CE
20 L'on ne procédera à la bâtisse du dit édifice que lorsqu'un plan d'icelui aura été par nous approuvé.
30 Il sera bâti au même lieu, à environ soixante pieds au Nord-est de la dite église, un presbytère en bois sur un solage en pierre, qui n'aura pas moins de trente-six pieds de longueur, trente de largeur et treize de hauteur au-dessus des lambourdes, le tout pris de dedans en dedans et à mesure française.
40 Avant de procéder à la bâtisse des dits édifices l'on acquerra par un acte en bonne forme le terrain sur lequel ils seront construits, lequel terrain n'aura pas moins de huit arpents en superficie, dont deux et demi de front, s’il est possible.
Donné à Québec sous notre seing, le sceau de nos armes et le contre-seing de notre secrétaire, le dixhuit de mai mil huit cent quarante neuf.
t Jos. Archevêque de Québec, Par Monseigneur, Ep. LANGEVIN, ptre, sec.
La grande question qui avait été l’objet de tant de conversations était donc définitivement règlée. Il fallait bâtir. M. Duguay réunit en conséquence nos vaillants défricheurs, et s’entendit avec eux sur la manière la plus expéditive et en même temps la moins onéreuse d'exécuter les ordres de leurs supé rieurs ecclésiastiques. Après plusieurs pourparlers il fut décidé que l’on commencerait à construire immédiatement un presbytère qui servirait au culte pendant quelques temps, et qu'on bâtirait ensuite une chapelle et une sacristie. Je dois dire ici qu’il rencontra la meilleure volonté du monde dans le plus grand nombre des colons qui lui promirent d’être à leur poste au premier signal donné.
C'était au mois de juillet 1849. On vit arriver un jour à la montagne M. Duguay portant sous son bras
un ornement et dans ses mains un calice, un missel
et une pierre sacrée pour célébrer la sainte messe. Il se rendit chez M. Elisée Martel, et c'est là que pour la première fois dans une petite maison de dix-huit pieds c crês environ (19) bâtie à trois arpents de l'église actuelle de St Christophe, descendit sur la terre le Dieu trois fois saint pour bénir les travaux de nos braves coions qui allaient Ini ériger un temple.
Je rapporte 1‘1 correctement ce que me raconta, au sujet de cette sublime action, un témoin oculaire. La nouvelle de l’arrivée du missionnaire, me dit-il, se répandit en an instant dans la petite colonie. En moins d’une heure, la maison de M. Martel était remplie. Une table couverte de nappes blanches et d’un missel fut adossée à un chassis devant lequel on étendit un drap de toile blanche ; et c’est sur ve modeste autei que se fit, à la Iueur de deux chandelles de suif canadien, l’oblation du divin sacrifice. M. Louis Béland dit Provancher (20) était le servant
(19) Cette petite maison subsiste encore, et c’est la même famille qui l’habite ; la seule différence c’est qu’elle a été transportée de l’endroit où elle était, au bord du chemin provincial.
(20) Je ne puis laisser passer ici l’occasion de payer à ce digne colon le tribut d’éloges qu’il mérite. Louis Béland dit Provencher que j'ai eu pour paroissien plusieurs années, était nn de ces braves canadiens qui avaient conservé dans toute leur fraicheur les belles mœurs de nos pères. Ayant épons, jeune encore, une vertuense fille du nom de Esther Pepin, le Seigneur bénissant cette union, lui accorda nune famille nombreuse à laquelle il donna toujours l'exemple de toutes les vertus chrétiennes. D’une piété candide, je n’ai jamais vu se démentir nn seul instant la douceur de son caractère qui se traduisait fidèlement dans ses conversations et les rapports qu’il avait avec ses comparoissiens. Aux deux vertus dont je viens de parl :, il joignait un tel amour de la charité que l’on por vait dire &e lui que la justice et la paix s'étaient données rendez-vous pour embellir son existence,
Tour à tour marguillier et commissaire d’écvle, il remplit ces deux charges avec conscience de son devoir et à la satisfaction de tout le monde, car il aimait la maison de Dieu et il aimait singulièrement la jeunesse au soin de laquelle il se dévouait de tout cœur, Que de fois je l’ai vu laisser ses travaux pour solliciter des secours en faveur de l’éducation. Que de sacrifices je l’ai vu s’imposer pour le soutien de cette cause qu’il regardait comme de la plus grande importance, et que l’on devait, disait-il, encourager de toute manière dans nne paroisse,
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