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La méningite cérébro-spinale a été classique jusqu’au 21° jour de la maladie, sauf cependant les deux faits suivants : 1° le début par la constipation seule ; 2° l’absence de fièvre.
La constipation n’est pas un symptômé fréquemment observée dans la méningite sérébro-spinale,contrairement à ce qui'se passe dans la méningite tuberculeuse. Il est beaucoup plus fréquent d’avoir de la diarrhée. Mais ce qu’ily a de remarquable, c’est que la constipation existe seule, sans autres symptômes, pendant 15 jours et que c’est à la fin de cette période que survient brusquement le coma en même temps qu’apparaît le syndrome méningé. Nous avons observé un autre cas de constipation opiniâtre dans la méningite cérébro-spinale à sa période terminale ; ce symp- .tôme accompagné d'oligurie avait débuté 3 jours avant la mort de notre malade.
Un autre point important est l'absence de fièvre. On note seulement une légère élévation de la température pendant l'attaque de polyarthrite. Ces formes apyrétiques de méningite cérébro-spinale sont rares.
M. Netter, qui en signale un cas, admet que cette affection peut évoluer sans fièvre. Il y a souvent une grande discordance entre la température et l’état anatomique des méninges. .
Cette absence de réaction fébrile manquera même au cours de l’encéphalo-myélite aiguë qui se développera après la guérison de la méningite.
De cette absence de fièvre, on aurait tort de conclure que la maladie sera bénigne, et, il ne faut pas en faire
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un bon signe de pronostic. Il en est ici comme dans la fièvre typhoïde. ÿ
Un autre fait digne de considération est l’apparition des symptômes d'une encéphalo-myélite immédiatement après la guérison de la méningite. Il est plus que probable que ces deux affections ont évolué simultanément.
L'agent infectieux n'ayant pas été reconnu, s'agis- Sait-il bien d'une méningite cérébro-spinale ou d'une poliomyélite infectieuse aiguë ? M. Netter, M. Claude, MM. Paisseau et Troisier nous ont signalé de ces poliomyélites aiguës à forme méningitique.
Certains auteurs se basant sur la coexistence de la maladie de Heine-Médin et de la méningite cérébro-spinale ont même identifié ces deux affections.
Rien n’est plus difficile.souvent que de les différencier, surtout quand il s’agit d'enfants et quand d’autres cas de poliomyélite existent; mais l’âge de la malade ne suffit pas à écarter ce diagnostic, car plusieurs cas en ont été observés chez l'adulte.
Toutefois, chez notre malade, le coma apparaissant sans autres symptômes méningés précurseurs, la présence de polynucléaires dans un liquide céphalo-rachidien trouble, la perte de l'intelligence ont fait penser avec raison qu’il s'agissait bien d'une méningite cérébro-spinale.
Noussavons d'autre part,queleslésionsde myélite peuvent exister après la guérison de la méningite cérébrospinale, laissant après elles des paralysies quine régressent pas, contrairement à ce qui se produit quand il
s’agit d’une paralysie due à des troubles radiculaires ou névritiques. !
MM. Lejonne et Rose ont publié l’observation d’un malade où une myélite a fait suite à une méningite une dizaine de jours après la guérison de celle-ci. Ce cas diffère un peu de celui que nous signalons en ce sens : que la complication médullaire est apparue ici à une date plus éloignée de la guérison des accidents méningés. MM. de Massary et Châtelin ont publié également une observation analogue.
I] arrive donc quelquefois que des méningites cérébro-spinales qui semblent guéries cliniquement ne le sont pas anatomiquement, mais s’accompagnent de lésions du système nerveux central qui, après une période latente qui peut être très courté comme dans notre observation, se développent progressivement, mais parfois rapidement, pour aboutir à la mort avec les symptômes d'une encéphalo-myélite bien caractérisée.