‹ Quelques notes sur le vicariat apostolique de S.G. Mgr. G. Blanche [microforme]Chapitre 4 sur 14 · ON US A. A D ON · texte numérisé non relu

ON US A. A D ON

Le long dn côté Est de la baie, sur deux rangées de maisons, s'étend le très joli village de St-Joseph des Sept-Iles qui compte aujourd'hui près de 150 familles.

Son histoire ne se perd pas da::: la nuit des temps passés. En 1875, il n’y avait à cet endroit que deux cu trois familles de pêcheurs de morue. On y voyait cependant un poste de la Cie de la Baie d'Hudson, qui s’y trouve encore, faisant l’achat des fourrures et tenant magasin général. La Cie ‘rançaise Révillon frères y a depuis peu, établi un poste similaire.

Seulement une douzaine de familles sauvages restent à Sept-Iles, à l'année. Mais, à la fin de juin, il en vient par centaines, de tous côtés, pour assister à la mission que leur donnent les Pères Oblats. Une chapelle, bâtie il y a près de 50 ans, est d’ailleurs leur propriété, et, ces jours-là, elle est toute remplie.

Les blancs dont le nombre s’accrott de plus en plus, s’occupent surtout de pêche à la morue et au bareng, l'été, et prennent du travaii, l'hiver, dans les exploitations de bois

voisines.

Eux aussi, ont leur église, bâtie depuis peu d'années, mais devenue déjà tout à fait insuffisante à cause du développement ex‘raordinaire que prend, de jour en jour, cette localité.

On doit en attribuer la cause à l'installation d’une immense manufacture de pulpe, à laquelle une Cie américaine s’emploie depuis quatre ans, au prix de travaux gigantesques et de dépenses inimagirabies, avec l’aide de sept à huit cents ouvriers recueillis ici et 1à. Cette pulperie, située sur la rivière Ste-Marguerite, près d’une chute magnifique, est déjà reliée à la baie des Sept-Iles par un chemin de fer de trois lieues de lungueur. L'établissement, avec ses dépendances, porte le nom de Clarke City que lui ont donné ses fondateurs, les MM. Clarke de New-Vork.

À quelque distance de 1à, sur la rive ouest de la Baie, en face du village des Sept-Iles, vient de s'établir aussi une industrie toute nouvelle en ces Parages : la pêche à la baleine

et l'exploitation commerciale des monstres capturés. Là, sont employés également, près de deux cents hommes, tout l'été, en sorte que ces deux centres ‘ndustriels contribuent puissamment à donner de l'importance au poste ainé des Sept

Iles.

Les Missionnaires résidants sont les Pères J.-M. Conan et A.

Divet, qui occu:ent, près de l'église, un presbytère confortable, à peu de distance duquel se trouve l’école où les Religieuses de Kermaria enseignent le français et font quelq:es cours en anglais, à la satisfaction de tous.

A l'instar de la Pointeaux Esquimaux, Sept-lies possède, depuis un an, une municipalité régulière.

En plus des Sept-Iles et de Clarke City, les Pères Missionnaires desservent aussi Se- Marguerite, petit village situé à l’embouchure de la rivière du même nom, à 15 milles du côté ouest de leur résidence. On y compte seulement cinq ou six familles qui viennent d'y achever la construction d’une chapelle très convenable.

Du côté Est, eu descendant le St-Laurent, à sept lieues environ des Sept-Iles, se trouve le poste de Moïsie que les Pères visitent tous les quinze jours. Ce gros village, bâti sur le côté ouest de l’estuaire de la rivière du même nom, comprend plus de 40 familles et possède aussi son église.

C’est l’endroit le plus important de la Côte Nord pour la pêche au saumon. La Riviere Moisie est également très renommée pour la richesse du sable magnétique qui borde ses rives. . Jadis, une coiapagnie puissante en tenta l’exploitation. L'usine comptait six fourneaux en activité jour et nuit, et donnait de l'emploi à trois ou quatre cents hommes. Tant Cu’on s’y appliqua à fondre le minerai lui-même, l’acier de Moï:ie fui en valeur sur le marché : mais bientôt on voulut y mêler du vieux fer, ce qui fut fatal à l'entreprise et à la réputation des ses produits.

Les fours et les fourneaux s’éteignirent, les ouvriers se dispersèrent et l'on se livra de plus en plus aux paisibles délassements de la pêche.

Pourtant, il paraît que le dernier mot n’est pas encore dit au sujet du minerai de Moisie.

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