‹ Quelques Observations d'Interventions chirurgicales chez les HémophilesChapitre 40 sur 42 · V... Pierre, 9 ans · texte numérisé non relu

V... Pierre, 9 ans

Hémophile sporadique déjà soigné par le Dr P.-E. Weil.

En août 1930, l'enfant tombe sur son genou droit. Aussitôt, gonflement très marqué, genou globuleux. Le petit malade garde le lit pendant trois mois, mais le genou reste gros, en demi-flexion. La marche est très pénible, se faisant seulement sur la pointe du pied.

On décide alors l'intervention.

Evolution : Le 9 janvier 1931, une heure après transfusion préalable de 100 cmc. et anesthésie au chlorure d’éthyle, le :D' Massart redresse doucement la jambe droite et maintient la correction par un plâtre. F

Le lendemain et le surlendemain de l'opération l’enfant est très bien et ne se plaint de rien.

Le troisième jour, dans la nuit du 10 au 11 janvier, il ressent brusquement une vive douleur dans son genou.

Le lendemain matin la température est à 3805.

Le pied est œdématié, la peau est chaude, sans rougeur.

On fait une fenêtre au plâtre sur la face antérieure du genou. Celui-ci apparaît alors très gros. La peau est chaude. Pas d’ecchymose.

Le 14 janvier, le pied est toujours œdématié.

Le genou est encore un peu augmenté de volume, chaud et douloureux.

On enlève le plâtre et on en refait un second avec volet sur la face antérieure de l'articulation.

Auger us

Le 15, on pratique une transfusion de 120 cmc.

L'état du genou s'améliore et le malade est autorisé à quitter le Service le 20 janvier.

Cependant le membre reste en position vicieuse, la jambe faisant avec la cuisse un angle de 1709 environ.

Il revient donc dans le Service le 9 avril 1931 pour qu'on redresse à nouveau son genou droit.

L'intervention est pratiquée une heure après une transfusion de 150 cmc. et anesthésie au chlorure d’éthyle.

Le membre est maintenu en rectitude par un plâtre.

Le lendemain, état général excellent, pas de fièvre, aucune douleur.

Dans la nuit du 3 au 4 maï le malade accuse des douleurs dans son articulation. Le lendemain matin, la température est à 379, la douleur a disparu, mais le genou est gros, saillant par l’orifice du plâtre, chaud.

Dans la nuit du 5 au 6, vive douleur dans le genou.

On fend le plâtre sur sa face antérieure.

Transfusion de 200 eme.

Le genou est très augmenté de volume.

Le 10, la température a un peu baissé.

Le genou a diminué de volume et n’est plus doulou-

reux.

Le 15, la température est normale. Le petit malade peut

soulever sa jambe.

Il est autorisé à quitter le Service le 28.

Il n’a pas été revu.

Myosite fibreuse post-hémorragique.

Il nous reste à étudier une complication de l’hémophilie, particulièrement grave au point de vue fonctionnel.

Il s’agit de la rétraction du triceps sural consécutive à une hémorragie intramusculaire.

A l’examen, on constate une atrophie de la jambe et de la cuisse par manque de fonction. Le genou est légèrement fléchi, mais le pied est en équinisme irréductible avec valgus léger, par rétraction du triceps sural.

La radiographie montre l'intégrité des articulations du pied. La marche est impossible parce que l’enfant ne progresse que sur la pointe du pied.

L'intervention chirurgicale est alors absolument indispensable.

OBSERVATION I

Ce premier cas observé par le D' P.-E. Weil fut malheureux.

I s'agissait d’un enfant de 7 ans, grand hémophile (coagulation du sang en 3 heures) qui avait fait, avec des accidents multiples et récidivants hémorragiques, un héma-

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