‹ Quelques notes sur la paroisse de St. Christophe d'Arthabaska et sur ses premiers colons [microforme]Chapitre 34 sur 39 · GARNEAU · texte numérisé non relu

GARNEAU

L'on s'étonnera peut-être de me voir glaner dans le passé une foule de petits faits qui de prime abord paraissent assez insignifiants ; la raison de ma conduite se trouve dans l’épigraphe que je viens de placer en, tête de ce chapitre, et qui vient d’un

Un devoir entre tous les autres qu'il remplissait avec zèle, était la sanctification du dimanche. Quoiqu’éloigné de deux lieues de l’église, je n’ai pas connaissance de lui avoir vu manquer l’office des vêpres, sauf les cas de maladie. Inutile de dire que ses enfants l’imitaient, car 1l avait de bons enfants, et pouvait-il en être autrement ? Ne sont-ce pas les bons parents qui font les bons enfants. Tel père tel fils, dit le proverbe.

Comme il savait que ce sont les sacrements qui sont la vie de l'âme, il les fréquentait régulièrement et ne voulait pas que ses enfants passassent deux mois sans se confesser, Comme il ètait toujours le premier à leur montrer le chemin du confessionnal, il n’avait qu’un mot à dire et tous obéissaient, car ils savaient bien que si l’un d’eux se fut montré recalcitrant, à l’observation de tous ses autres devoirs de père, il eut point celle du devoir par excellence, de la correction paternelle,

Le lecteur croira peut-être que les voyages qu’il faisait pour l’arquit de sa conscience de citoyen et de catholigne nuisaient au progrès de sa ferme ; pas du tout. Il n’était jamais le dernier à terminer ses semences, ni le dernier au champ pour recueillir les biens que Dieu lui donnait en récompense de ses travaux. Ce qui appauvrit un cultivateur ce n’est pas d’aller à l’église, mais c’est de ne pas y aller assez ; témoin celui dont je parle, que les huissiers n’ont jamais arrêté sur la route pour lui demander de payer ses dettes. Quand il sortait il pouvait toujours marcher la tête haute.

Non seulement il aimait sa famille, mais il aimait encore ses

homme qui aimait sincèrement son pays. Avec une pareille autorité, me suis-je dit, je puis bien marcher d’un pas ferme vers le but que je me suis proposé et qui est de faire connaitre les évènements qui ont eu lieu dans les commencements de ma paroisse. Au reste, comme je l’ai dit, ce ne sont que des notes que je livre à la publicité, libre ensuite à d’autres d'en prendre ce qui leur conviendra pour rédiger une histoire dans toutes les formes.

Après la messe dont je viens de parler, M. Duguay qui ne voulait pas laisser partir à jeun nos braves défricheurs, leur adressa quelques paroles d’édification, et leur recommanda entre autre chose la paix et l’union pour conduire à bonne ïün l’œuvre qu'ils allaient commencer dans quelques instants, car il leur annonça qu'il était venu pour faire exécuter les ordres de l’évêque qui voulait un presbytère pour servir de chapelle en attendant mieux.

concitoyens qu’il s’efforçait d’aider et de secourir autant qu’il le pouvait, jamais ceux qui reclamaient de ‘ui quelque service, ne frappaient à sa porte en vain, il était toujours prêt à se rendre à leur désir, et c’est dans une de ces occasions qu’il devint victime d’un accident qui lui couta la vie.

Dans le printemps de 1859, David Rheault levait une bâtisse sur sa terre des bras de la rivière Nicolet, et au nombre ees travailleurs se trouvait Louis Béland, Sur le déclin du jour, ce dernier était à plaçer lui-même une des poutres de la construction quand il sentit s'écrouler sous lui un des pans de la maison, 11 tomba entraîné par les pièces de bois, et reçut plusieurs blessures très graves, On se hâte de voler à son secours, et sur sa demande on vient immédiatement m’avertir de l’accident, Sans perdre un instant je me rends sur les lieux et je trouve mon infortuné Béland presque sans parole. Je lui donne les secours et les consolations dont ilavait besoin, je donne ordre de courir au médecin et à sa femme, car dans mou intérieur je le croyais frappé à mort.

Par malheur je ne m'étais pas trompé, les médécins et les chirurgiens vinrent le voir, et lui prodiguèrent tous les soins possibles, mais se déclarèrent à la fin impuissants à contrôler le mal qui faisait tous les jours des progrès. Se sentant lui-même sur le point de comparaître devant Dieu, il fit approcher de son lit de mort tous ses enfants auxquels il fit les meilleurs recommandations et les bénit. Je lui administrai les derniers secrements qu’il reçut avec une foi qui édifia grandement, et il mourut le 18 du mois d'avril 1859. Deux jours plus tard je confiais à la terre ses restes mortels, et la tombe se fermait sur un homme de mérite et de vertus.

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