OBSERVATION I
Méningite cérébro-spinale sans fièvre avec prodromes de 15 jours marqués par de la constipation seule, par une attaque de polyarthrite, par des signes de myélite survenue après la guérison de la méningite, et par une durée de 42 jours.
Il s’agit d’une malade âgée de 20 ans, M'° P., qui se plaint d'une constipation opiniâtre et de troubles gastro-intestinaux. Ces accidents remontent à 45 jours quand cette malade est vue par le D' Vuillermorz, de Malakoff. On a utilisé pour les combattre la médication usuellement employée en pareil cas : laxatifs et lavages intestinaux. Puis, brusquement, cette malade tombe dans le coma ; le médecin appelé constate le signe de Kernig; la raie méningitique existe et le ventre est légèrement creusé.
Les sphincters sont incontinents et la malade est
| souillée par ses matières.
Le lendemain on pratique une ponction lombaire et on retire un liquide céphalo-rachidien très trouble et épais : la pression semble élevée, le liquide jaillit en jet. On fait un examen microscopique et on censtate une polynucléose intense. 10 centimètres cubes de
sérum de Dopter sont injectés.
Le surlendemain, la malade sort du coma et accuse une céphalée très vive qui persistera pendant une dizaine dejours. :
Pendant ce temps, des vomissements bilieux et alimentaires sont apparus ; ils ne semblent pas dus à la ponction, bien qu’ils soient survenus après elle, car ils cessent après deux nouvelles injections de sérum de Dopter faites le 2° et le4° jour après la ponction. Il y a eu une hémiparésie gauche assez bien marquée aux membres et à peine ébauchée à la face.
Tous ces accidents disparaissent après la 3 injection : le ventre est légèrement météorisé, mais la constipation a cédé. Il n’y a plus de signe de Kernig et les sphineters sont redevenus continents trois jours après la 2° injection.
Pendantles21 jours qu'ont duré tous ces symptômes la fièvre ne s’est jamais montrée. Le pouls a été rapide, précipité, mais jamais défaillant.
Le 22° jour de l'infection, c’est-à-dire, le 2 janvier 1911, une nouvelle ponction lombaire est faite, et, le liquide céphalo-rachidien est trouble, bien qu’une notable amélioration se soit produite. Après une 4 injection de sérum de Dopter qui est faite le 3 janvier, la céphalée, les vomissements et le signe de Kernig réapparaissent, mais la fièvre fait toujours défaut. |
Le 5 janvier, la malade se plaint de douleurs dans les articulations, plus violemment ressenties dans les articulations du coude et du genou ; on note un peu d’élévation de la température.
Le bras gauche, parésié au début, devient paralysé et se contracture rapidement en flexion ; la flexion des doigts sur la main est très prononcée, de mème que la flexion de l’avant-bras sur le bras. Cette contracture résiste à une traction énergique.
= La somnolence survient sur ces entrefaites, somno-
lence que tout d'abord on pouvait vaincre en appelant
. fortement la malade ; puis, ce fut le sommeil complet, continu, accompagné du relâchement des sphincters. On ne constate pas le signe de Babinski.
Le 21 janvier, le D' Caussade, malgré l’absence’ de fièvre, du signe de Kernig, de vomissements, et en présence de l'atteinte de la corticalité cérébro-médullaire, se traduisant par de la somnolence et une monoplégie brachiale gauche, pratique une nouvelle ponction suivie d’une injection de sérum de Dopter.
Le liquide céphalo- -rachidien retiré est clairet il n’est pas sous pression.
Les polynucléaires sont rares et l’ ne n'est pas ; abondante.
ü En présence de ces faits, une hypothèse s’impose ; la méningite cérébro-spinale était guérie, mais J’axe cé» rébro-spinal était touché soit par le micro-organisme, qui n’a pas été déterminé, cause de la maladie, soit par des endotoxines.
La mort survient le 25 janvier, deux jours après la dernière injection.
L'étude de ce cas nous a révélé quelques particularités que nous allons nous efforcer de mettre en lu-
- mière.