‹ Quelques Observations d'Interventions chirurgicales chez les HémophilesChapitre 35 sur 42 · NT ONE · texte numérisé non relu

NT ONE

* Le 7 avril 1922, une chute sur un morceau de verre détermine une petite plaie qui saigne abondamment pendant deux jours, nécessitant des applications locales et une injection sous-cutanée de 20 cmc. de sérum antidiphtérique.

Le 28 juin 1922, hémarthrose du genou droit et de la cheville droite.

De juin à août 1922, hémarthroses fréquentes, atteignant successivement le genou droit, le genou gauche, les tibiotarsiennes droite et gauche, le coude droit.

Le 11 octobre 1922, hémarthroses traumatiques du coude droit et de la tibio-tarsienne gauche.

Le 7 décembre 1922, hémarthrose du genou droit anormalement prolongée, évolution en 3 semaines ; les hémarthroses chez ce sujet disparaissent habituellement en une huitaine de jours.

En mai 1923, hémarthrose légère du genou droit.

Le 13 juin 1923, hémarthrose traumatique de la tibiotarsienne droite.

Le 11 avril 1924, hématome traumatique de la joue droite.

D'’août 1925 à janvier 1926, hémarthroses successives du genou droit, de la tibio-tarsienne droite, de la hanche gauche.

Hématome traumatique du mollet droit.

Le 17 février 1926, hématome spontané du psoas gauche. Le lendemain hématurie.

De septembre 1926 à août 1928, hémarthroses successives du genou droit, de la tibio-tarsienne droite, du coude droit.

Hématome traumatique de la face antérieure de l'épaule gauche. Hémarthrose du coude droit.

En août 1928, hématurie avec caillots qui dure cinq

VTAE jours et s'accompagne de douleurs dans la région lombaire droite.

D'octobre 1998 à juillet 1929, plusieurs hémarthroses des coudes et de la tibio-tarsienne droite.

Le 25 juillet 1929, hématome spontané du psoas droit,

avec troubles parétiques qui persistent une huitaine de jours.

Le 15 septembre 1929, récidive de cet hématome avec quelques douleurs névralgiques.

En novembre 1929, hémarthrose du coude droit.

Hématome spontané dans la gaine du couturier gauche.

Durant l’année 1930, les accidents hémorragiques laissent un peu de répit au malade.

Un certain degré d’anémie étant constaté, on le traite par l’ingestion quotidienne de 200 gr. de foie de veau

frais, en plus des injections sous-cutanées de sérum antidiphtérique.

Examen du sang (1% mars 1930) :

HS aa T. C. : début en 4 h., fin en 5h.

Coagulation plasmatique. Rétraction faible.

Signe du lacet : négatif.

En mars 1931, hématurie durant trois jours.

En mai 1931, nouvelle hématurie qui amène le malade dans le Service, le 2 juin, pour transfusion.

Le lendemain, hémarthrose spontanée de la tibio-tarsienne gauche.

De février à juin 1932, plusieurs hémarthroses et une petite hématurie.

En septembre 1932, volumineux hématome Spontané du

Ad EE psoas droit. Le lendemain, hématurie avec caillots qui dure une douzaine de jours.

Cet hématome met un mois à se résorber et laisse une paralysie du nerf crural et des muscles ‘de son territoire, avec réaction de dégénérescence.

En mars 1935, nouvel hématome spontané du psoas

gauche sans troubles nerveux.

Examen du sang du 23 mars 1935 :

GRAN UE ER T. C. : début en 3/4 d'heure, fin en 1 heure. Coagulation plasmatique.

Coagulation du cruor :

1% tube en 2 h.

2° tube en 2 h. 30.

Bonne rétraction du caïillot blanc.

Léger émiettement.

Signe du lacet : négatif.

Evolution : le 23 avril 1935, à 3 h. de l’après-midi, le malade est amené dans le Service du D' P.-E. Weil pour un hématome du plancher buccal, apparu spontanément dans la matinée, et qui s’est accru rapidement. On lui fait d'urgence une transfusion de 150 cmc., et, à minuit, une seconde de 200 cmc.

Nous avons vu le malade le lendemain 24 avril.

Il présente alors une tuméfaction de la jrégion sousmaxillaire, volumineuse, atteignant en bas le icartilage thyroïde, effaçant les angles du maxillaire, et gagnant en arrière les sterno-cléido-mastoiïdiens.

Cette tuméfaction est très dure, tendue, mais peu dou-

loureuse et peu sensible.

a EE -

Le malade ne peut fermer la bouche, et il peut très difficilement abaisser son maxillaire inférieur.

La phonation est entravée, la déglutition très pénible, mais la gêne respiratoire est peu marquée.

La langue est refoulée en haut et en arrière, plaquée sur la voûte palatine par l’'épanchement sanguin qui apparaît sous la muqueuse du plancher en arrière de l’arcade dentaire.

L'état général n’est pas touché. Pas de fièvre.

Le 25 avril, une troisième transfusion de 150 cmc. arrête définitivement l’hémorragie.

Dès le lendemain l’hématome est moins tendu, moins dur, et commence à se résorber.

La langue devient plus mobile et le malade peut déglutir les liquides sans difficulté pour reprendre bientôt une alimentation normale.

Il quitte le Service le 4 mai, soit une huitaine de jours plus tard, en excellent état.

OBSERVATION Ill.

Cette observation, que nous rapportons au chapitre suivant, est celle d’un hémophilo-hémogénique de 19 ans, qui a présenté, spontanément, au cours d’une grippe, un énorme hématome du plancher buccal.

Le D" P.-E. Weil a pu obtenir l'arrêt de l’hémorragie par une transfusion de 225 cmc. qui amena en 48 h. la

disparition de tous les symptômes inquiétants.

Hématome de l'orbite.

Les hématomes rétro-orbitaires sont certainement l’une des plus graves complications de l’hémophilie.

Dans trois cas, observés par le D' P.-E. Weil, il s'agissait de jeunes hémophiles de 6 à 12 ans, qui, en jouant avec des camarades, reçurent des chocs plus ou moins violents sur l'œil.

Il se fit alors une hémorragie orbitaire et palpébrale énorme et un hématome rétro-orbitaire déterminant une exophtalmie considérable.

Bientôt la vision était abolie ; la cornée non protégée s’enflammait, et, bien que dans aucun de ces trois cas il n’y eut de fonte purulente de l’œil, la cécité fut définitive et totale.

Nous rapportons ici l’observation d’un quatrième cas, traité par le D' P.-E. Weil, n’ayant pas entraîné la perte de l’œil et de la vision, grâce à une trans-

fusion de 225 cmc. de sang qui arrêta l’hémorragie.

H... Jean, 19 ans.

Antécédents personnels : Début des accidents dans la pre-

mière enfance par des ecchymoses.

LE Le

À 7 ans, hémorragie abondante à la suite d'une coupure.

A 8 ans, hémorragie intestinale et premières hémarthroses.

En 1923, après un traumatisme, hémarthrose du genou droit ayant duré deux mois.

En 1924, nouvelle hémarthrose spontanée du genou droit ayant nécessité une immobilisation de six mois. Cette immobilisation a entrainé une ankylose des deux genoux.

En juillet 1925, arthrite du genou droit, résolution rapide.

En novembre 1925, des hématuries répétées conduisent à faire un examen rénal qui est négatif.

En février 1926, arthrite de la tibio-tarsienne gauche, immobilisation de trois semaines.

En juin 1926, à la suite d’un faux pas, nouvelle hémarthrose du genou droit.

Antécédents héréditaires et familiaux : Rien à signaler.

En1925*

PSS 18%

Coagulation du sang veineux s'opère rapidement après sédimentation des hématies en 11 heures, avec rétraction du caillot et sérum normal.

On ne trouve rien d’anormal à l’examen des viscères.

Histoire des accidents : En décembre 1926, le malade présente des phénomènes grippaux : coryza, fièvre, courbature.

Trois jours après le début de cette grippe, il souffre de son genou droit qui se tuméfie fortement et qu’il ne peut mobiliser. Les phénomènes généraux ainsi que l’hémarthrose rétrocèdent peu à peu.

Cependant, le 18 décembre, à son réveil, le malade remarque, au-dessus de l’arcade sourcilière gauche, une tuméfaction grosse comme une noisette qui s’est produite spontanément. Cette tuméfaction s'étend lentement, et le lendemain elle envahit la paupière gauche et la partie supérieure de la joue. Un gonflement paraît également du côté droit, et l’œil commence à proéminer.

Le 20 décembre, les choses se précipitent: au réveil, l'œil gauche est exorbité, énorme, les deux paupières sont tuméfiées, ecchymotiques. L’œil droit est aussi plus saillant que normalement, avec une ecchymose sous-conjonctivale. La vision de l’œil gauche est très diminuée, celle de l’œil droit est encore normale.

En même temps se produit un second accident hémophilique ; il s’agit d'un hématome du plancher buccal qui empêche le malade de fermer la bouche, et gêne la phonation et la déglutition.

Le malade est transporté d'urgence dans le service du Dr P.-E. Weil.

L'aspect du malade est effrayant. L’œil gauche est exorbité. La conjonctive, décollée par le sang autour de la cornée transparente, détermine un aspect très particulier d'’ombilication. Les paupières sont tuméfiées, noirâtres, et l’hémorragie s'étend dans les téguments sus et sousorbitaires. Elles ne peuvent être mobilisées et ne recouvrent plus le globe oculaire.

La protrusion de l'œil est considérable, et permet d’affirmer un épanchement rétro-orbitaire abondant.

La vision est faible, le malade percevant seulement la lumière.

Du côté de l’œil droit, tuméfaction des paupières qui ne

peuvent se mobiliser spontanément. Ecchymose sous-con-

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