MAT
En juillet 1930, guérison complète. Le genou a.un jeu normal. Le malade quitte le service le 7 août, et, depuis cette date, il tient ses genoux soigneusement bandés, pour éviter une entorse éventuelle qui renouvellerait l’hémarthrose. Il a été revu le 26 janvier 1931 : genou gauche : aucun gonflement, bonne extension, flexion de 900.
Il a encore été revu le 13 juin 1932. Le genou gauche présente alors une tuméfaction du condyle interne et de toute la partie interne de l'articulation. Pas d’épanche-
ment, la flexion, un peu limitée, atteint 90°.
Arthropathie ankylosante hémophilique.
Kænig a décrit l’ankylose comme stade terminal de l’arthropathie hémophilique.
Aujourd’hui on ne doit plus abandonner ces malheureux malades aux membres ankylosés en position vicieuse. Le traitement médico-chirurgical a changé la situation.
Nous prendrons comme exemple la plus fréquente des arthropathies, celle du genou, dont la fonction est si importante. L’articulation gonflée et douloureuse s’est ankylosée en demi-flexion, La jambe plus ou moins fléchie sur la cuisse ne permet qu’une marche pénible et fatigante sur la pointe du pied. Les muscles du membre inférieur sont atrophiés.
La radiographie ne montre pas d’ankylose véritable mais une décalcification importante des épiphyses, avec production d’ostéophytes, en même temps qu’un processus de raréfaction osseuse.
L'intervention chirurgicale est absolument indispensable. Il faut, sous anesthésie générale, redresser, avec la plus grande douceur, l’articulation fléchie.
On commence par accentuer doucement la flexion,
ce qui permet de rompre quelques adhérences, puis
Da 0 CE
on continue par une extension vigoureuse mais non brutale.
On ne peut pas toujours obtenir la rectitude à la première tentative. Il faudra se contenter de ce qui est gagné, et remettre à plus tard le redressement complet de l'articulation.
On place alors le membre dans une gouttière plâtrée qu'on laisse deux mois environ.
On pratique une transfusion une heure avant l’opération, pour éviter autant que possible l’hémorragie articulaire. Malgré tout, il se produit souvent une hémorragie post-opératoire qui oblige à refaire le plâtre le lendemain.
L'amélioration fonctionnelle et organique se fait peu à peu avec la reprise de la marche.
Nous avons été surpris de voir des malades, dont les mouvements avant l'opération étaient nuls, retrouver peu à peu le jeu normal de leur articulation.
En quelques mois, la flexion du genou est passée: de 180° à 90° et plus.
Les radiographies montrent que les surfaces articulaires se recalcifient, et, si le traitement sérique est suivi régulièrement, l'articulation, qui n’est plus le siège de nouvelles hémorragies, retrouve sa fonction, et les muscles reprennent à leur tour un volume:
normal.
Mg
OBSERVATION Î