tome intramusculaire du triceps sural, deux ans aupara
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vant, lequel avait transformé le muscle en une bride fibreuse.
La marche se faisait sur les orteils.
Après correction de l’état hémophilique par un traitement sérique prolongé, le D' P.-E. Weil se décida à la section du tendon d'Achille, qui fut faite dans un service d'orthopédie.
Après transfusion préalable, on pratiqua une ténotomie sous-Cutanée, sans hémorragie, mais dans les jours suivants des hémorragies se produisirent. Les parents affolés retirèrent l'enfant de l'hôpital, et le petit malade mou-
rut faute de transfusion.
OBSERVATION Il.
P... Henri, 13 ans.
Grand hémophile sporadique dont nous avons déjà
parlé à propos de la chirurgie dentaire.
Le 25 octobre 1930, le malade entre à nouveau dans le service du Dr P.-E. Weil pour ténotomie du tendon d'Achille.
Le pied droit est en valgus équin, le poids du corps portant uniquement sur la tête du premier métatarsien, laissant persister dans l'extension forcée un angle d’au moins 1400.
Le triceps est atrophié et la palpation de la loge postérieure de la jambe ne révèle qu’une bande fibreuse extrémement dure.
L'extension du genou est limitée à 170°.
Cette infirmité remonte à l’âge de 7 ans,
A la suite d’un traumatisme (coup de pied) sur le mollet
droit, gros hématome du triceps ayant nécessité une
immobilisation prolongée qui a déterminé cette myosite fibreuse rétractile.
Plusieurs radiographies du pied ont montré l'absence de lésions articulaires. Décalcification légère. Disposition
spéciale du tissu osseux dense en stries transversales.
Examen du sang du 25 octobre :
HS 00 T. C. : coagulation plasmatique en 14h. 20. G. R. : 4.340.000 G. B. : 10.400 H. : 70 V. G.: 0,8
Après transfusion de 400 èmc. et anesthésie au chlorure d’éthyle, l'intervention est pratiquée par le D' Massart : 1° Incision le long du bord externe du tendon d'Achille droit.
2 Avec le ténotome, section partielle du tendon qui donne 3 à 4 cm. de jeu au pied.
La rupture du tendon est complétée par pression sur le pied.
Le pied qui faisait un angle de 140° sur la jambe est redressé avec douceur puis plâtré.
Après l’opération l'extension du genou reste toujours limitée à 170.
Suites opératoires excellentes : aucune complication hémorragique.
Le malade quitte le service le 8 novembre 1930. Le plâtre fut laissé deux mois en place, puis la marche permise avec lappareil.
Le malade a été revu le 25 février 1931.
Debout, le pied est à angle droit sur la jambe, mais tendance au valgus et pied plat.
Le mollet semble avoir repris un peu de volume.
L'articulation tibio-tarsienne et le genou ont recouvré un jeu normal.
Le tendon d’Achille est un peu plus souple.
Le 29 mai 1931, l'amélioration est nette.
Le malade marche normalement, les muscles de la jambe se sont refaits de façon appréciable.
Il a cessé d’être un infirme.
R. Depardieu 7
Conclusions.
I. — Si graves que soient les interventions chirurgicales, les hémophiles ne sont plus aujourd’hui, grâce aux injections de sérum sanguin et à la transfusion, des malades qu’on ne peut toucher, toute intervention mettant leur vie en danger.
Au contraire, l’abstention est souvent plus grave que les risques opératoires, témoin ce malade atteint d’ulcère gastrique qui meurt d'hématémèses, alors
qu’un autre est sauvé par l’opération.
. IE — Les interventions chirurgicales chez les hémophiles sont encore lourdes de responsabilité ; : mais n’est-ce pas préférable d'intervenir que de laisser un hémophile mourir d’hémorragie ou d’infection ?
Le mieux est d'exposer aux parents la situation telle qu’elle est ,et de leur demander de décider l’in-
tervention et de partager notre responsabilité.
IIT. — Les risques opératoires sont minimes si le malade est préparé à l’opération par une transfusion corrective, et s’il est porteur de belles veines, qui
lui permettront de recevoir autant de transfusions
qu'il sera nécessaire en cas d’hémorragies secondaires.
; ‘ L'observation du jeune P... Henri, qui subit sept transfusions après l’avulsion de trois molaires, prouve
qu’on peut venir à bout des pires éventualités.
IV. — La thérapeutique préventive est supérieure à la thérapeutique chirurgicale.
19 Par exemple, il faudra conseiller aux hémophiles de se faire fréquemment examiner la bouche, quatre fois par an au moins, pour prévenir toute lésion dentaire sérieuse et les traiter afin d'éviter les extractions.
20 Connaissant la gravité d’une opération faite sans suturer les plans superficiels, il est préférable d’opérer une appendicite à froid préventivement que d'intervenir d'urgence pour une appendicite suppurée ou gangréneuse semblable à celle dont nous avons rapporté l’histoire.
30 Il faut donc appliquer à ces malades un traitement préventif pour éviter, autant que possible, les interventions chirurgicales, et n’avoir à pratiquer chez eux que des opérations bien réglées, sans drainage,
avec suture immédiate de la paroi.