visite pastorale. Cette exclamation ne doit présenter rien de surprenant à celui qui connait la foi du canadien, car il aime la maison de son Dieu, qui pour lui est véritablement une maison de prières. C’est là qu'il va déposer ses peines et ses plaisirs, et chercher un abri dans le danger. Vous l’y voyez au sein de l’opulence pour offrir au Seigneur une partie de ses biens, vous l'y retrouvez encore poursuivi par l’infortune, pour y puiser la force et le courage qui fait les vrais héros !
À cette époque un missionnaire était venu se
fixer à Somerset, et M. Gagnon s'était rapproché de St-Christophe en venant résider à St-Norbert, ce qui lui permettait de visiter un peu plus souvent cette dernière mission ; aussi venait-il y dire la messe cinq ou six fois l'année.
Je ne dois oublier de dire que le premier mariage qui fut célèbré dans la chapelle des bras fut celui de Pierre Béliveau et de Marie Courtois. Il y a un incident trop frappant qui se rattache à cette union pour que je n’en parle pas ici. Il n’y avait qu’une année que nos deux jeunes époux étaient venus se vouer aux pieds des autels un amour éternel, que déjà la mort venait rompre le lien qui les unissait. Une maladie cruelle qui jette assez souvent la consternation dans les familles, venait fondre sur la mère, qui rendait, son âme à Dieu, munie, toutefois, des derniers sacrements de l’église. Mais sans avoir eu la consolation de dire le dernier adieu à son mari, avant son entrée dans l'éternité.
Elle ne fut pourtant pas la première inhumée dans le cimetière des bras, car les régistres constatent que ce fut Louise Glaude, mère de Anaclet Corbeil, tandis que la dernière fut Célina Girard. Je dois mentionner aussi le nom d’un respectable vieillard, Jacques Hamel, qui mourut à l’âge de quatre-vingtdix-neuf ans et huit mois, sans avoir eu le bonheur de voir le prêtre à ses derniers moments. Les anciens m'ont raconté plusieurs fois que le matin du jour de sa mort, 1l réunit tous ses enfants autour de lui, et leur recommanda de prier avec ferveur, car il mourrait à 6 hrs du soir le même jour. L'évènement justifia à la lettre ses prévisions.
Avant de terminer ce chapitre, je dois dire que M. Clovis Gagnon érigea le chemin de la croix dans la chapelle des bras dans l'automne de 1847, en vertu d’un décret de Monseigneur Jos. Signaï, Archevêque de Québec, qui l’autorisait à cet effet, et daté à Québec le 26 septembre 1847, comme l’atteste le certificat de Messire Belle-Isle, ptre. ass. secrétaire. Il avait aussi fait élire, en prenant possession de la cha-
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pelle, un corps de marguilliers composé de MM. Paul Beaudet, Pierre Bernier, François Provancher, Eustache Baril, Louis Garneau, Louis Provencher et François d'Assise Baril, qui sont les premiers syndics reconnus de la mission de St -Christophe.
Du reste 1l n’y eut rien d'’étrange jusqu’à l’année 1848, si ce n’est l'accroissement rapide de la population. Pendant ces cinq années, chacun travaillait de son mieux au défrichement des terres, qui dédommagealent toujours abondamment leurs maîtres de leurs fatigues et de leurs travaux.
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M. MOISE DUGUAY, ET LA TRANSLATION DE LA CHAPELLE DES BRAS À LA MONTAGNE.
Cum audieritis nolite terreri.