‹ Quelques notes sur le vicariat apostolique de S.G. Mgr. G. Blanche [microforme]Chapitre 1 sur 14 · VICARIAT APOSTOLIQUE DU GOLFE SAINT-LAURENT · texte numérisé non relu

VICARIAT APOSTOLIQUE DU GOLFE SAINT-LAURENT

Limites ; Etendue.—Le Vicariat Apostolique du Golfe Saint-

” Laurent,situé dans la partie Est septentrionale de l'Amérique du Nord, est compris entre le 48ème et le 82ème degré de latitude nord, et entre le 57ème et le 69ème degré de longitude ouest.

Ses bornes sont : au nord, le doit d'Hudson, depuis l'entrée du grand détroit jusqu’à l'embouchure de la Æivière Georges, dans le Labrador :—à l’est, depuis cette rivière, en droite ligne jusqu’à B/anc-Sablon, près du détroit de Belle-Ile: —au sud, de B/anc-Sablon à la Rivière Portneuf, en comprenant l’Ile d'Anticosti et toutes les Îles le long de la côte nord du fleuve Saint-Laurent :—à l'ouest, de l'embouchure de la Rivière Portneuf, passant par la hauteur des terres jusqu'à l'embouchure de la Rivière de la Grande Baleine, dans la baie James et de 1à jusqu’au détroit d'Hudson.

Division.—Cet immense territoire se compose de deux parties bien distinctes :

". Le littoral du fleuve Saint-Laurent, de Portneuf à Blanc-

* Jon, le long duquel se trouvent de nombreuses stations de

“be dont les principales sont : Notre Dame de Bethsiamis, «anicouagan, Rivière Pentecôte, Sept-Iles, Rivière au Tonnerre, Magpie, Rivière Saint-Jean, Pointe aux Esquimaux, Natashquan et Blanc-Sablon.

2. Les grandes solitudes du Nord, où l'on rencontre quelqu postes des Compagnies d'Hudson et Révillon, pour le

: merce des fourrures que les peuplades sauvages, errant®en ces contrées, et les Esquimaux infidèles leur procurer}, en ñ échange de provisions de toutes sortes. à ED

La Côte Nord du fleuve Saint-Laurent, divisée en Sei CEs ries, au temps de la domination française, puis faisant partie du monopole de la Compagnie de la Baie d'Hudson, ne se

peupla que très lentement. Elle ne possédait guère que des établissements de pêche occupés l'été et délaissés l'hiver. Peu à peu, les pêcheurs s'y fixèrent d'une façon définitive. Les familles, auxquelles des licences permanentes de pêche au saumon furent accordées, occupèrent tout d’abord les embouchures des nombreuses rivières ; puis des négociants vinrent s'installer à leur tour pour centraliser les produits de ces pécheries et faciliter principalement la pêche à la morue.

Situation Religieuse. —Ces deux cents lieues de côte furent, jusqu'en 1867, sous l’obédience des Archevêques de Québec. La desserte en était faite par un missionnaire passant l'été À courir d’un poste à l’autre, exposé à mille dangers sur de frêles embarcations, le long de cette rive presque inabordable. Ayant reçu de sa main les secours de la Religion, les fidèles devaieu. attendre son retour, l’année suivante. Dans cet intervalle, la mort venait souvent fiire sa moisson, mais il leur était impossible de recourir au prêtre, n'ayant, par eau ni par terre, aucun moyen de communication.

Un Père Oblat visitait aussi, chaque année, les Sauvages dispersés çà et là sur ce vaste territoire.

Lorsque Rimouski fut érigé en siège épiscopal, tout cet immense pays du nord fut détaché de Québec et englobé dans le nouveau diocèse qui s’étendit ainsi des deux côtés du fleuve.

Mgr Langevin, pour organiser avec de faibles res urces un dioc® = d’une telle étendue et dans un pays encore x 1 développé, s’imposa d'immenses travaux. Mais, en 1875, parcourant en goëlette, pour la première fois, la plus grande partie du Labrador et l’île d’Anticosti, et se convainquant qu'il ne pouvait efficacement diriger d'aussi loin une desserte de cette importance, :S. G. proposa à ses collègues les Evéques de la Province ecclésiastique, de séparer tout le territoire au nord-est du fleuve, du diocèse de Rimouski, et de le faire ériger en préfecture apostolique.

Ce plan agréé par l’Episcopat, fut soumis au St-Siège qui le mit à exécution le 20 mai 1882. La grande île d’Anticosti s’y trouvait comprise et la Point--aux-Esquimaux devenait le chef-lieu de la Préfecture.

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Le prêtre désigné pour remplir les fonctions de Préfet Apostolique fut Mgr F.-X. Bossé, ancien missionnoire et alors curé de Douglastown, en Gaspésie. Ilse mit immédiatement à l'œuvre, avec toute l'activité et le zèle dont il était doué, pour Organiser, sous tous rapports, le vaste territoire dont il venait d'être chargé. T at y était à créer à la fois. 11 aurait certes compté pour rien toutes les fatigues et tous les labeurs de son apostolat, mais il n'avait point de missionnaires ; et, voyant au bout de 10 années, qu'il ne pouvait recruter le personnel dont il avait besoin ; que quelques-unes de ses missions étaient privées des secours religieux ; qu'il restait à peu près seul pour subvenir à tous les besoins spirituels, il pria le Saint-Père d'accepter sa démission.

Le St-Siège se rendit à sa prière et confia en 1892 l'administration de la Préfecture à Sa Grandeur Mgr Labrecque qui reçut en même temps, cette année-là, le titre d'Evêque de Chicoutimi et celui d'Administrateur de la Préfecture.

En rattachant la Préfecture au diocèse de Chicoutimi, la pensée de la Sacré-Congrégation de la Propagande avait été de mieux subvenir au besoin spirituel des missions de la Côte Nord, en la confiant à un Evêque voisin, qui avait un clergé à sa di«position. Pendant 11 ans, Mgr Labrecque put répondre à ses intentions sans trop nuire aux besoins de son diocèse. Mais les nécessités du ministère devenant de plus en plu: 1sidérables soit par l'accroissement de la population dai .s anciennes parroisses, soit par la création de nouvelles missions, Sa Grandeur ne put bientôt plus donner, à la Préfecture, le nombre de missionnaires que son propre développement réclamait.

Aussi, au début de l’année 1903, crut-elle bon d'informer le Saint-Siège de cet état de choses et de le supplier le la décharger de l'administration de la Préfecture Labradorienne.

Les Eudistes arrivaient à Chicontimi. Mgr Labrecque venait de les accepter dans son diocèse en leur confiant, dans sa ville épiscopa!-, la paroisse du Sacré-Cœur. Dieu lui inspira la pensée de suggérer au Saint Siège le projet de confie: à cette Congrégation la Préfecture. La Sacrée Congrégation de la Propagande daign. se rendre à ses vœux, et par un décret

en date du 13 juillet 1903, elle décharge l'1ivêque de Chicoutimi de l'administration ‘+ la Préfecture, la confia à la Congrégation des Eudistes, et le 21 août suivant, nomma le Rév. Père Blanche, Préfet Apostolique.

Une ère de progrès s'est levée, depuis quelques années,pour ces régions jadis si délaissées : le commerce y prend, chaque jour plus d'importence, des industries considérables y ont été établies, la population s'y accroit comme par enchantement, l’organisation religieuse, depuis ia venue des PP. Eudistes, est devenue plus satisfaisante et plus complète. Aussi toutes ces considérations ont-elles porté le Métropolitain et Nos Seigneurs les Evêquès de la Province à solliciter, à Rome, l'érection de la Préfecture en Vicariat.

Sa Sainteté Pie X a daigné acquiescer à cette supplique respectueuse,et, le 12 septembre 1905, le Vicariat Apostolique du Golfe Saint-Laurent a été érigé par Bref pontifical, en même temps que le Très Rév. Père Blanche, Préfet, a été créé Evêque titulaire de Sicca et Vicaire Apostolique de ce nouveau diocèse.

Population du Vicariat.—Ce vaste territoire renfermé dans la Puissance du Canada comprend, d'après les derniers recensements, une population Franco-Canadienne de 7000 âmes et environ 3000 Indiens.

Le pays étant encore inexploré et dépourvu de toutchemin, les Canadiens habitent uniquement sur la côte. Les Indiens vivent dans les forêts et ne viennent au bord du fleuve que dans le courant de juin et de juillet pour faire leur mission et vendre leurs pelleteries. Tous les blancs sont catholiques ainsi que la plupart des Indiens ; néanmoins il reste, dans le nord du Vicariat, des Esquimaux et des Naskapis qui sont encore paiens.

Les Indiens : ‘ ont un langage particulier, sont évangélisés par les TR. r;. Oblats qui résident à Notre Dame de Bethsiamis. Les blancs, près desquels s'exerce le ministère des RR. PP. Eudistes, sont de pauvres pêcheurs disséminés sur une étendue de 200 lieues,de la Rivière Portneuf au détroit de Belle-Ile.

Les PP. Eudistes vivent deux à deux. Ils sont chargés de desservir une certaine étendue de côte qui comprend de 25 à 30 lieues de longueur et possèdent leur résidence dans la localité la plus importante du territoire qui leur est confié.

Résidences des missionnaires.—Les Postes sont : Notre Dame de Bethsiamis, Manicouagan, Rivière Pentecôte, Sept Iles, Rivière au Tonnerre, Magpie, Rivière Saint-Jean, Pointe aux Esquimaux, Natashquan et l'Ile d'Anticosti.

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