CHERS
On refait le pansement. Hémorragie légère.
L'état de la peau s’est un peu amélioré.
Le frontal à bon aspect.
L'enfant tousse. A l’auscultation : nombreux râles de bronchite.
Le 10, température à 38.
Pansement sans sérum, avec vaseline et tulle gras.
L'aspect de la plaie est satisfaisant.
Le 11, dans le pansement, on trouve du pus provenant sans doute des parties molles. L’os est un peu dépoli. Lavage à l'eau additionnée d’un peu de liqueur de Labarraque. Pansement au tulle gras.
Pas d'hémorragie.
L'enfant tousse toujours ; mais il est mieux et dort bien.
Le 12, température à 390. L'enfant est agité.
La plaie a bel aspect. Ni pus, ni hémorragie.
Pansements quotidiens au tulle gras.
Le 17, température à 370.
Le 18, on fait sauter le pont de peau entre les deux orifices. Hémorragie minime.
Dès lors l'amélioration se poursuit, et l'enfant quitte le
service le 22 avril en excellent état.
OBsERVATION IV (D: P.-E. Weil).
Hématome palmaire infecté chez un hémophile.
Un cordonnier, hémophile sporadique, se donne un coup
d’alène dans la paume de la main.
Un petit épanchement sanguin se forme sous l'apo-
névrose palmaire et les injections de sérum ne peuvent en
venir à bout.
HUMPS UE
La fièvre fait son apparition avec de la lymphangite du bras. On décide l'intervention. Il suffit alors d'ouvrir largement la paume de la main, d'enlever les caillots et de panser la plaie à plat avec des compresses imbibées de sérum sanguin pour obtenir une hémostase défini-
tive.
OBSERVATION V
G... Daniel, 11 ans.
Entre dans le service du D" P.-E. Weil, le 3 janvier 1934, pour une hémorragie survenue le 26 décembre 1933 dans les circonstances suivantes :
Il tombe sur le front en montant les escaliers du métro « République ». Il se fait une petite plaie 3 cm. au-dessus de l’arcade sourcilière droite qui saigne assez abondamment. Sa mère l’'emmène à Saint-Louis; l’'hémorragie avait presque cessé à ce moment.
Il attend une heure à la consultation et subitement l’hémorragie reprend de plus belle.
On pose aussitôt 4 agrafes Michel et on lui injecte du sérum antitétanique.
Il reste 48 heures à l'hôpital. L’hémorragie ne s’étant pas reproduite et le malade n'ayant pas de fièvre, on. l’autorise à sortir.
Cependant la joue droite est gonflée, la paupière droite tuméfiée ; l'œil est fermé et il existe une tumeur frontale a ssez volumineuse.
I! sort donc de Saint-Louis le 28 décembre. L'état reste stationnaire jusqu’au 30 au soir où il commence à faire de la fièvre à 390.
Le petit malade se plaint,et souffre plus que les jours précédents. Le 31, température à 400.
ATOS.
La joue droite est encore plus grosse, la paupière et la région avoisinant la plaie sont fortement tuméfiées. La tumeur frontale s’est étendue et l'œil gauche est à demifermé.
Le 2 janvier 1934, le petit malade a 410.
Le D" P.-E. Weil le voit alors et le fait entrer dans son service le lendemain.
On enlève les agrafes et on applique un pansement com-pressif au sérum antidiphtérique. De plus, transfusion de 250 cmc.
La température est à 39%. Elle tombe le 4. La nuit qui suit est assez agitée. :
On opère le petit malade le 5.
On enlève l’escarre frontale qui laisse l’os à nu ainsi que le rebord de la fosse temporale. Ptosis de la paupière supérieure.
Le soir même vers 10 h. le pansement est plein de sang.
On fait d'urgence une transfusion de 300 eme.
La nuit est bonne. Le lendemain au réveil quelques crachats de sang coagulé.
La température se maintient à 38° pendant les deux jours suivants.
Le 7 janvier, poussée thermique à 390.
Le pansement est mouillé et il s'écoule un liquide rosé légèrement fétide.
On refait le pansement le 8. Il n’y a pas de nouvelles fusées purulentes, mais la plaie saignote toujours.
La température peut s'expliquer soit par la rétention produite par les mèches, soit par l’ostéite du frontal qui s'étend alors jusqu’à l’apophyse orbitaire externe.
Le soir même 400.
GO
Le lendemain 380. La température se maintient encore à 38° pendant deux jours.
Le 10, on refait le pansement : même état.
Les jours suivants, la température oscille entre 3705 et
380, mais baisse en lysis pour redevenir normale le 18.
Antécédents personnels : À 14 mois, une coupure de la lèvre provoque une hémorragie qui dure 8 jours.
A 3 ans, hémorragies buccales à 3 reprises différentes. Soigné alors par le D' P.-E. Weil, qui le revoit 3 ans plus.
tard en bonne santé. A 8 ans 1/2, hémarthrose du genou droit, complètement
guérie par repos, compression, massage.
Hémarthroses des tibio-tarsiennes.
Ecchymoses fréquentes.
Au cours de l’année 1933, une hémarthrose du coude
droit laisse une rétraction musculaire importante. Varicelle à 2 ans.
Coqueluche à 6 ans.
Antécédents héréditaires et familiaux: Un oncle du côté
maternel saignait facilement et abondamment.
Evolution : Le 26 janvier 1934, la table externe du frontal est toujours dénudée. La partie centrale, sur la dimension d’une pièce de 2 francs, est sèche, jaunâtre.
L’arcade sourcilière est recouverte par un bourgeon charnu qui s'étend de la fosse temporale au bord interne de la plaie et sur une hauteur de 2 à 3 cm. Un autre bourgeon apparaît au bord supérieur de la plaie, surtout à sa partie externe où il s'étend sur quelques centimètres en largeur, la hauteur ne dépassant pas un centimètre.
À peine quelques gouttes de pus à la partie inférieure
sur le bourgeon charnu.