‹ Quelques Observations d'Interventions chirurgicales chez les HémophilesChapitre 34 sur 42 · LAVE SAR · texte numérisé non relu

LAVE SAR

perchlorure de fer qui n'arrête nullement l'écoulement Sanguin, mais détermine une série d’ulcérations. L’hémorragie persiste une dizaine de jours, et le malade paraissant de plus en plus faible, on se décide à le faire hospitaliser d'urgence aux Enfants-Malades. Des pansements locaux et une transfusion de 100 cmc. mettent fin à l’hémorragie et à l’'anémie.

R. Depardieu 5

Hématome du plancher buccal.

Les hématomes du plancher buccal étaient très graves quand on ne savait pas arrêter les hémorragies des hémophiles.

En effet, ces hématomes, qui se produisent dans un tissu cellulaire lâche, arrivaient à comprimer la langue qu’ils rejettent en haut et en avant, gênaient la déglutition et la phonation, refoulaient le larynx et déterminaient l’asphyxie.

Nous voudrions seulement montrer comment, sans aucune intervention chirurgicale, un traitement sérique et mieux la transfusion sanguine viennent à

bout d'états aussi alarmants.

OBsERVATION I (D: P.-E. Weil et D' Schæfer).

En mars 1909, le D' Schæfer, dans le but de préparer une cavité de dent atteinte d’hyperesthésie dentinaire, pratiqua une injection sous-muqueuse au niveau de l’apex de la racine de la seconde prémolaire inférieure droite.

Le lendemain matin, 16 heures après l'intervention, le malade présentait une petite tuméfaction vestibulaire qui s’accrut progressivement.

Vingt-quatre heures plus tard, la gencive était œdéma-

tiée, et on pouvait craindre de voir céder la muqueuse, Surtout au niveau des languettes interdentaires.

Une ecchymose violacée apparaissait. La tuméfaction extérieure était très marquée, s’arrêtant en avant à la ligne médiane, en arrière au bord antérieur du sternocléido-mastoïdien, en bas à l’os hyoïde, en haut à la paupière inférieure.

Le malade était gèné non seulement pour avaler, mais même pour parler et respirer. La langue, refoulée en haut et à gauche, rendait impossible l’occlusion de la bouche. Le sang épanché formaitune volumineuse tumeur du plancher buceal.

La température montait à 390. Rien à l’auscultation, mais gêne respiratoire marquée.

Ce malade avait depuis longtemps présenté des hémorragies : épistaxis, ecchymoses, méléna, deux hématuries rebelles au traitement habituel, de nombreuses hémarthroses.

Un de ses frères était mort à 7 ans d’hémorragie à la suite de l’incision d’un hématome de la cuisse, consécutif à un coup de pied. Sa mère et sa grand’mère avaient également une tendance hémorragique.

Le Dr P.-E. Weil, appelé en consultation, fit une injection intraveineuse de 20 cmc. de sérum frais de cheval.

L'hématome s’accrut encore légèrement dans les heures qui suivirent, mais le lendemain matin l'hémorragie était arrêtée et la tuméfaction déjà moins tendue.

La résorption de l’épanchement et de l'æœdème se fit nor-

malement. Trois semaines plus tard, tout était rentré

dans l’ordre.

MA, al

OBSERVATION II

D... Georges, 21 ans.

Hémophile familial suivi par le D' P.-E. Weil depuis l’âge de 2 ans.

Antécédents héréditaires et familiaux :

fils (mort à 6 ans d’hémorragie)

fils (mort à 10 ans d’hémorragie)

fils (mort à 11 ans d’hémorragie)

fille (bien portante)

fille (bien portante): 1 fils mort à 12 ans d'hémormaternels ragie

fille (bien portante)

3 filles décédées

Grands-parents

bien portants

1 fils hémophile (D. Georges) ( 1 fille bien portante

fille (bien portante, | (mère du malade)

Antécédents personnels : À l’âge de 2 ans, une coupure de la lèvre supérieure saigne plusieurs jours.

Le 17 mars 1920 (6 ans) : un examen de la coagulation sanguine donne les résultats suivants :

Sang pris à 10 h. 20, écoulement très lent.

La sédimentation est presque immédiate, mais se fait incomplètement. Coagulation totale à 12 h. 10.

Le lendemain, petit caillot blanc, plasmatique, un peu mou, mal rétracté; l’exsudation du sérum n’est que latérale.

Léger émiettement du caillot rouge profond.

Depuis cette époque le malade reçoit assez régulièrement, tous les 2 mois, une injection sous-cutanée de 20 cmc. de sérum antidiphtérique.

En mars 1922, hématome du mollet droit.

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