PÉRINÉE ET SCROTUM TRAVERSÉS PAR UNE BALLE
C. A..., 26 ans, garçon. — Le 16 août, le blessé reçut une balle qui, pénétrant dans le scrotum, entre les testicules à droite de la ligne médiane, resta dans la plaie pendant cinq jours, et fut extraite au moyen d'une incision faite à la fesse à 3 centimètres à gauche de l'articulation sacro-coccygienne. Le blessé entra à l'ambulance le 30 août, dans un assez bon état ; le pouls était à 75 ; la peau sèche, la langue un peu chargée. Depuis le moment de sa blessure il urinait régulièrement et sans difficulté, mais n'allait pas à la selle depuis quinze jours. Le testicule droit, qui se voyait au travers de la blessure du scrotum, resta dur et gonflé pendant dix jours après l'entrée du blessé, et le périnée était ecchymose et douloureux pendant quinze jours. Par la blessure en arrière on pouvait introduire une sonde tout
entière, et la sentir à côté du rectum lorsqu'on y mettait le doigt ; le lendemain de son entrée un morceau de pantalon d'un centimètre carré fut extrait de la blessure du scrotum. Il souffrait peu lorsqu'il était tranquille. Il eut pendant quelques semaines des insomnies qui furent combattues au moyen d'un gramme de chloral donné chaque soir. Des cataplasmes furent appliqués chaque jour durant un mois ; plusieurs petits morceaux d'os sortaient par la plaie de derrière. Dès le 26 septembre, le blessé s'asseyait sur un fauteuil, pendant la journée, et le 29 décembre il quitta l'ambulance tout à fait guéri.
E. D..., 24 ans, garçon. — Le blessé reçut le 7 octobre, une balle qui, entrant dans la fesse gauche à 10 centimètres de la ligne médiane, parallèlement à l'extrémité du coccyx, sortit à gauche du pénis à son union avec le scrotum. Le cordon spermatique était très-gonflé ainsi que les deux testicules, le périnée était ecchymose pendant une semaine après l'accident, il urinait et allait à la selle sans difficulté. La suppuration des deux plaies, qui étaient pansées avec de la charpie imbibée d'eau phéniquée, fut abondante. Quelques morceaux d'os