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Il avait à peine fini de parler que chacun prenait le bois, la. hache en main, le courage dans le cœur et l'espérance dans l'âme, car il faut dire que le Ca-
nadien est un homme de foi, qui aime sincèrement 89. religion et son Dieu. Le missionnaire ne fui pas lent à les rejoindre à l'ouvrage, et les choses allèrent si bien qu’en moins de deux jours on voyait sur la place les matériaux nécessaires à la bâtisse projetée. Le troisième jour elle était debout à la grande satisfaction de tout le monde.
Le lecteur aimera sans doute à connaître le nom de ces braves qui déployèrent dans cette circonstance une si louable énergie. Par bonheur je puis répondre à ses désirs, je les ai dans une lettre que m'écrivait il n’y a pas longtemps, un ami de la colonisation, qui prit connaissance du fait que je rapporte ici, je cite textuellement.
“ Parmi tous ceux qui travaillèrent avec zèle à la construction du presbytère que vous habitez encore,
j'ai beaucoup de plaisir à vous citer les noms de
Antoine Baril, Eustache Baril, Louis Garneau, Chs. Beauchêne, Isaïe Pouliot et Elisée Martel, qui se montrèrent aussi généreux que leurs moyens le leur permettaient Je dois vous signaler en particuler l'extrême libéralité de M. James Goodhue qui voulut bien se faire entrer dans la répartition comme les catholiques. et demanda qu’on lui donnât autant de grands morceaux de bois que les autres en avaient de petits. Lorsqu'il fut question de tailler et de le-
er la bâtisse, il fut un des premiers rendus sur la
place avec un homme, un cheval et une paire de b. ufs, et ne la quitta que lorsque l'ouvrage fut fini. Ce fut lui encore qui fixa la première cheville étil fut tellement sensible à la politesse qu'on lui faisait dans cette occasion, qu’il fit don de toutes les vitres et du clou nécessaire pour le presbytère Plus tard encore, comme on présentait à sa dame le bouquet qui devait servir de couronnement aux travaux déjà faits, il ajouta à toutes ses générosités une somme de douze piastres pour les faire continuer.”
MO
Comme on le voit les choses allaient grand train ; en moins de trois jours le presbytère était. debout, et comme on voulait le mettre logeable au plus tôt, Moïse Fournier s'engagea à le couvrir pour le prix et somme de trente quatre piastres, comme il appert par le marché suivant qui fut passé entre lui et les syndics ci-dessus nommés :
“En présence des témoins soussignés, furent présents les sieurs Olivier Lavigne et Charles Beauchène en qualité de syndics pour la construction du presbytère, et Moïse Fournier, entrepreneur pour la couverture et les pignons de la bâtisse aux conditions suivantes: Les dits syndics fourniront au dit entrepreneur, la planche et le clou dont il aura besoin, et le dit M. Fournier couvrira le dit presbytère en planches et en bardeaux, ainsi que les pignons, le tout livrable à un mois de date. Les dits syndics
obligent à payer au dit entrepreneur la somme de trente quatre plastres comme suit: Dix piastres en passant le présent marché et pour lesquels il donne reçu, ef la balance à la livraison des ouvrages ci-dessus désignés. Pour garantir l'exécution de ses travaux, le dit Moise Fournier donne deux cantions qui sont O. Lavigne et F. d'Assise Baril.
(Signé) OrIVIER LAVIGNE, CHARLES BEAUCHÈNE, MoisE FOURNIER, F. D. Bart,
Arthabaska, 23 juillet 1849.
JAMES GOODHUE, jr. témoin.
Au commencement du mois de septembre les travaux du presbytère étaient terminés et l’on avait apporté à la montagne tous les ornements de la chapelle des bras, suivant les ordres de Monseigneur l’Archevèque de Québec qui avait adressé la lettre suivante à M. Duguay.
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