‹ Quelques notes sur le vicariat apostolique de S.G. Mgr. G. Blanche [microforme]Chapitre 12 sur 14 · APPRECIATIONS GENERALES SUR LE VICARIAT · texte numérisé non relu

APPRECIATIONS GENERALES SUR LE VICARIAT

Les ressources du clergé y sont précaires. Une taxe de une piastre, par communiant, est son principal appoint. Mäis,les fidèles, excellents chrétiens, n’oublient point leurs Missionuaires et leur offrent souvent le produit de leur chasse ou de leur pêche.

L'exercice du saint ministère est pénible par suite des difficultés de: communications. Il n'y a point de route ; on ne peut aller d’une desserte à l'aritre qu’en canot, l'été ; et l’hiver, le fleuve étant glacé, l’on se voit obligé de recourir au «métique, petit traîneau tiré par “es chiens. Les missions étant très nombreuses, il faut préparer en quatre, cinq et six fois les enfants à la première communion : il faut s'occuper de tout, de la construction, de l’aménagement et de l'entretien des chapelles et sacristies, et organiser l'administration scolaire. Toujours en route, le missionnaire a peu de temps pour travailler, mais il a des compensations à cette vie de voyages et de fatigues, car à part la satisfaction qu’il a de se dépenser pour le salut des âmes et de coopérer à la Rédemption, il est récompensé de son dévouement par l’amour, le respect et la reconnaissance de son troupeau.

Les populations du Vicariat se montrent zélées pour la construction et la décoration de leurs églises. Il y en a une dans tous les endroits où s’est établi un groupe de familles même peu considérable ; on en compte vingt-huit. Ce ne sont que d’humbles chapelles en bois, bien petites et bien pauvres parfois, mais ces familles tiennent à avoir, sinon un prêtre résidant, au moins un oratoire où se font les offices religieux. Chaque dimanche ou jour de fête est célébré sur la Côte N ord. Lors même qu'on est privé de la présence du Missionnaire, à l'heure où aurait lieu la messe paroissiale, si le prêtre y était, toute la population se réunit à la chapelle, et 1à, sous la direction du maître-chantre, on chante l'ordinaire de la messe : le Ayrie, le Gloria, suivis de quelques cantiques et l’on récite le chapelet. =

Le peuple est très religieux, très moral ; son hospitalité est particulièrement remarquable : le voyageur est reçu partout comme un don du ciel.

S'il avait été difficile jusqu'ici aux Evêques de recruter des missionnaires, la difficulté avait été encore plus grande de recruter des institutrices en nombre suffisant et prêtes à aller se dévouer à l'éducation des enfants, dans une région dont le nom seul inspire malheureusement l’effroi, pays isolé, inabordable pendant plus de six mois de l’année, par suite des glaces ; au climat réputé, mais à tort, insupportable, privé de ressources, sans aucun centre considérable et à 150 lieues de Québec. Il fallait cependant des écoles dans tous ces petits hameaux disséminés sur une côte de 200 lieues de longueur.

Frappé de l'abandon dans lequel se trouvait la jeunesse et comprenant que l’on aboutirait à peu de choses tant que l’on ne formerait pas l'enfance et que l’on n'établirait pas autour d'elle une atmosphère religieuse propre au développement des sentiments honnêtes de la population, ! "gr Blanche s’adressa aux religieuses que l’on expulsait de France pour leur confier cette œuvre et fit venir dans son Vicariat les Filles de Jésus, Religieuses qui depuis un siècle ont fait tant de bien en Bretagne. Quatorze d’entre elles vinrent en 1903 et se fixèrent deux à deux dans les principav:. postes de la Côte. Puis lorsque les sœurs de la charité abandonnèrent le couvent qu’elles tenaient à la Pointe aux Esquimaux, six autres religieuses des Filles de Jésus les remplacèrent. Ce couvent, nous l’avons déjà dit, en donnant le moyen de fournir aux enfants de la Côte une instruction supérier ermet de former des institutrices pour les postes mins ; égiés lesqueïs ne peuvent, par suite de leur pauvreté, recevoir des religieuses.

Les écoles sont au nombre de 25 et donnent l'instruction à 906 enfants, garçons et filles ; ces écoles sont mixtes. Le pays étant pauvre, les garçons ne font que passer à l’école, car dès qu’ils peuvent tenir la mer et qu'ils sont assez forts pour travailler, ils s’embarquent ponr gagner leur vie. Les jeunes filles sont plus assidues et les parents tiennent à Honneur, avec raison, de les instruire du mieux qu’il convient.

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